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05/05/2011

Twitter, sa faune, sa flore et le Round-Up

Trois questions posées on-line par un twittos, m’ont amenée à accoucher des quelques considérations suivantes concernant :  Twitter, sa faune et sa flore (et accessoirement un désherbant bien connu). Certes, il s’agit d’un billet d’humeur –de mauvaise humeur de surcroît-, mais qui n’exclut pas une interrogation plus fondamentale sur la nature  du réseau social et sur ma liberté. Je le dédie à tous ceux qui ont fait partie de mon équipée twitterienne ces derniers mois, ceux qui, pour des raisons évoquées plus bas, ont jeté l’éponge, ceux qui connaissent le Doute, ceux enfin qui conservent la Foi.

J’aime à le préciser, car je lui reste reconnaissante « par delà les étoiles », c’est @Sucre_Gandhi, lecteur de mon blog qui m’a amenée, voici un an et demi environ, sur le réseau Twitter. J’y ai été accueillie par des « connaissances virtuelles », des gens dont je suivais le flux rss, commentais quelquefois les billets ou qui illustraient les miens. J’ai étoffé ce « premier cercle » de façon excentrique : des politiques bien sûr –de gauche, de droite, en fait de toutes les couleurs- ; des journalistes, publicitaires, designers, photographes, professionnels, étudiants, des amis d’amis, pêchés le jour des « FollowFriday » ; enfin de parfaits inconnus rencontrés au hasard du web et dont la biographie, un twit ou le blog m’ont séduite. Il y a là du belge (francophone et flamand), du français, de l’européen, du québecois et même de l’australien. Je suis aujourd’hui près de 400 personnes. Un quota assez équilibré en rapport d’un peu plus de 900 followers, desquels il faut décompter bien sûr les comptes commerciaux, les curieux de passage ou encore @SarahPalin, qui me fait l’honneur de me suivre depuis que je l’ai associée au mot dinde, le jour de Thanksgiving. Le cœur très actif de ma TL (time-line, pour les non-initiés) compte une bonne centaine de twittos, et je lis avec le même intérêt @recriweb ou Liberal_origin. Pas @SarahPalin.

Il se peut que @SarahPalin soit vexée que je ne la suive pas. Mais voilà, j’ai regardé sa TL, et je ne me trouve aucun point d’intérêt avec elle. Je ne dis pas qu’elle ne présente aucun intérêt, je dis que ses intérêts ne rejoignent pas les miens, ni globalement ceux de qui je fréquente. Elle criera sans doute à l’élitisme, mais bon, c’est ainsi : ai-je encore le droit de choisir avec qui il me plaît de partager, ce qui me plaît, comme il me plaît ? Ou bien le réseau social implique-t-il la même promiscuité (intellectuelle) imposée qu’un métro parisien à l’heure de pointe ? Si c’est le cas, je crois que je préfère descendre à l’arrêt suivant, et musarder tranquillement en marchant sur les quais. En papotant avec des amis, ou bien les hirondelles. Je leur trouve plus de charme qu’au glougloutement de la dinde, au croassement des corbeaux ou au caquetage des perruches.

Ce long exergue pour donner une amorce de réponse à la première  question de @XtopheMincke : sur Twitter « Faut-il ne garder que les gens avec lesquels vous êtes d’accord, et rester entre soi » ?

Ma TL relativement étendue et paradoxale répond sans équivoque: non. Mais ce reste l’intérêt qui conditionne et les échanges. Pour ce motif, je suppose, vous n’êtes pas abonné à @hckGGREN, qui tweete des titres d’ouvrages philosophiques médiévaux et renaissants en latin. Moi bien. Mais je ne suis pas @ProSnookerBlog, qui vous passionne peut-être. Logique, non ?

Par contre, à la deuxième question : « Twitter est-il la table d’un repas entre potes ou un lieu de débats et de combats politiques? », ma réponse sera plus mitigée.

En effet, ce qui m’a séduite dans Twitter, c’est la possibilité d’échanger : des liens, de l’humour, des idées. Entre deux fous rires et nombre d’infos, j’y ai connu quelques véritables débats, argumentés, vifs et néanmoins respectueux. Je saluerai ainsi en passant @KarineLalieux , escrimeuse politique de talent, pour sa cohérence et sa pondération. On peut n’être pas souvent du même avis, et œuvrer ensemble à l’avancée d’un débat.

Malheureusement, et je ne suis pas seule à le constater, cet esprit de débat tend à être transformé par certains, précisément, en « combat ». L’évolution est sensible depuis ces derniers mois, certains « trollémistes »(2) choisissant de s’en prendre systématiquement à des twittos bien ciblés, tronquant les tweets, les manipulant, ou considérant comme vérité avérée de simples présupposés à la pensée du locuteur. Cela a pu passer pour jeu. Ensuite, pour biais de pensée. Que la pratique devienne systématique témoigne finalement d’une malhonnêteté intellectuelle consommée. Certains, fatigués de répondre à tant de mauvaise foi, et n’ayant pas le « tweetclash » comme activité principale, ont choisi une retraite prudente, se cantonnant aux échanges en DM ; d’autres sont passés à des comptes privés ; d’autres enfin ont fermé leur compte ou évoquent un prochain « twicide ».

Plusieurs haussent les épaules et laissent s’écouler cette logorrhée,  encourant stoïquement le reproche de «  discréditation (…) par une censure auto-organisée (…) à l’égard de twittos récalcitrants (…) », et assumant sans état d’âme leur rôle de « petits caporaux en chambre (…) vedettes-censeurs (…)  observateurs et analystes médiocres de l’actualité, intellectuels 2.0 fort médiocres (…) issus de cette élite de masse (sic) fatiguée d’être elle-même et qui a trouvé dans Twitter l’opportunité de vivre une gloriole intello-médiatique qui ne surclasse même pas la télé-réalité. » On ne rit pas svp. On explique compassionnellement au twittos unfollowé quelques principes de bienséance, ou d’amabilité valables dans le monde réel comme virtuel.(1)

Une Time Line est une table ouverte, mais l’hôte s’attend à ce que ceux qui y sont conviés y conservent un minimum de savoir-vivre, de respect et d’éducation. Faut-il en passant rappeler l’étymologie de ce joli mot : e-duqué, c’est, littéralement, « être conduit hors de soi » -être capable d’abandonner, le temps d’une discussion, l’autisme idéologique, les catégorisations réductrices, la polémique stérile. Les insultes aussi, faut-il le préciser ? Oui, hélas, l’expérience et le texte ci-dessus montrent qu’il le faut.

Certains, manifestement, n’ont guère de pratique de la dialectique, et gesticulent à table en donnant de la voix et en pointant leur couteau. D’autres sont bien à même d’en comprendre les ressorts, mais choisissent de se positionner en phalangistes plutôt qu’en interlocuteurs, en idéologues Don Quichottant, pourfendeurs –à la fourchette- de fantasmatiques moulins. C’est leur liberté, comme il est du ressort de la mienne de ne pas ou plus embarquer dans ce « jeu » que je trouve déplaisant et qui plus est, totalement infructueux.

Je ne sais, vu les mets servis à ma table et les joyeux convives qui s’y fréquentent, que répondre à la dernière question: « A quoi mène l’isolement dans le réseau? » .

C’est une question qui me semble relever davantage, pour certains twittos qui se sentent « persécutés », de l’introspection. Pour ma part, je continue à à croître et à m’enrichir des échanges et opinions multiples, parfois –souvent- contradictoires qui fleurissent sur ma TL.  Elle a le charme d’un jardin anglais : un brin fantasque, un brin désordonné, mais plein de surprises. Qu’il se trouve des épines sur les rosiers par ailleurs florissants n’est en soi pas bien grave. Une écharde, une blessure, une goutte de sang font partie des risques pour qui jardine avec cœur, et sans gants. Mais que des ronciers stériles viennent étouffer certaines de mes plus jolies fleurs, et des plus appréciées, je trouve cela déplaisant.

À bon entendeur…

Ps: de fait, j’ai, en un an et demie de pratique twittérienne, défollowé moins de 5 personnes.

(1) À ce propos, l’éthique impose de citer ses sources. C’est une bonne ccasion de rendre le bien pour le mal et donc augmenter la fréquentation d’un blog qui compte 4 lecteurs abonnés. voir l’avant dernier billet de: http://martinfitcke.posterous.com/.

le dernier est consacré à une enquête au bénéfice du KGB, de la Stasi ou de la CIA, on ne sait pas au juste mais Le Grand Inquisiteur vous écoute. PRALEZ!

(2) l’expression « trollémiste » est empruntée à @Phineas_Barnum

19/11/2010

Twitteuse désinfluente

Les twittos étant, comme les blogueurs, réputés avoir un ego surdimensionné, ce matin, je devrais léviter: @Paminaaah figure sur la liste des comptes twitters influents soumis à un petit sondage par Le Soir.  Ciel! Alors que j’ai commis voici plus d’un an un billet sur l’Influence, pour dire à quel point c’était un concept creux.

Passé le délicat chatouillis du “ah ah mon nom est dans le journal”, même si ce n’est pas le jour où l’on décerne le Nobel de littérature, j’ai ri. Ri, comme le boxeur poids léger qui s’aperçoit qu’on l’a inscrit dans la catégorie poids lourds: M’enfin quoi... que fais-je aux côtés d’un @Le_Bux, (La Libre Belgique), @politiclub (Le Soir) @JohanneMontay (RTBF), @Samynwetstraat (Standaart), que fais-je aux côtés de @michelhenrion ou @CharlesBricman, dont le blog est au coeur, si pas le coeur de la blogosphère politique belge? Mystère.

Certes 90% des twittos cités sont acteur de ma TL (Time line, pour les non-initiés), et les non-professionnels de cette liste, en particulier –Chaos_Be, Caro_Bxl ou @marcelsel- en sont des animateurs-débatteurs quotidiens. Il en manque tant cependant, de mes indispensables, de mes incontournables. Trop engagés? Trop discrets? Leur absence me rend un brin mal à l’aise, comme si de ce fait, ma place était usurpée.

Sans cracher dans la soupe (ou plutôt, à cette heure, dans le cappuccino), je pense qu’il faudrait refaire ce sondage en précisant les critères, en distinguant journalistes et simples citoyens, faire place à ceux là dont l’influence ne se mesure pas au nombre de followers, au ranking sur twitter, à l’espace pris dans le débat public, mais à l’impact du tweet sur la pensée individuelle. Bien sûr, j’aimerais encore y figurer –sous un autre titre qu’”influente”, peut-être.

Car ce concept rappelons-le est issu du marketing; il tend à faire croire que certains (des “élus” au sens divin) détiennent un singulier pouvoir, celui d’”orienter” des masses et de conditionner leurs réactions. Principe porteur, et pour certains particulièrement rémunérateur: nous sommes de ce pas entrés dans l’univers du billet de blog ou du tweet sponsorisé, autrement dit, dans celui des opinions qui se monnayent et donc se vendent.

Blogueuse, twitteuse influente? Non franchement je n’ambitionne pas ce titre ni cette réputation, car ce n’est, dans l’esprit des inventeurs de ce concept,  qu’une royauté de carnaval sur un troupeau de décervelés. Ce que Twitter et ce blog m’offrent en revanche, c’est l’occasion d’échanger, de dialoguer, de polémiquer parfois avec des individus, des personnes. Je ne tente jamais de susciter des réponses-stimuli, servile adhésion à une parole de vérité, mais au contraire je cherche à souligner la complexité des opinions et le nécessaire travail de l’intelligence qu’il faut consentir pour qu’elles sortent de leur statut initial de “préjugé”. J’aime le débat, j’aime la discussion, j’aime cette dialectique qui fait que chaque jour, à travers vous, je me construis.

Au fond, et ce n’est pas une pirouette, il y a bien un titre auquel j’aspire, et que j’aimerais revendiquer: c’est celui de blogueuse désinfluente. Bien sûr, c’est nier, dans son essence même, la notion de “pouvoir”: mais c’est réapprendre, pour soi et pour autrui la liberté de penser, la fierté d’être soi, et l’audace de vivre selon ses convictions.

Penser sa vie, vivre sa pensée, - une bien jolie devise et qui pour moi rime en définitive avec “bonheur”.

Merci en tous les cas à ceux dont l’intérêt a contribué à me “hisser” dans ce classement impromptu, et qui passent par ici, par hasard ou par conviction.

 

PS: les commentaires se trouvent sur la nouvelle plate-forme:

http://www.leblogdubiencommun.be/

31/05/2010

Twitter, l'urticaire de la politique

Le Soir ayant réservé à mon ego (présumé surdimensionné) l’honneur d’accoler mon pseudo à celui de Didier Reynders, je voudrais modestement rendre à Cesar ce qui est à Cesar: en l’occurrence, rappeler que mon tweet (im?)pertinent ponctue une discussion menée par d’autres twitters, interpellant Charles Michel et Didier Reynders sur le sujet des débats télévisés.

La suite sur la nouvelle plateforme du Bien commun: Leblogdubiencommun.be

 

22/05/2010

Robin-des-bois, leur bourse et nos vies

Au coeur de mes pires accès de pessimisme, je tente de préserver quelques braises, étincelles et flammèches: promesse ténue, mais promesse quand même qu’une flamme pourrait s’élever; elle repousserait les ténèbres et nous rassemblerait, pour entonner tous en choeur des chants repris à la guitare. Ou au luth. Comme dans Robin des Bois, tiens. 

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18/05/2010

Outil politique vs outil électoral

Un petit mot en passant. Sur Twitter et la politique belge. Comment ça, c’est éculé, on en a parlé dans La Libre, sur RTL et dans Le Soir ? Justement. On a envisagé l’outil, cité quelques noms, cliché quelques écrans. Et puis? Au-delà de l’anecdote, où est l’analyse? Certes, ce survol à haute altitude suffit pour comprendre que nos politiques usent de Twitter avec circonspection, opportunisme et, pour la plupart, une maîtrise et un talent   relatif. Je pense que cette réticence est symptomatique, et que ce symptôme manifeste en fait un syndrome. L’identifier permettrait de traiter la maladie: et il se trouve que Twitter pourrait bien faire partie de la médication.

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