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12/01/2011

Le gazouillis d'un Oiseau en Colère (AngryBirds)

Hier, la RTBF faisait état d’une fronde grandissante contre l’actuelle stagnation politique, notamment de la part de citoyens présents et actifs sur les réseaux sociaux. J’y suis, j’en suis. Je relaie. Des liens. Des initiatives. Le camping virtuel rue de la Loi, le mouvement  SHAME,M.i.s.s.belgium.BE, des billets de blog (ici et ici). Et comme d’autres twittos, j’ai pris la décision de passer du virtuel au réel, et d’aller user mes semelles le 23 janvier, moi qui n’ai d’autre expérience des manifs que celles des Étudiants et de la Marche Blanche… Pourquoi? Pour des raisons similaires à celles qui m’avaient fait marcher alors.

La cause en vaut la peine et je ne veux pas me résigner.

J’irai donc marcher avec la conviction que ce qui nous tue, ce n’est pas la politique, c’est l’a-politique: à entendre par là l’absence de conscience et d’implication citoyenne. Nous ne sommes pas gouvernés (quand nous le sommes!) par des hommes et femmes politiques, mais par des particrates.  Alors, je le redis, je le proclame: c’est CONTRE ce blocage institutionnel qui est le fait de particrates que j’irai marcher. Et POUR la Politique, cet art, cette science qui organise le vivre-ensemble en tendant au Bien commun.

Je ne serai pas en blanc; je ne porterai pas de masque. Je ne “suis” pas le mouvement, je “marche avec”: je partage et le ras-le-bol, et la volonté d’un “autre chose, autrement”. Je participerai donc avec ce qu’il me reste d’énergie et d’enthousiasme (pour dire vrai celle d’une Amazone qui connaîtrait l’histoire de Sisyphe). Si j’avais à défiler derrière une pancarte, ce serait sans doute celle proposée par un ami enthousiaste : AGORA –ce terme qui évoque le centre de la vie politique athénienne, et qui pourrait servir d’acronyme à l’Association des Gens Outrés par le Ratage Actuel. Mais pour les amis twittos qui me chercheront dans la (j’espère) foule,  je serai vêtue de noir et porterai un oiseau bleu. Parce que c’est le titre d’une féerie initiatique écrite par un auteur Belge (Maeterlinck). Parce qu’il nous faut des ailes pour nous élever au-dessus de la politicaille. Parce nos débats ont pris naissance sur twitter. Et parce que je suis d’une humeur de Angry bird.

Oui, c’est aussi la colère qui me fait marcher.

 

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PS: les commentaires sont ouverts sur la nouvelle plate-forme http://www.leblogdubiencommun.be/

10/01/2011

Le projet est le brouillon de l'Avenir

Indifférence. Résignation. Frustration. Dégoût. Colère. -Révolte? Tous ces sentiments coexistent au sein d’une population belge qui s’est, depuis des décennies, désintéressée de la politique, la laissant aux mains d’une caste politicienne de moins en moins soucieuse du Bien commun et de plus en plus de son (ses) bien(s) propre(s). Le système électoral dont nous avons tant et tant de fois dénoncé la perversion progressive a contribué en effet à cautionner un régime particratique centrifuge: pléthorique, coûteux, inefficient, il concourt par sa lourdeur et sa complexité à l’irréversible paralysie de l’État. Nourrie de clientélisme, la particratie ne peut en effet avoir d’autres projets qu’électoralistes: c’est dire à court terme (de plus en plus court, vu la fréquence des scrutins), et à rentabilité immédiate. Arrimée au pouvoir –à tous les niveaux de pouvoir- elle ne peut et ne veut décevoir. Donc elle ne peut agir.

La crise actuelle est celle non du communautarisme, mais de la particratie: et c’est elle, bien plus que le communautarisme, qui rend aujourd’hui impossible tout accord. Demain aussi. Et pour toujours je crois. Le modèle de la consociational democracy belge est mort.Consociationalisme? Comment voulez-vous d’ailleurs qu’un système perdure, avec un nom pareil?

Aussi appelé consociativisme, le consociationalisme est la forme que prennent les systèmes politiques démocratiques dans les sociétés profondément divisées lorsqu’un partage dupouvoir parvient à s’opérer entre leurs élites hors de toute logique majoritaire et en dépit des clivages religieux, linguistiques ou ethniques qui peuvent exister par ailleurs entre les groupessocioculturels dont ces élites assurent la représentation au gouvernement. Rendue possible par des tractations de haut niveau visant une forme de consensus, l’existence de mécanismes consociationnels n’est envisagée par la science politique que dans une dizaine de pays du monde (…) dont la Belgique et la Suisse.

Si le sujet vous intéresse et que vous poussez la curiosité un peu plus loin qu’une définition deWikipedia, je vous invite à lire le développement qu’en proposait voici quelques mois Charles Bricman, sur son blog. Je ne connais pas les termes de l’analyse plus développée, promise dans les pages de son prochain ouvrage (à paraître dès le mois prochain chez Flammarion), mais voici la mienne.

Le consociationalisme comme système politique ne peut fonctionner qu’en se projetant « vers l’avant », c’est-à-dire dans un processus de construction d’un pays, d’une société, d’un avenir qui soit désirable : c’est dans l’ambition d’un plus et d’un mieux que les forces éparses peuvent consentir à différer un plaisir ou un besoin immédiat, renoncer aux exigences d’un égoïsme primaire autant qu’aveugle. Seul un projet commun peut sortir le citoyen de son apathie, de sa frilosité, de ses peurs et de son individualisme. Faute de cela, le consociationalisme mène à une lutte de charognards déplumés, s’arrachant à coup de becs les lambeaux de chair vive d’un cadavre encore tressaillant. C’est le spectacle lamentable –et vaguement répugnant- auquel nous assistons aujourd’hui.

Les politiques et les médias ont, à l’occasion de la présente crise, galvaudé le terme de « révolution copernicienne ». C’est un mensonge : rien, jusqu’à cette heure, n’en annonce ne fut-ce que l’ébauche, car la théorie de Copernic a dans les faits changé non l’angle de vue, mais carrément la perspective. Or je ne vois encore, je ne vois toujours que des discussions autour  d’un mur de chicons (à moins qu’il ne s’agisse de witloofs), des chamailleries sur les stocks d’engrais disponibles et la meilleure méthode pour les planter. Discussions médiocres jusqu’au pathétique et qui révèlent et un manque d’ambition et un manque d’envergure. On reste encore, on reste toujours dans la même culture.

Nos débats sur l’avenir qui est nôtre requièrent de la hauteur, de l’audace et une espérance volontariste et constructive. Celle d’élaborer de nouveaux modes de vivre ensemble, autrement. Or cela passe par une refonte bien plus hardie que celle qui nous est actuellement proposée de l’Etat-Belgique. Qu’attendent les francophones pour proposer un modèle résolument neuf –quatre régions, et l’absorption progressive par celles-ci des couches du mille-feuille institutionnel ? Si Bruxelles est, comme titre aujourd’hui la RTBF « une pomme de discorde », c’est qu’elle présente en chacun de ses quartiers une multitude de pépins.

Il serait bon, pour une fois, que nos représentants politiques fassent preuve d’un peu de prévoyance, d’un peu de clairvoyance. Gouverner c’est prévoir. Non pas les élections communales, les provinciales, les fédérales ou européennes ; l’Avenir.

Or comme l’écrivait joliment Jules Renard

Le projet est le brouillon de l’avenir.

Construisons donc un projet, en rêvant une ville, une citadelle neuve, et non en colmatant les remparts qui protègent un ordre ancien et décrépi -celui qui cautionne, en fait, la permanence de la particratie.

NB: ce billet écrit hier rejoint dans l’esprit celui publié en carte blanche dans le Soir. Je ne connais pas ses auteurs, mais  j’entends sourdre de plus en plus de la part de citoyens conscientisés une exigence de Politique. Avec une majuscule, pour la distinguer des jeux politiciens. Il est temps que nos « représentants » l’entendent.

Le Bien commun sur la nouvelle plateforme: http://www.leblogdubiencommun.be/

09/01/2011

Mes voeux. vendanges tardives et vin de glace

 

C’est clair, je suis impardonnable… je vous présente mes voeux avec bien du retard. Des tas de raisons, et nombre d’alibis à mon silence coupable. Le vrai de vrai c’est sans doute une petite crise d’anhédonie, ce joli mot qui désigne tristement la perte du plaisir. Rien à voir avec la frigidité, -esprits mal tournés passez votre chemin. Mais c’est que les meilleures choses finissent par lasser: les pires aussi. Exemple, l’interminable crise belge, son médiocre jeu médiatico-politique, et l’horizon plombé vers lequel nous semblons marcher, de surcroît à reculons. Ma plume d’oie se mue en plume de corbeau, et finira si je n’y prends garde à se tremper dans la bile noire plutôt que l’encre turquoise –cette encre qui servait déjà à décrire mon journal d’ado, et dont la couleur définit peut-être pour moi encore celle de l’Idéal.

Quoi qu’il en soit, le miel des mots est aussi remède à l’amertume. Après les voeux plus ou moins sincères qu’ont déversés dans vos oreilles tous ceux qui m’ont précédée, que les miens empruntent des voies inexplorées. Celle du goût par exemple, de la langue et des papilles: qu’elles éveillent la mémoire, celle du plaisir et du bonheur, qu’elles titillent votre vouloir –celui d’expérimenter, en politique comme dans la vie, d’autres recettes.

 

Que ces quelques mots en forme de vendanges tardives vous conservent – comme à moi — l’ambition d’un Bien commun, à construire ensemble. Au fait, c’est plutôt saison à servir un vin de glace… Vous le prendrez frappé?

 

 

25/12/2010

L'Amour et la table

On a beau se donner mauvaise conscience en critiquant le consumérisme des fêtes de fin d’année, n’empêche, parmi les plaisirs de Noël, je compte sans honte aucune ni faux-semblant, des Agapes somptueuses: des zakouski à la bûche, en passant par les entrées, les potages, le plat, ses accompagnements, les fromages. Et le vin bien sûr. Avec ou sans bulles, blanc ou rouge, rond, corsé, sucré, chambré ou frais.

Pour ne rien omettre du cliché, je dresse une table digne de Byzance devant le  beau sapin roi des forêts, décoré avec les (grands) enfants, en écoutant le traditionnel et un peu naze “Noël des chatons”;  ou mieux encore le disque de Noël offert par Douwe-Egbert, dans le temps lointain  du percolateur, avant l’ère Magimix-Expresso, donc. Ça remonte donc à… euh… au siècle dernier. L’iPod n’existait pas, c’est vous dire. iTunes non plus. Mais tout le reste, si si si. C’est même ça qu’on appelle “tradition”.

Revenons à la table et au festin du réveillon. J’aime manger...

La suite sur la nouvelle plateforme: http://www.leblogdubiencommun.be/

24/12/2010

Si c'était vrai

Dites, si c’était vrai… La paix tombant lentement sur nos querelles comme la neige sur les nids de poule des routes wallonnes. Un silence serein remplaçant la volubilité creuse éditos. Des flocons sur nos écrans TV. Un peu de blancheur, un peu de douceur, un peu de beauté sur ce monde gris et rude. Bart et Elio penchés comme le boeuf et l’âne sur la mangeoire où un fils de mère célibataire, de surcroît sans-abri, vagit… Van de Lanotte appuyé sur son bâton, surveillant la scène comme un Joseph perplexe quant au passé et à l’avenir. Melchior apportant vraiment de l’or et renonçant à l’encens des creuses paroles… Le troupeau de moutons batifolant en dehors des enclos où on les tond… Dites, dites, si c’était vrai…

Esprit de Noël oblige, je suspends mon amertume à une branche, ferme les yeux très fort, et prie… Puisse-t-elle, en ce jour de Noël, miraculeusement se transformer en ce “soleil invaincu” que fêtaient les païens, en lumière et en espérance. Malgré tout…

Et parce que sans honte et sans fard, Noël reste pour moi une fête traditionnelle, religieuse, dans tout ce que ce mot conserve à la fois de grandeur et d’intériorité, j’emprunte la voix de Brel pour dire des mots que j’aimerais avoir inventés:

x3r56a_jacques-brel-dites-si-c-etait-vrai_music

Joyeux Noël à tous!

A bientôt sur http://www.leblogdubiencommun.be/