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20/03/2011

Il fait beau. C’est le printemps et la guerre.

Il fait beau. C’est le printemps et la guerre.

J’ai marché nu-pieds dans la rosée pas encore radioactive, touché un bourgeon, écarté la lancéole d’une tulipe prête à se faire crucifier par un rosier expansif. Le silence est aussi profond que celui de Wouters Beke planchant sur un hypothétique accord préalable à un gouvernement belge. Je me dis que la vie n’est pas si mal, après tout.
C’est vrai quoi. Vous et moi pourrions habiter Benghazi ; ou Sendaï ; on parlerait de nous dans les feuilles de chou du journal, dans les blogs, sur Twitter. On mourrait, là, sous les yeux du monde. Glorieux. Stoïques. Et peut-être interviewés.

Pire encore, vous et moi pourrions habiter la Côte d’Ivoire, le Bahreïn, la Syrie. On mourrait pareil, sous de vraies balles aussi, mais en deuxième ou en troisième page. Cités en entrefilet, ou en dépêches. Morts anonymes et non médiatisés. Quelle tristesse…

Comble de l’horreur enfin, nous pourrions être vivants, prisonniers, otages depuis si longtemps que même nos compatriotes oublieraient à la fin, dans quel pays, dans quel conflit, pour ou contre quelle connerie idéologique nous sommes entrés peu à peu dans cette zone grise comme un sépulcre.

Dieu merci nous vivons ici. Un dimanche placide –les cloches sonnent, et le gazouillis des oiseaux tente de les faire taire. J’ai décidé ce matin d’être héroïquement heureuse.

Pas par je-m’en-foutisme, égoïsme ou provocation. Juste parce que jouir de ce qui m’est offert est reconnaître le prix de ma chance. Et que de tels moments m’aident à garder intact un désir, violent comme un combat, de changer le monde. Pour ceux de Benghazi, Sendaï, Fukushima, ceux d’Abidjan, de Deera, Manama, du Caire ou de Tunis. Et ceux, et celles qui n’ont pas l’honneur de vos pages, de vos blogs ou de vos tweets.

Aussi.

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14/02/2011

Belgique, je t'aime encore... mais fais un effort!

Il a fallu pour me pousser à ce billet une initiative de blogueurs, dont je connais le talent et estime la plume. C’est à cause d’eux, c’est pour eux, aussi que j’entre dans la ronde de ces blogs carnival, et renvoie aux textes de ceux qui m’ont déjà précédé aujourd’hui (voir lien en bas de page). Le but commun ? Écrire un mot de Saint-Valentin à notre chère (de plus en plus, vu l’inflation) Belgique.

Belgique je t’aime encore… mais fais un effort

Ma mie Belgique, pendant que tu te complais encore dans un lit froissé, dans une atmosphère confinée, je t’écris ces quelques mots. Avec un brin de lassitude. Mon cœur n’est pas à la fête : ni percé ni brisé, il s’ennuie de battre à tes côtés par simple routine, celle d’une vie en longue communauté. Tu ne me fais plus rêver. Que deviens-tu? Regarde-toi ! Tu te laisses aller. Tu te laisses aller (air de Charles Aznavour). Je l’avoue, oui : j’ai songé te quitter.

Ce n’est pas ton âge, vois-tu, qui te rend aujourd’hui si peu désirable. C’est ta négligence ; ton abandon ; cette sorte de mélancolie dépressive que tu arbores avec un fatalisme gris; tes crises à répétitions ; tes chamailleries ; tes ridicules et cette forme pathologique d’auto-dévaluation, qui t’amène à souligner à gros traits tes défauts, tes faiblesses : un grimage plutôt qu’un maquillage. Quelle erreur ! Quelle horreur. À qui donc, incomparable, voudrais-tu ressembler ?

On dirait, Belgique, que tu as oublié que tu fus belle, à ta façon. Jamais tu n’eus la prétention fringante d’une Marianne, l’arrogance impériale d’une Albion, ni les ardeurs guerrières d’une Walkyrie : fille de village tu as longtemps continué à porter des sabots, aimer la kermesse et boire de la bière. Tu as gardé le teint frais et l’allant des filles de la campagne et su te dégager de la glaise, construire une démocratie moderne, un pays riche, une sécurité sociale remarquable ; tu as enfanté de grands industriels, des inventeurs, des prix Nobel, d’immenses artistes et des talents en pléthore. En as-tu perdu la fierté ? En as-tu perdu la mémoire? Les médiocres t’ont-ils inoculé Alzheimer?

Ce temps n’est pas si lointain, où ta face placide servait de modèle aux hommes de bonne volonté : ce peut-être le cas encore. Lève-toi, lave-toi, quitte ce peignoir grisâtret, cette humeur de mégère vieillissante. Habille-toi, fais-toi belle : au lieu de pointer tes bourrelets, tes rides, tes cicatrices, de te complaire à te dénigrer devant un miroir, retrouve cela qui t’a fait marcher, courir, danser. Un projet, des rêves, des valeurs qui méritent que tu t’investisses, au lieu de continuer à ainsi végéter. Laisse ces masques de carnaval et ces prétendants médiocres qui veulent tantôt se vautrer dans ton lit, tantôt en emporter les draps.

Ouvre les fenêtres, secoue les polochons, donne un petit coup de froid aux acariens. Redeviens un modèle : retrousse tes manches, sors la pelle, la charrue, et appelle les ouvriers parce qu’aucun champ ne se cultive en tournant les pages d’un ouvrage d’agriculture, un livre de comptes ou l’almanach de Nostradamus. Au soir, sur le banc commun et à la table d’hôte, on pourra dresser les plats d’étain et les chopes, resservir du waterzooi ou de l’oie à l’instar de Visé. Du couscous et du Bortsch aussi. Nous aurons le dos cassé, certes. Mais l’esprit vide de chimères périmées nous pourrons continuer à rêver d’autres demains. Et surtout, nous lever au matin avec la hâte de les construire.

Ma Mie, il est temps de changer d’air, d’accrocher un sourire à ta face, et de retrouver la courageuse obstination qui a fait de toi une patrie aimée. Ma Mie, il est temps de te lever. Laisse les paresseux, les avares, les babeleurs et les politicards, les joueurs de cartes et les discoureurs de tous bords. Il y a des gens dehors qui te trouve encore un charme autre que de douairière. J’aimerais encore danser avec toi, Belgique. Une farandole ou une carmagnole : quelque chose en tous les cas, qui nous échevelle et nous rende le goût d’entreprendre, autre chose, autrement. Ensemble.

Charles Bricman reste ce que tu es http://blog.charlesbricman.be/reste-ce-que-tu-es/

Marie Véja Lettre d’amour et de fierté http://www.lafillede1973.com/1442-lettre-damour-et-de-fie...

Marcel Sel: Saint-Valenthaine  http://blog.marcelsel.com/archive/2011/02/14/saint-valent...

 

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10/02/2011

D'la bière, des frites et un peuple de moules?

Le monde change. Ailleurs. Tunis et le Caire se soulèvent. Le Yémen et la Jordanie frémissent, sans compter le Maroc. Face à cette contamination des révolutions, les titreurs s’épuisent à trouver des locutions dignes de passer à l’histoire : révolution du Jasmin, soulèvement des Pharaons. Vautré dans sa patiente attente d’un gouvernement promis depuis le 13 juin dernier, le Belge, dans un ultime effort pour coller à l’image pathétique qu’il incarne dans des blagues hélas universelles, propose dans un grand sursaut de faire la « Révolution de la Frite ».

Enfin un projet à notre mesure ? Déambuler cannette en main, le cornet de frites-mayonnaise en étendard ? Réclamer pacifiquement « des mitraillettes, oui oui oui » ? Organiser ensuite une bataille de fricadelles, un lancer de gaufres à la crème jugé par LeGloupier en personne ? Le tout précéderait l’élection démocratique d’un empereur, au nombre de chopes ingurgitées « à fond ». Deux candidats, pour rappel, ont déjà fait leurs preuves, à savoir Poelvoorde et Daerden. Je parle bien sûr de leur incarnation de Cesar. Leur médiatisation déjà largement établie devrait servir la reconnaissance du nouveau régime (dissocié ?), au niveau international.

ASSEZ ! L’auto-dérision a un sens, lorsqu’elle ponctue l’arrogance triomphante, la réussite, le succès : elle ramène ces derniers, par l’étalage de leurs ridicules et petitesses, à une plus juste modestie. Elle corrige leur impudence. Mais le fou du village qui prend les huées pour des rires, et préfère s’esclaffer du brun qui le macule, comme s’il n’était de lui, cela, ce n’est pas de l’auto-dérision. C’est de l’auto-flagellation. Un processus pervers, délétère, qui nous réduit à notre propre caricature –le Belge ventru et taré rêvant d’être demain le flamboyant gagnant de l’Euromillion, du Win-for-life ou d’un gouvernement. Étonnez-vous après cela qu’on nous raille, et par dessus qu’on nous méprise. Cessons enfin de le chercher !

Aucune révolution ne s’accomplit sans projet : aucun projet ne se conçoit sans espoir. Ce n’est ni la dictature ni l’oppression qui nous ôtent le nôtre : mais le consentement paresseux à la médiocrité. Nos assiettes sont pleines, nos chopes aussi. Gavés de mal’bouffe comme de mal’gouv’(ernance), nous rotons, repus et somnolents, comme si cette kermesse factice était le seul horizon de nos rêves. Notre humour n’est pas la politesse du désespoir, mais la paresse de l’espoir. Et cela, voyez-vous, c’est peut-être la fin. La fin du pays, celui des moules arrimées à leur rocher, regardant prosaïquement marées hautes et marées basses,  comme des phénomènes extérieurs et passagers.

À quand la tempête ?

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27/01/2011

Un gouvernement et un référendum?

Il n’y a pas d’issue. La métaphore prémonitoire concernant le « carrousel des négociations » se vérifie. Les tours de manège se succèdent, personne n’est plus à même de décrocher la floche. D’ailleurs, pour quoi en faire ? Tourner encore ? Les citoyens désabusés, assourdis de fanfares diverses et contradictoires, regardent, écoeurés jusqu’à la nausée. Il est temps d’arrêter la ronde infernale, de faire descendre les participants ; il est temps de quitter le champ de la kermesse, ses lumières factices, ses odeurs de gaufres et de frites,  et les slogans racoleurs promettant le gros lot. Nous ne sommes plus à la fête. Le quotidien gris nous happe. Les ruelles de l’avenir sont obscures, et une eau glauque sourd déjà des caniveaux, à gros bouillons.

La Belgique est dans une impasse. Ceux qui nous y ont menés, prisonniers du système qu’ils ont conçu, ne sont plus aptes à nous en sortir. Ou ne le veulent plus, pour certains – peu importe lesquels. Accuser tel ou tel ne réglera en rien l’insoluble problème : cela nourrit simplement la logique des conflits, les rancoeurs qui rendent d’autant plus improbables non pas même un accord, mais simplement une entente. Or de cela, les citoyens sont peut-être encore capables. Encore faudrait-il qu’ils puissent l’exprimer. C’est une des raisons qui m’ont fait marcher, dimanche dernier. Et un motif capable de me faire marcher, encore. Avec une volonté précise.

« Les élections ne changeront rien », nous rétorque-t-on à l’envi -certes : tant que le système électoral verrouillera les votes dans des choix de coalition déterminés a posteriori par les Présidents de partis, nous serons condamnés à être les témoins (pas même les spectateurs) de tractations laborieuses, dont la confidentialité est sensée garantir le succès. Avec l’insuccès que l’on voit. Que le MR entre ou pas dans la ronde des négociations n’y changera guère. C’est une évidence, nous n’en sommes nulle part, les mois écoulés n’ont pas engrangé une moisson, pas même un boisseau –on compte les épis, voire même on les égrène. Tout serait-il réglé que BHV serait à même d’anéantir la récolte: et je gage qu’il se trouvera toujours quelqu’un pour allumer la mèche, susciter l’incendie. Y a-t-il quelqu’un d’encore suffisamment crédule pour imaginer le contraire ?

À la crise actuelle, je ne vois d’autre solution que celle que proposait voici quelques semaines Charles Bricman : la désignation d’un Premier par le Roi, et la présentation d’un gouvernement d’union nationale devant le Parlement. Il y aurait là un véritable test de légitimité, fondé sur un organe réellement, constitutionnellement représentatif : ce que les présidents de partis ne sont pas, faut-il le rappeler ? Ce gouvernement devrait s’attacher prioritairement au socio-économique, car il y a urgence ; mais prévoir parallèlement une consultation populaire –un referendum sur la scission. Si la volonté commune demeure de vivre ensemble, des propositions « coperniciennes » ont été formulées, en dehors de la logique des partis : voyez le groupe de Pavie (circonscription fédérale), le groupe Re-Bel (4 régions, un pays). Elles sont présentement écartées par les Présidents : une raison supplémentaire de les examiner positivement.

Bien sûr, un réferendum fait peur ; bien sûr, il est à craindre que les clivages ne s’accusent, et que la majorité de la population soit en définitive en faveur du divorce. Mais on ne peut artificiellement maintenir un couple, si l’un des deux veut partir. Une minorité ne peut indéfiniment s’opposer à une majorité -si la majorité veut effectivement la scission. Quelle que soit la réponse, sur une question aussi fondamentale, je refuse de laisser décider pour moi et mes concitoyens, des « représentants » qui n’ont pas été élus avec ce mandat.

Finissons-en aussi avec les accusations de « populisme », dès qu’il est question de consulter les citoyens. Cette phobie –qui curieusement semble le fait des partis de gauche- cache la peur de perdre une part de l’emprise particratique, habituée à se draper fallacieusement dans la « démocratie représentative ». Le populisme, c’est Happart disant : « je vous emmerde, j’ai fait 75.000 voix » mais « ce n’est pas à la rue à nous dire ce que nous devons faire ». Le populisme, c’est vendre de la politique électoraliste à coup de slogans, se revendiquer à tout propos « des gens », mais considérer qu’ils sont trop immatures pour décider en connaissance de cause.

Les personnes que j’ai côtoyées dimanche dernier n’étaient pas populistes. C’était des citoyens manifestant dignement le refus d’un système, le refus d’une impasse. Ils n’étaient ni a-politiques, ni anti-politiques. Ils voulaient précisément de la politique.

Autrement.

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21/01/2011

De l'a-politisme, de l'anti-politisme et du "conformisme" belge

 

Hier matin, Jean Quatremer se fendait d’un billet péremptoire, intitulé «  Belgique : le degré zéro de la politique ». Je pensais y découvrir une analyse de nos derniers avatars politiciens (le mot politique est ici inconvenant), mais non, il s’agit d’un billet d’opinion portant sur la manifestation qui se tiendra dimanche à Bruxelles. Sévère et condescendant à la fois, l’auteur qualifie d’ « apolitisme bêtifiant » l’initiative des J.O. (jeunes organisateurs), déduisant de leur neutralité politique affirmée, la vacuité de leurs idées ou engagements. Aujourd’hui, Fabrice Grosfilley emploie à leur sujet le terme plus fort encore d’« anti-politisme ».

Et si c’était précisément l’inverse ? Si ce refus de l’étiquetage, du catalogage, du simplisme catégoriel était l’amorce d’une véritable pensée politique ? Non pas celle authentifiée par des idéologues de tel ou tel bord, non pas celle de l’un ou de l’autre parti, mais une pensée positive : le refus de ce qui sépare, désunit, la volonté positive de rassembler ? Car la politique, l’avons nous oublié, est l’art du vivre ensemble. En définissant un Bien commun. Un projet. Un avenir.

Oui, le mot d’ordre est vague. Oui, la formulation des communiqués est parfois bien juvénile. Et alors ? C’est signe au moins que leurs auteurs ne sont pas endoctrinés, vassalisés, comme ces« jeunes » membres des partis maniant jusqu’au ridicule langue de bois et idées creuses; c’est signe qu’ils n’ont pas encore accepté, dans cette interminable partie, le rôle des pions colorés se déplaçant au gré des dés pipés, dans des cases prédéfinies, sur un itinéraire bien balisé.

Jeu des oies, jeu des dupes.

Les manifestants ne disent pas quel gouvernement ils veulent ? Certes, et ce n’est pas leur rôle. D’ailleurs le souhaiteraient-ils que vous les renverriez à l’actuel système représentatif, fuyant -comme l’ensemble des politiques- ne serait-ce que l’idée d’une démocratie un tant soit peu plus directe que ce système sciemment dévoyé. Nous n’avons pas le choix d’élire, seulement celui de voter. Nous n’avons aucun droit de regard sur la coalition qui se forme en notre nom ; moins encore sur les accords qui se négocient au gré des présidents de partis sans que nous n’ayons la moindre information, sinon issue de fuites journalistiques…

De la circonscription unique à la revision de la loi ou des circonscriptions électorales, de la decomplexification institutionnelle à l’extension du concept de régionalisation, les propositions citoyennes existent, elles s’échangent, s’affirment et s’affinent sur le web et IRL –à des années-lumière de ce « degré zéro de la pensée politique » que Jean Quatremer prend un plaisir supérieur à railler. C’est vrai qu’il semble peu familier de ces cénacles pourtant largement ouverts, de ces nouvelles agoras bien moins fréquentées que les groupes Facebook ou le « Belgomaton ». Il n’est pas défendu de prendre un peu d’altitude…

Disqualifier la manifestation comme « apolitique » est le dernier des contresens. Cela révèle plutôt la sclérose et le conformisme d’esprits incapables de percevoir une alternative en dehors des cadres établis, des bornes et balises qu’impose une vision partisane et particratique. Celle-là même dont s’accommode, d’ailleurs, une presse peu inspirée qui trop souvent se contente de répercuter communiqués et dépêches, renonçant sans état d’âme à son rôle d’information, d’éducation et de contre-pouvoir : il est temps de remonter du constat –la crise actuelle- aux mécanismes qui la prolongent, pire, la perpétuent. Il n’y a pas de fatalité : il y a des rouages, des engrenages, une mécanique devenue folle occupée à broyer ceux-là même qui l’ont conçue. Il n’y a pas que des Forçats rue de la Loi : il y a surtout des condamnés dont la seule issue est de briser, s’ils veulent s’en sortir et nous avec, le système particratique. La révolution copernicienne, c’est par là qu’elle doit commencer –et des propositions avaient été en ce sens formulées dès avant les dernières élections, par des politologues, des intellectuels et des citoyens. Pourquoi sont-elles désormais passées sous silence ?

Dimanche je ne marcherai pas sous une bannière, mais à côté d’amis, de twittos et de blogueurs dont les idées sont loin d’être aussi courtes, aussi caricaturales que ne le prétendent quelques analyses sommaires. Nous nous rangeons de bon gré derrière cette jeunesse qui a le courage de se lever et de formuler son désarroi, sa colère, et qui refuse précisément les catégories qui nous enferment dans des logiques qui ne sont point les nôtres.

Nous vivons dans un pays prospère où il est possible de construire, comme le rêvait Saint-Exupery, une citadelle, au lieu de défendre des forteresses, des territoires et des barons. Pour cela, il nous faut réapprendre la Politique, désapprendre la particratie. Je marche pour l’une et contre l’autre. Avec tout ce qui me reste de foi et d’espérance. Et tant pis pour les grincheux, les rancis, les tièdes et les pusillanimes, les désabusés, les tâtillons, ceux que ça ne concerne guère, qui franchement s’en tamponnent ou mieux : que cela dérange.

Je manifeste le refus des impasses, et l’aspiration à sauter par dessus les murs. Parce que la Belgique, j’y crois encore. Malgré tout.

PS: A ne pas manquer: La fille de 1973: « Les 10 plus mauvaises raisons de ne pas descendre dans la rue dimanche et le billet de Charles Bricman: Marcher pour le retour du Politique

 

 

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