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11/02/2010

Ce qui me gonfle: les baudruches

J’en ai avalé mon cappucino de travers, hier: voici que La Libre Belgique se targuait d’inviter un redac’ en chef hors pair, en la personne du philosophe Bernard-Henri Lévy. Depuis son épiphanie en 1977 aux côtés de Bernard Pivot, le dandy et fringant époux d’Arielle Dombasle occupe la scène médiatico-philosophico-people en commettant régulièrement des ouvrages “engagés”. Quelques intellectuels ont eu beau souligner les imprécisions, les erreurs, les inepties d’une plume habituée au tire-d’aile et au survol des platitudes, BHL demeure le chouchou des médias. Si les français ont, au fil du temps, pris un ton un brin caustique, il semble que leurs confrères étrangers continuent à se pâmer devant ce brillant esprit. Etre cité par Vanity fair, quand même, ça vous pose. Comme devant un miroir, une cam’, le regard de ces dames.


Faisant fi des a priori regrettables qu’évoquent chez moi la chemise entrouverte à l’Antonio Banderas et le brushing pseudo libertaire (la testostérone des neurones me laisse relativement insensible) je me suis penchée sur l’interview “à la Une” de notre Libre Belgique nationale. J’y ai cherché une idée. Vous savez, cette chose qui ressort d’une pensée. Une idée. Ce truc qui vous interpelle, dérange, voire irrite ou exaspère, ce qui met en cause vos certitudes, titille vos convictions, suscite peut-être votre adhésion. Une idée. Cette invitation à quitter les sentiers battus, pour regarder le monde autrement. Car la philosophie, c’est d’abord cela: la provocation à penser.

Pour ne point me faire qualifier d’obscure grenouille crachant sur la splendeur des étoiles, je donnerai l’exemple de Comte-Sponville. Ce brillant académique squatte moins les ondes et le petit écran que son collègue précité. Pourtant, quand on lui en fait les honneurs, il s’énonce sans fard et sans effet de manche. Son Dictionnaire de la philosophie est un régal d’anti-conformisme, et l’opuscule Le bonheur désespérément, un ouvrage au sens propre fondamental. Il y a dans tous ses écrits et interventions une “densité humaine” qui n’a décidément rien à voir avec l’omniprésence de l’image, ou plutôt celle des ombres qui peuplent notre caverne (hommage incident à Platon).

BHL, dont des occupations pressantes –d’autres interviews sous d’autres cieux- l’ont empêché de rédiger l’éditorial promis, a néanmoins pris le temps de chatter. Et de défendre aussi son regrettable "lapsus botulien", par une pirouette déshonorante: en cirant les pompes d’un auteur dont la maîtrise en canular l’aurait dupé. Lamentable mensonge. Disons-le haut et fort: n’importe quel lecteur, même non avisé, se rend compte dès la première page de “La vie sexuelle de Kant”, qu’il s’agit d’un pastiche philosophique. Affirmer le contraire, c’est de la pure malhonnêteté intellectuelle; ou avouer ingénument que l’intelligence et la raison ne sont que des compagnes occasionnelles de ses “réflexions”?

Less words, more substance disait Shakespeare qui ne connaissait pas BHL, -mais sans doute aucun d’autres exemplaires du même acabit.

Je serai plus prosaïque. Voir le titre ;0)

Commentaires

Pamina,

Si vous me permettez, juste en passant comme ça : merci. Ce type me gonfle à un tel point que rien qu'à voir sa photo j'ai des ballonnements. Il est aussi philosophe que moi je suis curé. Mais il a son pendant à l'Université de Liège, notez : Edouard Delruelle. Même brushing étudié, même dandisme, et même absence totale d'un soupçon de commencement d'idée.

Écrit par : Zébulon | 11/02/2010

à vous aussi.... Merci ;0)

Écrit par : pamina | 11/02/2010

@ Zebulon

Pas d'accord pour comparer BHL à une personne qui enseigne la philo à l'université.
Que vous soyez en faveur de ses engagements citoyens ou pas, c'est un autre débat.
BHL n'est que posture, et son incompréhensible présence continue dans les médias ne fait que renforcer la méfiance que j'ai pour eux.

Écrit par : Jean-Louis | 11/02/2010

BHL est quand même le seul philosophe à trouver qu'Antigone se termine par la victoire de Créon.(c'est dans le Testament de Dieu).
Mais bon....
Quant à ses talents de reporter, voici le lien que m'a transmis un ami taquin :
http://www.rue89.com/2008/08/20/exclusif-choses-vues-dans-la-syldavie-en-guerre-par-bhl

En résumé je dirais que Levy est à la philosophie ce que Dombasle est à l'art dramatique.

Écrit par : hughes_capet | 11/02/2010

j'ai bien ri. Dans le genre, ceci n'est pas mal non plus: http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/il-faut-defendre-bhl-contre-la-69624

Écrit par : pamina | 12/02/2010

Les commentaires sont fermés.