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12/02/2010

Verhofstadt parle au Monde

... Enfin, plus exactement, à la Tribune du Monde –je veux dire dans la rubrique: “opinion”.

Cela m’ennuie qu’un politique ait des opinions. Ou du moins qu’il les exprime, comme ça, comme un vulgaire citoyen lambda, tout en se revendiquant de ses titres, de son “statut”. Je m’imaginais qu’élu en tant que “représentant”, sa tâche était de la représenter, l’Opinion; non de nous faire part, et à nos voisins aussi, des siennes. J’ai dû louper quelque chose dans le processus d’individuation de la démocratie. L’avouerai-je de surcroît? L’avis de Verhosfstadt, je m’en bassinne allègrement. Autant que de celui de BHL, d’ailleurs. Les gens susceptibles de fonder mon opinion, ce sont des gens de conviction. Vous savez, cette chose rare, cette cohérence de l’être qui unit étroitement la parole et l’action.

Chaussant mes lorgnons et me penchant sur cette prose moralisatrice, exhortant la France à sortir des polémiques stériles sur l’identité nationale, je me suis dit que ce texte incongru devait avoir une teneur subliminale. Je vous propose donc une lecture régionale et communautaire. L'ex-premier, sans doute aucun, s’adresse à ses compatriotes.


Pour ses voisins, la France la Belgique a souvent été un modèle d'inspiration et d'admiration, par l'intensité et la portée universelle lilliputienne des débats intellectuels dont elle a le secret. Elle est source d'accablement pour ses amis qui la voient se perdre dans une polémique stérile sur l'identité nationale communautaire. L'opportunité politicienne de ce débat, sa conduite hésitante et ses finalités floues donnent en effet l'impression désastreuse que la France Belgique a peur d'elle-même. Il y a décidément quelque chose de pourri en République française Royaume de Belgique.

Le séminaire, s'est déroulé en catimini le 9 février, qui se tient sous l’égide de Jean-Luc Dehaene témoigne du piège dans lequel s'est enferré le gouvernement. D'abord son opportunité lui échappe : censé contrer le Front national régler un problème communautaire, le débat sur l'identité nationale BHV a au contraire remis les thématiques d'extrême droite nationalistes au premier plan. Ensuite, sa conduite a fait défaut : faute de consensus politique au sein même de la majorité présidentielle, ces discussions de sous-préfecture et le site dédié sont devenus un défouloir au remugle vichyste collaborationniste flamingant. Enfin, quelles sont les finalités de cette affaire ? Apprendre La Marseillaise Het Vlamse Leeuw à l'école ? L'absurde le dispute au grotesque.

Non pas qu'il faille avoir honte de son chant patriotique. Mais plutôt que de se lamenter sur le fait que les jeunes connaissent mieux les paroles d'un chanteur à la mode plutôt que celles de l'hymne national, les Français flamands devraient plutôt être fiers de savoir que La Marseillaise De Vlaamse Leeuw est connu. De Bruges à Gand, de Bruges à Gand, comme disait le grand Jacques. Et surtout à Furnes.

Cette crispation sur les symboles nationaux est le symptôme le plus patent du malaise national flamand transpirant à travers ce débat raté (et celui sur le wooncode, ou la nomination des bourgmestres, ou la protection des minorités). C'est un réflexe de peur incompréhensible quand on connaît le poids et l'influence de la France Flandre en Europe et dans le monde (sic). Tous les pays ont des problèmes d'immigration, les ex-pays coloniaux plus que les autres, mais nous savons bien que c'est moins l'islam le wallonisme qui pose problème que le manque de formation et le chômage.(…) Ce serait une insulte à l'avenir national si ce débat sur l'identité devait conduire à stigmatiser des couches de la population à cause des comportements individuels d'une minorité agissante non-travaillante, dont le cas relève de la police et de la justice des services de contrôle du Forem.

Lorsque la France Justine a remporté la Coupe du monde de football les finales des grands tournois de Tennis internationaux, je ne me souviens pas, bien au contraire, que les Français Flamands aient eu à se plaindre des capacités sportives que donnait à leur pays région sa diversité ethnique et culturelle. C'est de cette France-là Flandre-là que l'Europe a besoin, un pays ouvert et solidaire, qui s'est forgée une identité plurielle et universelle (sic). Deux concepts si bien mis en lumière par Amartya Sen et Karl Popper, dont j'ai repris et développé la pensée en 2006 dans un manifeste politique intitulé "Plaidoyer pour une société ouverte". Pour moi, l'essentiel en effet n'est pas d'où l'on vient mais où l'on va.

Au moment où l'on célèbre le 50e anniversaire de la mort de Camus 80 anniversaire de Quick et Flupke , le 50e de Bob et Bobette il serait paradoxal que la France Flandre s'abandonne à une posture étrangère à celle qui a fait sa réputation multiséculaire. Il existe certes une autre France Flandre, Westlandienne, Bartdevwerienne, chauvine qui ne s'est pas illustrée au mieux lors des grands chocs nationalistes du XXe siècle. Mais de la France Flandre qu'on aime et dont on a besoin, on attend des idées, des projets, et non pas le repli identitaire d'une vieille nation frileuse, plus occupée à ressasser les échecs du passé qu'à préparer ses succès de demain. Le légitime respect dont jouit toujours la France Flandre hors de ses frontières est un gage de reconnaissance précieux et un point d'appui pour redonner confiance aux Français Flamands. Un peuple confiant trouvera sa place dans l'Europe et le monde. Et ses gouvernants seraient bien inspirés d'en prendre conscience.

 

Amen. Je suis sûre que Jean-Luc Dehaene tirera fruit de cette ardente prédication, dénonçant les risques identitaires au coeur d'une nation européenne. Quant aux Français, qu'ils pardonnent à ceux qui, s'en prenant à leur paille, sont aveuglés par une poutre. C'est aux Belges de la porter jusqu'au Calvaire.

Commentaires

Invité à débattre sur l’idée-édentée-nationale, j’esquisse un sourire navré.
Ma pensée s’élève.
Mon sentiment d’appartenance dessine des cercles bien plus vastes.
Que fait le no-moine pour s’envoler ?
Il contribue à débattre des ailes. Il donne son chant.


Je suis un maori des villes, je suis un tzigane du vent,
Un parigot né dans une île, une goutte dans l’océan,
J’ai glissé du grand toboggan entre les jambes d’une mère,
J’avais une idée en entrant, sur mon canoë de lumière.


J’avais comme dans l’idée…
De naître au Sri Lanka, de naître Afghan,
De venir du Sahara pour épouser Ménilmontant,
De naître au Golgotha, d’éclore au Pakistan,
De venir du Sahara, à pied pour épouser Ménilmontant


J’entends bien les cocoricos, les caquètements des drapeaux,
Mon visa du pays des aigles, il est bon pour les étourneaux,
Je suis un enfant des pastèques, élevé par un cèdre au Liban,
Le frère aîné d’un petit fennec, je suis un émigrant


J’avais comme dans l’idée…
De naître au Sri Lanka, de naître Afghan,
De venir du Sahara pour épouser Ménilmontant,
De naître au Golgotha, d’éclore au Pakistan,
De venir du Sahara, à pied pour épouser Ménilmontant


Age, prénom, nationalité, d’où venez-vous, où voulez-vous aller ?
Avec votre sac de misère et vos deux grands yeux embués,
Je suis un corbeau sous la pluie, un chien errant qui cherche sa mère
Dans les territoires de l’oubli où les nomades n’ont plus d’air


J’avais comme dans l’idée…
De naître au Sri Lanka, de naître Afghan,
De venir du Sahara pour épouser Ménilmontant,
De naître au Golgotha, d’éclore au Pakistan,
De venir du Sahara, à pied pour épouser Ménilmontant


Je suis un maori des villes, aborigène du Poitou,
Mon drapeau est plus grand qu’une île, je crois bien qu’il recouvre tout
Même la peur, même la nuit, les doigts repliés sur l’enfer
D’un minuscule paradis qui n’absorbe pas la lumière


Qui n’a même pas l’idée…
De naître au Sri Lanka, de naître Afghan,
De venir du Sahara pour épouser Ménilmontant,
De naître au Golgotha, d’éclore au Pakistan,
De venir du Sahara, à pied pour épouser Ménilmontant


Chanson de Patrick Fischmann
http://www.theatre-du-vivant.fr/

Écrit par : M a n u | 12/02/2010

une découverte que ce beau texte. A débattre de concepts on oublie qu'ils n'épousent pas des gens...

Écrit par : pamina | 12/02/2010

je pense qu'on est en train de confondre deux choses : la fierté d'être soi et le mépris des autres. Or, contrairement à ce que pensent nos belles âmes politiquement correctes, ces deux opinions ne sont pas équivalentes.
Ce à quoi on assiste en Europe occidentale depuis, disons mai 68,c'est à un dégoût prononcé de nos élites pour ce qui fait notre culture et nos racines. A contrario, tout est bon pour mettre en avant les identités locales, sous-régionales, ou étrangères. Jean Dutourd que j'ai lu il y a belle lurette racontait avoir lu une caricature prenante dans un numéro de l'Aurore vers 1965.
Soit un cubain, barbu, tenue commando, casquette et cigare au lèvres : en légende valeureux patriote
un vietnamien, chapeau triangulaire,chemise à col mao, cartouchières en bandoulières : valeureux patriote
un algérien en djellabah et turban : valeureux patriote
un français en bérêt, la baguette sous le bras : vieux con, retardataire, conservateur et présumé facho.

C'est cela qui m'énerve et me pousse à dire qu'il faut un débat sur l'identité nationale,voire européenne. Cela ne veut pas dire que je réfute ni l'existence ni la qualité d'autres cultures, que je susi rétif au raï ou au djembé. Simplement je me dis que MES valeurs valent bien a priori celles des autres et que je n'ai pas à rougir de MES racines. Je veux bien qu'on laïcise l'état mais pas qu'on le déchristianise pour l'islamiser. Et j'estime par exemple que la burqua, l'excision, la polygamie ne sont pas compatibles avec MA vision des droits de l'homme et de la femme. Et si sur ce territoire, il se trouve que mon opinion soit partagée par le plus grand nombre, je demande, en toute démocratie qu'elle devienne norme.

Bon,je sais, je rêve, mais ca fait du bien de temps en temps.

Écrit par : hughes_capet | 12/02/2010

C'est un débat sur l'identité démocratique, qu'il nous faut, et parallèlement sur l'appartenance culturelle. On ne peut pas lutter contre la mondialisation version macdo, et imposer à nos clochers un minaret comme cousin.

Écrit par : pamina | 12/02/2010

un débat sur une communauté de valeurs. Il doit y avoir un terme philosophique allemand de 35 lettres au moins pour désigner ça.

Écrit par : hughes_capet | 12/02/2010

surement inventé par un neokantien; demandons à Botul?

Écrit par : pamina | 12/02/2010

du botulisme ? c'est vache, ça.

Écrit par : hughes_capet | 12/02/2010

C'est ce billet qui est vache et botulique... si vous aimez la Flandre comme vous le prétendez, souffrez moins de paralysie ou de crispation linguistique et dites par exemple "De Vlaamse Leeuw" !!

Écrit par : quidam | 12/02/2010

ik corrigeert graag lollllll

Écrit par : pamina | 12/02/2010

« Et le débat de fond ? » Guy Verhofstadt
Le Soir http://bit.ly/bKbB8a

Écrit par : M a n u | 12/02/2010

"Je serais curieux de voir la réaction de Guy Verhofstadt si un homme politique français de premier plan s’avisait, par exemple dans une tribune publiée par un quotidien francophone belge de qualité, à proclamer qu’il y a quelque chose de pourri dans les provinces de Flandre, avec des arguments autrement plus probants que ceux avancés par lui pour nous faire honte."

http://www.causeur.fr/ta-gueule-verhofstadt,3766

Écrit par : M a n u | 12/02/2010

@ hughes_capet
Permets-moi de partager tes rêves.
Je serai peut-être plus prolixe demain.

Écrit par : Sucre Gandhi | 12/02/2010

Ah ce bon Kroll !
http://mediatheque.lesoir.be/v/le_kroll/274fev1310.jpg.html

Écrit par : M a n u | 13/02/2010

@ manu....la voilou la réac...dure mais oh combien pertinente !!

Dans une tribune publiée dans Le Monde daté du 12 février et intitulée « Il y a quelque chose de pourri en République française », le président du groupe de l'Alliance des démocrates et des libéraux au Parlement européen, l’ancien Premier Ministre belge, Guy Verhofstadt, n’y est pas allé de main morte. Cet homme politique sans relief et ordinairement rodé à l’exercice de la LQR, la Lingua Quintae Respublica, cette langue qui selon Eric Hazan, efface chaque jour les résistances, les différences, les opinions et travaille à la domestication des esprits, ce personnage donc prend l’initiative d’émettre un avis sur le débat qui agite la France et déborde des ses frontières : la question de l’identité nationale.



Jusqu’ici me direz-vous, rien à y redire, tout le monde a le droit d’émettre un avis sur cette question sensible dans un grand quotidien.

Cependant, lorsqu’on lit les propos de cet ancien premier ministre, on reste pantois devant certains éléments de sa critique lorsqu’il évoque que « faute de consensus politique au sein même de la majorité présidentielle, ces discussions de sous-préfecture et le site dédié sont devenus un défouloir au remugle vichyste », et que « nous savons bien que c'est moins l'islam qui pose problème que le manque de formation et le chômage » ou encore lorsqu’il cite cette « autre France, maurrassienne, chauvine qui ne s'est pas illustrée au mieux lors des grands chocs nationalistes du XXe siècle . »

Cette tribune, qui a été répercutée dans le quotidien belge « La Libre Belgique » a donné lieu à des commentaires sur le site internet du journal. Et ces commentaires ne sont pas tendres pour Guy Verhofstadt, de nombreux lecteurs se demandant si sa tribune n’est pas tout simplement une réaction personnelle suite au veto émis à son encontre par le président Sarkozy lors du choix de la présidence européenne, alors que d’autres renvoient l’intéressé au balayage du seuil de sa porte communautaire belge, dont le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas « nickel chrome… »

Mais il y a pire hélas dans cette affaire, car si Guy Verhofstadt se permet de faire référence à la France de Vichy et à son passé maurassien dans ce débat sur l’identité nationale alors que son pays n’a toujours pas présenté ses excuses publiques officielles et solennelles pour la collaboration de l’Etat belge dans la déportation de 25.000 juifs belges, La Libre Belgique, elle, semble ne pas vouloir le faire savoir à ses lecteurs en omettant de manière curieuse mon commentaire dans son édition de ce 12 février, en dépit des explications peu convaincantes mais accompagnés d’excuses d’erreur humaine qui m’ont été fournies six jours après l’incident et ce suite à ma plainte et grâce à mon insistance.

Ce commentaire, que j’ai essayé de poster à trois reprises et qui devrait à présent être publié à l’heure où j’écris ces lignes, faisait en effet remarquer que l’évocation de Vichy et de Mauras était non seulement inexacte dans ce contexte mais aussi malvenue de la part d’un ex premier ministre qui pendant huit années n’a pas, tout comme ses prédécesseurs d’ailleurs, eu le courage d’un Jacques Chirac, lorsqu’en 1995 au cinquante troisième anniversaire de la rafle du Vel'd'Hiv', le Président Chirac dénonce enfin dans la responsabilité de Vichy celle de l’État français.

La question reste donc pendante aujourd’hui en 2010. Aucun gouvernement, aucun premier ministre en exercice, aucune autorité représentant l’état belge ni même la monarchie, que la constitution frappe de mutisme, ne s’est livrée à cet geste publique pourtant nécessaire et fondamental. Mais Guy Verhofstadt n’a aucun malaise ni aucune gêne à renvoyer le débat sur l’identité nationale française au passé de Vichy et à la France de Mauras, alors que depuis sa Flandre natale entre 1942 et 1944, 24.916 Juifs et 351 Tsiganes ont été déportés vers Auschwitz dans des convois de la Société Nationale de Chemins de Fers Belges avec la collaboration active de la police et de l’administration belge.

Alors oui, il y a vraiment quelque chose de pourri au royaume de Belgique et l’omission, probablement involontaire de mon commentaire, m’oblige à mettre en relation cette dernière avec le climat malsain qui règne dans ce pays depuis des années à l’égard des questions que posent l’Islam et une partie de la communauté musulmane en Belgique d’une part et un antisémitisme qui se cachent mal derrière le paravent de l’antisionisme, d’autre part.

Cet antisémitisme qu’il faudrait plutôt appeler un antijuivisme exacerbé s’est trop souvent manifesté dans la presse et notamment dans La Libre Belgique (mais aussi dans Le Soir), ce qui alimente à juste titre le doute et la méfiance lorsque l’on est comme je l’ai été, confronté à un incident de ce genre. Je rappelle ici aux lecteurs l'article paru le 8 septembre 2009 dans La Libre Belgique dans lequel le journaliste use de la formule “Le juif Elie Wiesel” quand il relate l'opposition du Prix Nobel de la Paix à la candidature de Farouk Hosni à la direction de l'Unesco, un personnage qui ne cache pas son antisémitisme. On peut difficilement expliquer ce phrasé autrement que par l’expression d’un antisémitisme primaire, le doute ici n’étant malheureusement plus permis. Que penserait en effet, un lecteur arabo musulman en lisant dans le même journal « l’arabe Tariq Ramadan, ou « le musulman Farouk Hosni » ? Laisserait-on passer de telles expressions dans ces mêmes journaux, je me permets d’en douter.

J’ai depuis quelques années, publié ici et ailleurs, quelques articles dénonçant ces dérives antisémites, les manquements, les dérapages, des uns et des autres (l’affaire de Nivelles et la mise en scène de la Naqba), dans un pays qui se soumet de manière inéluctable à ce que l’on nomme les « accommodements raisonnables », cette pratique revendiquée par des frères musulmans qui privilégie une gestion de type communautariste des revendications religieuses en général, et musulmanes en particulier et qui consiste à négocier, de façon quasi systématique, un assouplissement de la règle ou de la loi afin de rencontrer les exigences d'un individu ou d'un groupe minoritaire (le port du voile par exemple). Ainsi, à l’instar d’un Besançenot en France, en Belgique aussi, les partis de gauches et d’autres plus centristes (mais y a-t-il une gauche et une droite dans ce pays ?) présentent leur candidate voilée.

C’est le cas du parti Ecolo, seul parti politique belge à prôner ouvertement l’introduction des « accommodements raisonnables » dans le droit belge, et qui vient de choisir une musulmane radicale voilée, proche de Tariq Ramadan, pour les représenter au Centre pour l’Egalité des Chances et la Lutte contre le Racisme, suivant l’exemple du CDH (Centre Démocrate Humaniste, ancien démocrates chrétiens), qui déjà l’année passée présentait sa candidate couverte d’un hijab au parlement bruxellois, au nom de la liberté d’expression et de culte. Mais la compromission avec l’Islam radical ne s’arrête pas là. Voilà qu’aujourd’hui, la ligue des Droits de l’homme belge vole au secours de….Dieudonné. Ce dernier, invité dans la commune bruxelloise de Saint Josse, s’était vu interdit de spectacle par les autorités locales en mars 2009. Dans son bilan pour l’année 2009, la Ligue des droits de l’Homme considère en effet qu'«il nous revient de rester attentif à préserver l'espace nécessaire à la liberté d'expression». On reste interpellé et stupéfait par le « souci » de la Ligue de garantir la liberté d'expression d'un «humoriste» condamné à trois reprises déjà par les tribunaux français pour propos antisémites, et dont la récente dénonciation du «puissant lobby de youpins sionistes» fait en ce moment l’objet d’une instruction judiciaire.

Mais qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse, la liste des compromissions ne cesse de s’allonger comme celle des institutions censées combattre le racisme, la xénophobie et l’antisémitisme, et qui sont devenues l’avant poste de l’antisémitisme et de l’Islam radical, tel le MRAX, qui selon certains observateurs serait devenu le jouet de l’Islam radical. Il est vrai que lorsque l’on entend certaines déclarations d’un de leur militant, justifiant et légitimant les attentats du 11 septembre 2001 et ceux commis par les « activistes » palestiniens, on est en droit de se poser certaines questions très légitimes. Et que dire de l’omission volontaire de la Radio Télévision Belge, la RTBF, des mots « juif » « Shoa » « génocide » et « holocauste » lorsqu’elle relate les commémorations du 65ème anniversaire de la libération du camp d'extermination ?

Que penser des propos tenus par la députée socialiste Anne Marie Mouzon, qui, en marge du débat du 27 octobre 2009 consacré au livre “Lettre aux progressistes qui flirtent avec l’islam réac” coécrit par Claude Demelenne et Alain Destexhe, déclare que “(...) il y a un judaïsme extrême qui autorise cette forme de colonialisme qu'on appelle le sionisme (...), argument utilisés par les idiots utiles de toutes les gauches mais aussi de certaines droites pour délégitimer la présence d’un foyer national juif en Terre Sainte et donner ainsi du grain à moudre au régime des mollahs et à leurs adorateurs et complices ?

Que penser aussi du scandaleux carnaval d’Alost en 2009, où l’on a pu assister à un véritable défilé de caricatures antisémites que ne renieraient pas les propagandistes du troisième Reich, que penser également des déclarations scandaleuses de Bert Anciaux, Ministre socialiste flamand de la Culture qui compare la tragédie de Termonde au cours de laquelle trois enfants ont été massacrés et les “centaines d'enfants morts dans la bande de Gaza, tués volontairement par un agresseur qui, lui, n'a pas été puni” ?

Comprenne qui pourra.

Mais voilà, nous sommes en Belgique, un pays pas comme les autres dans lequel, si l’on regarde l’histoire de ces 30 dernières années, tout est possible.

Des tueurs du Brabant, affaire jamais élucidé, aux affaires d’Etat gravissimes dont les protagonistes restent finalement toujours en place ou reviennent après quelques années aux commandes, en passant par l’affaire Dutroux qui n’a pas tout livré et dont les responsables n’ont jamais été sanctionnés, certains même ayant été promus au sein de l’ex gendarmerie, tout peut se produire, sans que rien ne se passe, sans que rien ne change, sans que personne ne soit ni responsable ni coupable, encore moins sanctionné.

Il s’agit là d’une singularité au sein de l’Europe du Nord, car en réalité, la Belgique est un mouchoir de poche géré par une particratie généralisée et un pouvoir local aux mains de baronnies héréditaires, un minuscule état qui ne subsiste que par la volonté de quelques uns et qui ne possède pas de contre pouvoir, de réel quatrième pouvoir. Contrairement à la France, cette République dont Monsieur Verhofstadt se permet de dire qu’elle contient quelque chose de pourri, mais qui autorise bien plus qu’au Royaume Belge la libre expression et la critique, la monarchie parlementaire belge est un régime qui pratique la LQR, la Linguae Quintae Royale, une langue qui ne dit jamais grand chose, ou peu de chose, soporifique, ennuyeuse, et surtout toujours très politiquement correcte. Il en va ainsi de sa presse, profondément inintéressante et complètement soumise aux pouvoirs des partis politiques qui la contrôle complètement.

La Belgique est le pays de la Loi du silence, un silence bien entretenu par le pouvoir et les autorités, un silence dont certains ont payé le prix fort, parfois de leur vie, pour l’avoir brisé.



Ce silence qu’il convient d’observer lorsque des citoyens irrités et excédés se manifestent dans les forums pour exprimer leur raz le bol face à l’insécurité dont on nous assure qu’elle ne relève que d’un « sentiment ».

Ce silence de la presse et des autorités lorsque l’un des leurs dérape gravement dans une discursivité anti israélienne et antisémite hystérique

Ce silence lorsqu’une catastrophe se produit sans que l’on ne sache jamais qui en est le ou les responsables, l’incompétence étant le meilleur coupable, anonyme.

Ce silence encore lorsqu’il est interdit à quiconque d’évoquer l’origine d’une délinquance et d’une criminalité pourtant bien connue et avérée, sous peine de se faire traité d’islamophobe.

Ce même silence enfin sur la responsabilité de l’Etat belge dans la collaboration de la déportation des juifs de Belgique.

http://www.guysen.com/article_Quelque-chose-de-pourri-au-royaume-de-la-libre-Belgique_12005.html

Écrit par : jacques legrand | 18/02/2010

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