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21/01/2011

De l'a-politisme, de l'anti-politisme et du "conformisme" belge

 

Hier matin, Jean Quatremer se fendait d’un billet péremptoire, intitulé «  Belgique : le degré zéro de la politique ». Je pensais y découvrir une analyse de nos derniers avatars politiciens (le mot politique est ici inconvenant), mais non, il s’agit d’un billet d’opinion portant sur la manifestation qui se tiendra dimanche à Bruxelles. Sévère et condescendant à la fois, l’auteur qualifie d’ « apolitisme bêtifiant » l’initiative des J.O. (jeunes organisateurs), déduisant de leur neutralité politique affirmée, la vacuité de leurs idées ou engagements. Aujourd’hui, Fabrice Grosfilley emploie à leur sujet le terme plus fort encore d’« anti-politisme ».

Et si c’était précisément l’inverse ? Si ce refus de l’étiquetage, du catalogage, du simplisme catégoriel était l’amorce d’une véritable pensée politique ? Non pas celle authentifiée par des idéologues de tel ou tel bord, non pas celle de l’un ou de l’autre parti, mais une pensée positive : le refus de ce qui sépare, désunit, la volonté positive de rassembler ? Car la politique, l’avons nous oublié, est l’art du vivre ensemble. En définissant un Bien commun. Un projet. Un avenir.

Oui, le mot d’ordre est vague. Oui, la formulation des communiqués est parfois bien juvénile. Et alors ? C’est signe au moins que leurs auteurs ne sont pas endoctrinés, vassalisés, comme ces« jeunes » membres des partis maniant jusqu’au ridicule langue de bois et idées creuses; c’est signe qu’ils n’ont pas encore accepté, dans cette interminable partie, le rôle des pions colorés se déplaçant au gré des dés pipés, dans des cases prédéfinies, sur un itinéraire bien balisé.

Jeu des oies, jeu des dupes.

Les manifestants ne disent pas quel gouvernement ils veulent ? Certes, et ce n’est pas leur rôle. D’ailleurs le souhaiteraient-ils que vous les renverriez à l’actuel système représentatif, fuyant -comme l’ensemble des politiques- ne serait-ce que l’idée d’une démocratie un tant soit peu plus directe que ce système sciemment dévoyé. Nous n’avons pas le choix d’élire, seulement celui de voter. Nous n’avons aucun droit de regard sur la coalition qui se forme en notre nom ; moins encore sur les accords qui se négocient au gré des présidents de partis sans que nous n’ayons la moindre information, sinon issue de fuites journalistiques…

De la circonscription unique à la revision de la loi ou des circonscriptions électorales, de la decomplexification institutionnelle à l’extension du concept de régionalisation, les propositions citoyennes existent, elles s’échangent, s’affirment et s’affinent sur le web et IRL –à des années-lumière de ce « degré zéro de la pensée politique » que Jean Quatremer prend un plaisir supérieur à railler. C’est vrai qu’il semble peu familier de ces cénacles pourtant largement ouverts, de ces nouvelles agoras bien moins fréquentées que les groupes Facebook ou le « Belgomaton ». Il n’est pas défendu de prendre un peu d’altitude…

Disqualifier la manifestation comme « apolitique » est le dernier des contresens. Cela révèle plutôt la sclérose et le conformisme d’esprits incapables de percevoir une alternative en dehors des cadres établis, des bornes et balises qu’impose une vision partisane et particratique. Celle-là même dont s’accommode, d’ailleurs, une presse peu inspirée qui trop souvent se contente de répercuter communiqués et dépêches, renonçant sans état d’âme à son rôle d’information, d’éducation et de contre-pouvoir : il est temps de remonter du constat –la crise actuelle- aux mécanismes qui la prolongent, pire, la perpétuent. Il n’y a pas de fatalité : il y a des rouages, des engrenages, une mécanique devenue folle occupée à broyer ceux-là même qui l’ont conçue. Il n’y a pas que des Forçats rue de la Loi : il y a surtout des condamnés dont la seule issue est de briser, s’ils veulent s’en sortir et nous avec, le système particratique. La révolution copernicienne, c’est par là qu’elle doit commencer –et des propositions avaient été en ce sens formulées dès avant les dernières élections, par des politologues, des intellectuels et des citoyens. Pourquoi sont-elles désormais passées sous silence ?

Dimanche je ne marcherai pas sous une bannière, mais à côté d’amis, de twittos et de blogueurs dont les idées sont loin d’être aussi courtes, aussi caricaturales que ne le prétendent quelques analyses sommaires. Nous nous rangeons de bon gré derrière cette jeunesse qui a le courage de se lever et de formuler son désarroi, sa colère, et qui refuse précisément les catégories qui nous enferment dans des logiques qui ne sont point les nôtres.

Nous vivons dans un pays prospère où il est possible de construire, comme le rêvait Saint-Exupery, une citadelle, au lieu de défendre des forteresses, des territoires et des barons. Pour cela, il nous faut réapprendre la Politique, désapprendre la particratie. Je marche pour l’une et contre l’autre. Avec tout ce qui me reste de foi et d’espérance. Et tant pis pour les grincheux, les rancis, les tièdes et les pusillanimes, les désabusés, les tâtillons, ceux que ça ne concerne guère, qui franchement s’en tamponnent ou mieux : que cela dérange.

Je manifeste le refus des impasses, et l’aspiration à sauter par dessus les murs. Parce que la Belgique, j’y crois encore. Malgré tout.

PS: A ne pas manquer: La fille de 1973: « Les 10 plus mauvaises raisons de ne pas descendre dans la rue dimanche et le billet de Charles Bricman: Marcher pour le retour du Politique

 

 

Le Bien commun est desormais disponible sous le nom de domaine et sa plate-forme: http://www.leblogdubiencommun.be/. merci de s'y référer pour les commentaires

07/11/2010

Mgr Léonard, c'est pas de la tarte, c'est du gâteau

Belote et rebelote. Hier, il y avait du Leonard dans la presse papier, sur les sites de news, en Buzz vidéo, au menu du JT de la RTBF, sans compter le café du Commerce et ma Time-LineTwitter. Aujourd’hui, hop, on accommode les restes à l’émission Sans langue de bois. Mon Dieu, Mon Dieu, faites quelque chose!

Certes, je comprends (un peu) les journalistes en mal de nouvelles, qui tels soeur Anne en politique ne voient toujours rien venir: ni gouvernement, ni élections, plus même de petit clash, de grande crise. Les voici désormais réduits à répercuter les communiqués de partis, les annonces triomphales de baisse de chômage, le succès brillant du win-win, la poussée merveilleuse du Plan Marshal, l’essor de la Wallonie créative, etc etc. Tout va très bien, Madame la Marquise. Et pas de bémols possibles, de crainte de devenir, dans le contexte actuel, traître à la cause Wallonne. Francophone. Walbruxelloise. Belgo-résiduelle. Et Belge tout court, car laissez-moi vous dire qu’à l’étranger, l’image de notre Surréalisteland est en passe de quitter la catégorie “Comics” pour glisser définitivement dans celle des “Caricatures”. Il se chuchote qu’il pourrait même y remporter un prix.

Donc, la réalité politique comme économique se voyant frappée de tabou (chut, faut rien dire), il faut impérativement trouver un bon divertissement. Lequel, au sens pascalien du terme, est, littéralement “ce qui détourne de “.

lire la suite sur la nouvelle plate-forme: http://www.leblogdubiencommun.be/

 

29/09/2010

Cuisine et changement de régime

Je me suis découvert un point d’accord avec Rudy Demotte. Si si si. Twitter en est témoin.

Appliquée à nos institutions, la lasagne est la métaphore culinaire optimiste. Actuellement, ce serait plutôt la ratatouille…
11:55 AM Sep 24th via ÜberTwitter depuis Hal, Hal-Vilvorde en réponse à Chaos_Be

Certes. Ou la panade. C’est selon. Je ne peux que saluer en tous les cas la lucidité de l’homme à la double casquette, et pour ceux qui préfèrent un dessin à un long discours, renvoyer au petit film de Jerome de Gerlache et Marcel Sel. Nos spécialités -frites, moules, bière, chocolat et institutions inextricables- y sont illustrées avec talent et humour. C’est le buzz du moment, et pour ceux qui ne l’ont pas vu encore, voici le lien (...)

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02/05/2009

De l’incurie comme institution nationale.

Quel point commun entre l’affaire Dutroux et un des titres récent de l’actualité  –la réintégration d’un escroc avéré au ministère des finances?  Entre le “déplacement” dans un autre service de deux flics filmés en train de voler, et l’excursion d’un responsable d’administration du forem qui se forme au Québec, pour un montant de 7000€? Entre d’importants fraudeurs de l’affaire KBC blanchis par prescription des faits, et trois mineurs libérés le jour même, après un hold-up dans un Delhaize suivi d’une prise d’otage?

Le point commun est que cela est qualifié par les responsables des différents services de “dysfonctionnements”. A ce stade, il me semble que le terme est inapproprié. Dysfonctionne, quelque chose qui échappe au fonctionnement. Mais quelqu’un peut-il me dire ce qui semble encore fonctionner, dans ce pays?

Je proposerai un terme plus adéquat, c’est celui d’incurie qui se définit comme manque de soin, d’organisation

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28/03/2009

Dans l'air du temps

lumière.JPGVous avez déjà été porté par un vent d'enthousiasme, parce que vous avez entendu, au dela des murs auxquels vous pensiez vous heurter, comme un écho à votre appel? Vous avez déjà opposé un refus, une négation, à des choses qu'on prétendait vous imposer (la mode, la nullissime télévision, un auteur ou un chanteur génial, facebook...) et trouvé par là-même d'autres résistants? Vous avez déjà cessé de penser en rond, parce que vous avez soudain noué un dialogue, et envisager une action après votre réflexion? mmmmmmmmm c'est ce que je vis un peu aujourd'hui, et ça fait du bien :0) -merci à vous. 

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