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19/05/2011

Du droit de cuissage au troussage de domestique: vive le progrès social

Oui, je le confesse, j’ai, dans les premières heures de l’  « affaire #DSK» twitté et retwitté des blagues potaches ; j’ai ri ; j’ai suivi l’actualité sur le fil; j’y ai cherché de l’info. J’en ai trouvé. Assez pour avoir honte de ma réaction première, et m’indigner du choix de la victime. Il a fallu trois jours pour qu’ayant épuisé le registre de la gaudriole, celui de la « christification » d’un DSK-aux-outrages traîné devant une justice accusatoire, des voix timides s’élèvent. Si les faits sont avérés, n’a-t-on pas oublié quelqu’un ? (oui, mais il n’est pas inculpé, on n’en est qu’à la rumeur, c’est sans doute un complot…) ; n’a-t-on pas oublié quelqu’une ?

Tant mal que bien, les communicateurs tentent de rattraper le tir : voici dans la bouche des politiques une petite pensée par ci, un petit mot par là… « si toutefois les faits sont démontrés » ; d’empathie ? aucune ; juste un vernis hypocrite habillant un discours singulièrement équivoque –un discours de classe, dont personne ne semble s’étonner.

Ainsi, la victime, une « femme de chambre » déchoit-elle en « femme de ménage », voire en « domestique », ce qui permet de réactiver quelques fantasmes très vieille-France, droit de cuissage inclus. Comment, en 2011, écouter sans bondir des propos de Jean-François Kahn expliquant en direct de France-Culture: « je suis certain, enfin pratiquement certain qu’il n’y a pas eu une violente tentative de viol » (une douce tentative de viol, alors ? Juste pressante ? Juste insistante ? pas harcelante, en tous les cas : de cela il a été blanchi en 2007, déjà) ; non, poursuit l’ex-journaliste-politicien : les faits s’apparentent davantage à un « troussage » ; « un troussage de domestique, ben je vais dire ce n’est pas bien, mais voilà » . On est heureux d’apprendre que moralement, ce n’est pas bien ; mais ce n’est au fond « que cela ». Une chose banale. Traditionnelle ? Comme quoi on peut se targuer de prendre la Bastille, de proclamer les droits de l’homme et continuer à considérer qu’une bonniche est « bonne ». À tout faire.

Plus pathétique encore (mais dans la droite ligne du personnage), la sortie de BHL, s’offusquant que la juge américaine ait feint que « DSK était un justiciable comme les autres ». Ah bon ? Il ne l’est pas ? Ce nanti aurait donc droit à des privilèges ? Et cette justice puritaine et accusatoire en ferait fi, faisant par là preuve d’une violence extraordinaire : ramener un puissant au rang du citoyen ordinaire, soumis à la Loi ?

L’opinion française croit à 57% à la thèse du complot ; elle réagit épidermiquement à l’affaire, faisant mine de croire que ce sont ses mœurs, sa tradition de libertinage, la turlutte et la gaudriole qui se voient, avec DSK, incriminés. Non : c’est bien d’une agression sexuelle, tentative de sodomie et fellation forcée qu’il est question. Faisant chorus avec la presse, elle défend non pas un citoyen ordinaire, mais un puissant, un Prince -de ceux qui, avec Brantôme, profitent des « dames galantes » et tirent leur « épingle » du jeu.

Que DSK soit coupable ou innocent, il y aura bien une victime. Celle dont la vie va être scrutée, disséquée, atomisée, celle qui sera la cible des meilleurs avocats américains, payés grassement, payant grassement pour le moindre détail susceptible de dédouaner leur client. Travailleuse immigrée, mère célibataire, musulmane discrète, demain tout cela va voler en éclat et se verront étalés les moindres failles de sa vie, ses heurs et malheurs, ses travers, ses défauts, ses humaines misères. Le rouleau compresseur est en marche. Où ira, que fera désormais Ophélia ? Sa fille ? Sa famille proche ? D’ores et déjà la voici déracinée de sa vie, de son travail, de son voisinage, des liens ténus que cette migrante a lentement retissés dans son pays d’accueil. Une chose est sûre : rien ne sera plus jamais pareil pour elle.

 

 

Coupable ou innocent, DSK rentrera un jour –bientôt peut-être- en France ; meurtri, peut-être; cassé ? –j’en doute. Dans le monde qui est le sien, il se trouvera des amis pour lui tendre la main, donner l’accolade et lui chuchoter qu’on lui garde compréhension et estime. Après tout, comme dit Jack Lang, « Il n’y a pas mort d’homme ». Péché de sexe est péché véniel. Il est loin le temps où la prison laissait une trace infamante, Tapie peut en témoigner ; sa fortune enfin ne devrait pas être affectée ; il touchera gros pour ses mémoires, et entre la place des Vosges et le Riad de Marrakech, connaîtra sans doute une retraite active.

Que le bon peuple applaudisse !

Champagne et caviar pour tout le monde ! Et tournent tournent les violons, qu’ils fassent rêver Manon

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16/05/2011

Du juste, de l'injuste et du caniveau

Ben Laden est mort. Je n’ai pas pleuré ; je n’ai pas ri ; je n’ai ni dansé ni manifesté. Mais oui, j’ai éprouvé comme un soulagement confus. Pas celui d’une angoisse, non ; plutôt le sentiment que les choses rentraient dans l’ordre ; ou plus exactement encore que c’était selon l’ordre des choses. « Justice est faite », a dit Obama. Non, pourtant, ce n’est pas vraiment cela. L’élimination de Ben Laden n’est pas un acte de justice –enfin, au sens de justice procédant par des voies légales, appuyée sur un jugement, rendue en fonction de lois. Il faut être naïf pour méconnaître la commodité, pour les USA et la communauté internationale, de cette « solution finale », sans autre forme de procès. Mais il faut être malhonnête, aussi, pour la clope au bec et les fesses dans un fauteuil, critiquer les  assassins de l’assassin. Prendre Ben Laden vivant, oui : mais à quel prix ? La mort d’un seul des hommes du commando ? Des prises d’otages pour libérer l’Otage ? Des attentats ? Évoquer le jugement d’Eichmann en regard de cette procédure expéditive est un argument fallacieux: Ben Laden n’était pas l’ultime survivant d’une idéologie morte, mais l’âme, le souffle d’une organisation mortifère bien vivante. Je ne pense pas que le choix posé était LE bon choix ; je pense qu’il était le moins mauvais, en tous les cas le moins risqué en terme de vies humaines, incluant celle de bon nombre d’innocents, étrangers à tous les « Jihads » et à toutes les « justes guerres » contre le terrorisme.

Michèle Martin est en passe d’être libérée. Cette nouvelle a provoqué chez moi un haut-le-corps. Comment ? Déjà ? C’était hier, pourtant, Julie et Melissa, l’horreur de leur enlèvement, de leur mort après de si longs sévices, la marche blanche, les engagements politiques de réforme à tous les niveaux, l’espérance d’une Belgique différente, ou aucun « estompement de la norme » ne pourrait couvrir des dysfonctionnements en cascade. C’était hier, c’était il y a 15 ans : la moitié de la peine requise pour une femme qui fut complice, et qui a continué, face au désespoir des parents et des victimes survivantes, à taire la vérité. Qui la tait encore. Malgré cela, Michelle Martin remplit toutes les conditions d’une libération conditionnelle. Elle y a droit. C’est légal. C’est conforme à la loi. Est-ce « juste » ? En ce de conforme à la décision de justice, oui. Mais qui osera dire en l’occurrence : « justice est faite » ? Elle n’est que « rendue » par un tribunal.

C’est à dessein que j’ai rapproché ces deux événements : les réactions qu’ils génèrent l’un et l’autre m’interpellent. On assiste dans les forums, sur FB et dans les commentaires de blogs un tsunami d’insultes, un dégueulis d’opinions insanes, outrancières, intolérables; une déferlante de boue, une régurgitation de caniveau. On ne peut fermer les oreilles et les yeux sur ce qui s’est passé là ; on ne peut feindre qu’il s’agit là de « dérapages » de la part de quelques « excités », des « primaires », des « Groseilles » ou des « Barakis[1] ».

Le mal est plus profond, je crois. La justice, c’est une institution humaine qui, pour le bien de la collectivité, règle les conflits entre personnes ; elle nous permet de sortir du cycle de la vengeance, de la violence, et elle a su évoluer depuis la loi du talion jusqu’à des peines de substitution. La justice « civilise », n’en déplaise à la meute aux babines retroussées, éclaboussant de sa bave les proies qu’elle rêve de démembrer. Et qui pourtant lui ressemble.

Comment ne pas constater, néanmoins, que la justice, celle du palais et des prétoires, drapée de toge et d’épitoge, ne parle plus (comme la politique), une langue compréhensible au commun des mortels ? Perdue dans ses arguties, ses méandres inextricables, sa jurisprudence, ses niveaux d’appels, elle fait attendre infiniment longtemps la réparation de faits graves, et les peines prononcées sont rarement appliquées jusqu’à leur terme. Si l’avocat et le juge savent que la peine maximale est limitée à  30 ans, et que le condamné est libérable sous certaines conditions au tiers de sa peine, le citoyen continue à l’ignorer, et à vivre comme un double déni de justice l’application allégée de ces condamnations. Déni des jugements, puisque les peines ne correspondent pas, en réalité, au prononcé[2]. Déni de la Justice, avec une majuscule, aussi.

Car la Justice est –aussi, et au-delà- une exigence inscrite au cœur de l’homme. J’ai écrit: au cœur, ce pourrait être dans les tripes, aussi -en tous les cas, pas que dans sa raison, pas que dans des livres, les lois et ni sur les pages d’un registre de sorties d’écrou. Tant pis pour les existentialistes qui condamneront avec condescendance sans doute, ma position jugée idéaliste (tendance Ricoeur), et qui ramèneront la justice dans les bornes du prétoire, donc au « légat ». J’appelle « juste », aussi, surtout, ce qui est conforme à l’équité, cette aspiration indéfinissable à la justice naturelle.

Ainsi, il est « légal » que l’un des trois agresseurs d’un simple voyageur de métro, condamné voici trois ans pour avoir roué de coups et laissé sa victime invalide à 90%, soit sorti de prison aujourd’hui[3]. C’est « juste », aussi, au regard de la justice belge, qui a rendu selon les formes sa sentence. Mais je défie n’importe quel être humain normalement constitué, regardant dans les yeux la victime dont la vie est anéantie –et partiellement celle aussi de sa famille-, d’oser dire que cela est juste, au sens d’équitable. Et que cette libération est légitime.

Justice est faite pour Ben Laden ; justice est rendue pour Michelle Martin. Bien d’autres affaires demeurent en souffrance, nourrissant la colère et la rage en même temps que le sentiment d’impunité. Ce populisme rageur qui se répand comme une trainée de poudre manifeste un désarroi, et une revendication. Vider les mots de leur substance, c’est pervertir le rapport à la réalité. Nous souffrons particulièrement me semble-t-il, de cette dé-signifiance des termes et par conséquent des choses. Une incommunicabilité profonde et je le crains durable s’installe entre le citoyen, les gens de pouvoir, et plus que tous les politiques. L’incompréhension rageuse est aussi une forme d’exigence: celle d’un discours sans équivoque, de règles claires, et d’une application sans dysfonctionnement, sans détournement dans l’esprit, de ce qui constitue la lettre et balise (imparfaitement) notre perfectible démocratie.

Au risque de la perdre…

 

 

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[1] Belgicisme qualifiant quelqu’un vivant dans une “baraque”, une caravane (à l’origine, un forain): désigne une personne grossière, inculte. Voire les précisions sur:http://fr.wiktionary.org/wiki/Discussion:baraki. Synonyme: beauf (France), gros colon (Québec)

 

[2] : peut-on ainsi souligner le paradoxe ridicule d’une condamnation à « perpétuité » (du latin « perpetuus », qui dure toujours ) limitée dans le temps, et qui peut théoriquement tenir en 10 ans ?

[3] http://www.rtl.be/info/votreregion/bruxelles/794081/metro-delta-l-agresseur-libere-sous-conditions-sa-victime-reste-invalide-a-9

09/05/2011

Lady Marianne sort de la forêt de Sherwood.

Le décret Robin des Bois va être remis à plat. C’est Lady Marianne qui l’a dit. Lady Marianne ne siège pas au gouvernement du Prince Jean, ni d’ailleurs celui de Richard-Cœur-de-Lion : elle fait partie du conseil de bande de la forêt de Sherwood. Elle décide, et les ministres exécutent. Et le Parlement ? Pareil.

Dans cette démocratie postiche qui sert de couvert à la particratie, les manants se réjouissent que des brigands défendent leurs droits contre le vilain shérif de Nottingham. Puisque c’est pour leur bien, et qu’il leur reviendra un peu des biens pillés aux méchants.

Oui, mais qui sont les méchants ? Et à qui en définitive profite la déliquescence de l’État et des organes démocratiques ? Le maquis communautaire protège un peu plus encore la forêt de Sherwood. Les Présidents de partis peuvent y asseoir encore mieux leur pouvoir et leur loi. Alors dansez manants, au son de la musette. Dansez, dansez, au son des instruments à vent.

 

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05/05/2011

Twitter, sa faune, sa flore et le Round-Up

Trois questions posées on-line par un twittos, m’ont amenée à accoucher des quelques considérations suivantes concernant :  Twitter, sa faune et sa flore (et accessoirement un désherbant bien connu). Certes, il s’agit d’un billet d’humeur –de mauvaise humeur de surcroît-, mais qui n’exclut pas une interrogation plus fondamentale sur la nature  du réseau social et sur ma liberté. Je le dédie à tous ceux qui ont fait partie de mon équipée twitterienne ces derniers mois, ceux qui, pour des raisons évoquées plus bas, ont jeté l’éponge, ceux qui connaissent le Doute, ceux enfin qui conservent la Foi.

J’aime à le préciser, car je lui reste reconnaissante « par delà les étoiles », c’est @Sucre_Gandhi, lecteur de mon blog qui m’a amenée, voici un an et demi environ, sur le réseau Twitter. J’y ai été accueillie par des « connaissances virtuelles », des gens dont je suivais le flux rss, commentais quelquefois les billets ou qui illustraient les miens. J’ai étoffé ce « premier cercle » de façon excentrique : des politiques bien sûr –de gauche, de droite, en fait de toutes les couleurs- ; des journalistes, publicitaires, designers, photographes, professionnels, étudiants, des amis d’amis, pêchés le jour des « FollowFriday » ; enfin de parfaits inconnus rencontrés au hasard du web et dont la biographie, un twit ou le blog m’ont séduite. Il y a là du belge (francophone et flamand), du français, de l’européen, du québecois et même de l’australien. Je suis aujourd’hui près de 400 personnes. Un quota assez équilibré en rapport d’un peu plus de 900 followers, desquels il faut décompter bien sûr les comptes commerciaux, les curieux de passage ou encore @SarahPalin, qui me fait l’honneur de me suivre depuis que je l’ai associée au mot dinde, le jour de Thanksgiving. Le cœur très actif de ma TL (time-line, pour les non-initiés) compte une bonne centaine de twittos, et je lis avec le même intérêt @recriweb ou Liberal_origin. Pas @SarahPalin.

Il se peut que @SarahPalin soit vexée que je ne la suive pas. Mais voilà, j’ai regardé sa TL, et je ne me trouve aucun point d’intérêt avec elle. Je ne dis pas qu’elle ne présente aucun intérêt, je dis que ses intérêts ne rejoignent pas les miens, ni globalement ceux de qui je fréquente. Elle criera sans doute à l’élitisme, mais bon, c’est ainsi : ai-je encore le droit de choisir avec qui il me plaît de partager, ce qui me plaît, comme il me plaît ? Ou bien le réseau social implique-t-il la même promiscuité (intellectuelle) imposée qu’un métro parisien à l’heure de pointe ? Si c’est le cas, je crois que je préfère descendre à l’arrêt suivant, et musarder tranquillement en marchant sur les quais. En papotant avec des amis, ou bien les hirondelles. Je leur trouve plus de charme qu’au glougloutement de la dinde, au croassement des corbeaux ou au caquetage des perruches.

Ce long exergue pour donner une amorce de réponse à la première  question de @XtopheMincke : sur Twitter « Faut-il ne garder que les gens avec lesquels vous êtes d’accord, et rester entre soi » ?

Ma TL relativement étendue et paradoxale répond sans équivoque: non. Mais ce reste l’intérêt qui conditionne et les échanges. Pour ce motif, je suppose, vous n’êtes pas abonné à @hckGGREN, qui tweete des titres d’ouvrages philosophiques médiévaux et renaissants en latin. Moi bien. Mais je ne suis pas @ProSnookerBlog, qui vous passionne peut-être. Logique, non ?

Par contre, à la deuxième question : « Twitter est-il la table d’un repas entre potes ou un lieu de débats et de combats politiques? », ma réponse sera plus mitigée.

En effet, ce qui m’a séduite dans Twitter, c’est la possibilité d’échanger : des liens, de l’humour, des idées. Entre deux fous rires et nombre d’infos, j’y ai connu quelques véritables débats, argumentés, vifs et néanmoins respectueux. Je saluerai ainsi en passant @KarineLalieux , escrimeuse politique de talent, pour sa cohérence et sa pondération. On peut n’être pas souvent du même avis, et œuvrer ensemble à l’avancée d’un débat.

Malheureusement, et je ne suis pas seule à le constater, cet esprit de débat tend à être transformé par certains, précisément, en « combat ». L’évolution est sensible depuis ces derniers mois, certains « trollémistes »(2) choisissant de s’en prendre systématiquement à des twittos bien ciblés, tronquant les tweets, les manipulant, ou considérant comme vérité avérée de simples présupposés à la pensée du locuteur. Cela a pu passer pour jeu. Ensuite, pour biais de pensée. Que la pratique devienne systématique témoigne finalement d’une malhonnêteté intellectuelle consommée. Certains, fatigués de répondre à tant de mauvaise foi, et n’ayant pas le « tweetclash » comme activité principale, ont choisi une retraite prudente, se cantonnant aux échanges en DM ; d’autres sont passés à des comptes privés ; d’autres enfin ont fermé leur compte ou évoquent un prochain « twicide ».

Plusieurs haussent les épaules et laissent s’écouler cette logorrhée,  encourant stoïquement le reproche de «  discréditation (…) par une censure auto-organisée (…) à l’égard de twittos récalcitrants (…) », et assumant sans état d’âme leur rôle de « petits caporaux en chambre (…) vedettes-censeurs (…)  observateurs et analystes médiocres de l’actualité, intellectuels 2.0 fort médiocres (…) issus de cette élite de masse (sic) fatiguée d’être elle-même et qui a trouvé dans Twitter l’opportunité de vivre une gloriole intello-médiatique qui ne surclasse même pas la télé-réalité. » On ne rit pas svp. On explique compassionnellement au twittos unfollowé quelques principes de bienséance, ou d’amabilité valables dans le monde réel comme virtuel.(1)

Une Time Line est une table ouverte, mais l’hôte s’attend à ce que ceux qui y sont conviés y conservent un minimum de savoir-vivre, de respect et d’éducation. Faut-il en passant rappeler l’étymologie de ce joli mot : e-duqué, c’est, littéralement, « être conduit hors de soi » -être capable d’abandonner, le temps d’une discussion, l’autisme idéologique, les catégorisations réductrices, la polémique stérile. Les insultes aussi, faut-il le préciser ? Oui, hélas, l’expérience et le texte ci-dessus montrent qu’il le faut.

Certains, manifestement, n’ont guère de pratique de la dialectique, et gesticulent à table en donnant de la voix et en pointant leur couteau. D’autres sont bien à même d’en comprendre les ressorts, mais choisissent de se positionner en phalangistes plutôt qu’en interlocuteurs, en idéologues Don Quichottant, pourfendeurs –à la fourchette- de fantasmatiques moulins. C’est leur liberté, comme il est du ressort de la mienne de ne pas ou plus embarquer dans ce « jeu » que je trouve déplaisant et qui plus est, totalement infructueux.

Je ne sais, vu les mets servis à ma table et les joyeux convives qui s’y fréquentent, que répondre à la dernière question: « A quoi mène l’isolement dans le réseau? » .

C’est une question qui me semble relever davantage, pour certains twittos qui se sentent « persécutés », de l’introspection. Pour ma part, je continue à à croître et à m’enrichir des échanges et opinions multiples, parfois –souvent- contradictoires qui fleurissent sur ma TL.  Elle a le charme d’un jardin anglais : un brin fantasque, un brin désordonné, mais plein de surprises. Qu’il se trouve des épines sur les rosiers par ailleurs florissants n’est en soi pas bien grave. Une écharde, une blessure, une goutte de sang font partie des risques pour qui jardine avec cœur, et sans gants. Mais que des ronciers stériles viennent étouffer certaines de mes plus jolies fleurs, et des plus appréciées, je trouve cela déplaisant.

À bon entendeur…

Ps: de fait, j’ai, en un an et demie de pratique twittérienne, défollowé moins de 5 personnes.

(1) À ce propos, l’éthique impose de citer ses sources. C’est une bonne ccasion de rendre le bien pour le mal et donc augmenter la fréquentation d’un blog qui compte 4 lecteurs abonnés. voir l’avant dernier billet de: http://martinfitcke.posterous.com/.

le dernier est consacré à une enquête au bénéfice du KGB, de la Stasi ou de la CIA, on ne sait pas au juste mais Le Grand Inquisiteur vous écoute. PRALEZ!

(2) l’expression « trollémiste » est empruntée à @Phineas_Barnum