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28/04/2010

L'empire des Lumières (métaphore politique)

empires.jpgAu Royaume de Magritte, le Premier est comme d’hab’ Démissionnaire. Faut dire que dans ses récents intermèdes gouvernementaux, je ne l’ai guère trouvé gênant. Il était ailleurs. En Corée. En Serbie. En Macédoine. A New York. C’est que, vous connaissez l’adage, gouverner c’est prévoir: à tout le moins son podium, son estrade et son micro pour l’heure de gloire, la présidence tournante de l’Europe. Sortez smoking, paillettes et carrure d’homme d’État. Et puis là... patratras. Quel drame, quand on y songe. Quel gâchis. Que va devenir notre image? Tiens, mais au fait, les ectoplasmes ont une image, maintenant?

 


Au pays de Magritte, quand le gouvernement reposant sur une coalition tombe, il est des membres de celle-ci pour proposer sans rire qu’on refasse une majorité, avec les partis flanqués hier dans l’opposition. Quitte à sortir l’un ou l’autre du gouvernement, sans passer par les urnes. C’est vrai que les coalitions belges ne sont jamais issues des élections, mais du choix des présidents de partis. Elles ne sont jamais validées par l’électeur au cours d’un second tour, par exemple. Voit-on le citoyen s’en offusquer? Les veaux paissent une pâture de moins en moins grasse, mais il s’en faut de beaucoup que le troupeau ne s’émeuve. A y bien regarder, la formule proposée a pour seul tort d’avérer publiquement que la démocratie, on s’en tamponne. Ceci posé, pourquoi d’ailleurs revoter en 2010, 2011 ou 2014? Adaptons le système des élections-simulacres à un rythme décennal, avec une tournante de temps à autre. La Tournante. Vraiment, ce livre d’Élisa Brune m’a marquée. L’héroïne belge pourrait s’appeler Démocratie.

Au pays de Magritte, les responsables politiques se qualifient mutuellement d’irresponsables. Je trouve que, pour une fois, ils font preuve de lucidité. Regardez l’état de l’État que nous leur avons confié. Il y a près de 20 ans à présent, l’affaire Dutroux révélait des pans entiers de déliquescence du pouvoir; le politique, la main sur le coeur, s’engageait à des réformes “en profondeur”. Quatre cent quatre-vingt-huit groupes de travail et deux décennies plus tard, où en sommes-nous? Un peu plus loin. Enfin, je veux dire, un peu plus bas. De malade, l’État est moribond. Vite... les thanatopracteurs. Il faut sauver l’image. Encore.

Au pays de Magritte, Coqs et poules se prennent de bec dans le poulailler, au sujet de la lisière du tas de fumier. Caquetage et fiente font donc notre actualité politique. On a confié la solution de cet important problème à un chapon, présumé avoir le sens de l’État. Ha ha ha. Dites-moi, quelqu’un y a cru, vraiment? Ça en dit long sur le cerveau des gallinacés, cette conviction que tous les problèmes, y compris ceux de la fosse septique, se règlent avec des rustines...

Mince... suis en retard dis donc... faut que je file.

Allo Magritte? –dites, je trouve que franchement, votre truc, là, la maison noire sous le ciel bleu avec des réverbères, ça consomme. Le dernier qui sort pourrait fermer la lumière? Ah? C’est parce que ça s’appelle “L’Empire des Lumières”? –ce n’est pas une métaphore de nos politiques, j’espère? Parce que là, ce serait.... surréaliste, vraiment.

 

Commentaires

Notre "amie" jowelle fait fort dans LLB:
"défendre avant tout le sens de l'Etat et non les intérêts éphémères et particratiques de chacune des formations politiques"

J'ai failli tomber de ma chaise ...

Écrit par : Weylann | 28/04/2010

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