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05/02/2010

Les harkis, Leonard et le sperme de Mahomet

La correction langagière doit habiller la bien-pensance: langues fourchues, gare à vous.

Voici que le secrétaire d’Etat français Dominique Bussereau a qualifié de “harkis” les co-listiers de Ségolène, sa rivale aux régionales. Pour rappel, les Harkis étaient des algériens combattant aux côtés de la France, lors de la guerre d’indépendance. Abandonnés à leur sort par de Gaulle, plus de 90.000 d’entre eux furent massacrés en représailles par le FLN. Sans doute Bussereau a-t-il voulu employer le terme “Harkis” plutôt que celui de mercenaires, car il poursuit: “des gens qui vont un peu dans cette affaire parce qu'ils n'ont pas d'autres moyens d'être élus ».


Tollé. Les Harkis algériens et martyrs se voient insultés, comme l’ont été leurs descendants par les propos de Georges Frêche, qui étaient quand même d’une autre teneur. Les réseaux sociaux et la blogosphère entrent en ébullition, on crie haro sur le baudet, Bussereau présente ses excuses. Insuffisant : l'association SOS Racisme réagit en se disant "consternée" par ces propos "inadmissibles".

"Il est plus que temps que Fillon ordonne à ses ministres de cesser de tenir des propos stigmatisants à l'endroit de telle ou telle partie de la population et tire les enseignements du débat sur l'identité nationale qui a libéré en France l'expression d'une parole raciste".

On croit rêver. Qu’y a-t-il là de « raciste » ? Si Bussereau avait lu Tintin et le capitaine Hadock, peut-être aurait-il employé Bachi-bouzouk, et se serait-il attiré les foudres de l’irascible premier ministre Tayyip Erdogan ? Il faut arrêter cette chasse au mot, chasse au lapsus, qui autorise à clouer au pilori l’adversaire, sans lui permettre d’énoncer une pensée, ou de la développer. Même si, en l’occurrence, il n’y avait guère à ajouter.

Autre exemple ? Le détournement de l’argumentaire de Mgr Leonard, rapport à l’anorexie et à l’homosexualité. La question se pose dans des termes quasi letermiens: les intervenants offusqués et partis tout de go en croisade ne veulent-ils ou ne peuvent-ils comprendre ? Clairement: sont-ils incapables ou malhonnêtes intellectuellement ? Je penche pour la seconde solution, car que le conseil de l’Europe se fende d’un document sur la criminalisation des migrants, tout le monde saisit le développement, et pointe déjà de possibles dérives langagières. Ne dites plus “illégaux”, c’est leur situation qui est illégale, pas eux. Et ne dites plus handicapé, malade, belge, wallons, liééééégeois... c’est vrai, quoi, avec toutes ces blagues qui courent, se faire accueillir à Paris ou Québec par un goguenard “tiens, voilà les Belges”, c’est discriminant, je trouve... Et se faire toiser de Flandre ou de Bruxelles, parce que votre région flirte avec les 20% de chômage ou que vous avez comme voisins 63.500 co-electeurs de Daerden... brrrrr j’en frémis.

Ne nous voilons pas la face en d'hypocrites pudeurs. La purge des mots est en passe de déboucher sur celle des sujets, et au delà, de la pensée. Démonstration? Un cran plus loin encore, et toujours dans la presse du matin: voici que le professeur émérite Georges Rifflet, chargé d’un briefing sur l’Islam à des troupes partant pour l’Afganistan, se voit incriminé pour avoir parlé façon “café du commerce” du sperme de Mahommet. Il est donc des sujets tabous? Et de preux chevaliers, tels le CdH georges Dallemagne, pour veiller à ce que l’Orient à nouveau ne s’embrase, pour une phrase jugée irrespectueuse? On croit rêver!

Trève d’humour. Je finis par trouver dangereuse cette stigmatisation des mots, qui dispense d’examiner les idées. Car enfin, à s’arrêter ainsi aux termes, à les monter en épingle, en les privant de leur contexte, n’est-ce pas façon d’esquiver le reste de la phrase? La huée est commode, elle braille que tu as tort, et te coupe la parole avant tout argument. Voilà qui tombe bien, en particulier si ma pensée est pétrie de lieux communs, et que j’ai oublié qu’une opinion se fonde, se pose, se débat, et s’enrichit de la dialectique. Les méandres sirupeux de la bien-pensance s’accommodent d’une langue de sucre : celle-ci n’a d’autre fin qu’engluer la libre-pensée, en la privant de ses instruments, les mots. Au nom de quoi ? De préjugés.

Et ceux-ci sont vôtres, et non miens.

Commentaires

Dans une société où la plupart des gens sont incapables de comprendre le signifié réel des mots, où l'étymologie et la sémantique ne sont pour ainsi dire plus enseignés car entrant en contradiction par excès de dirigisme avec les méthodes "modernes" d'enseignement par déduction, comment s'étonner que les gens s'arrêtent à ce genre de détails ?
Bien souvent on attaque l'autre pour les mots qu'il emploie parce que l'on a perdu la maîtrise de leur sens, comme quand le terme "contrée" utilisé pour dans l'expression "ces contrées lointaines" devient un terme médiéval, discriminant et marque de mépris pour ceux issus de la région ainsi désignée.
Pourquoi attaquer sur ces points ? Simplement par petitesse d'esprit, parce que le manque de maîtrise de la langue fait que l'on ne sait plus exprimer (voir même simplement former...) une pensée et que l'on se sent frustré et obligé de masquer leur vacuité par des attaques sur la surface.
Ce politiquement correct langagier que l'on impose n'est à mon sens pas tant une volonté de ne pas discuter de certains dossiers qu'une conséquence de la faillite de l'enseignement moderne débouchant sur une incapacité à en discuter. Une incapacité intellectuelle comme dirait un certain premier ministre, mais une incapacité qui ne concerne pas qu'une partie de notre pays...
D'ailleurs, combien de vos lecteurs auront compris votre propos, combien auront compris le sens de termes comme huée, dialectique, sirupeux, brailler, ... ?

Écrit par : Bryaxis | 05/02/2010

Triste constat. Véritablement triste.

Écrit par : pamina | 05/02/2010

Je préciserais tout de même, pour d'éventuels lecteurs vindicatifs, que je ne suis pas un vieux ronchon mais un jeune de 26 ans historien et informaticien ayant suivi deux parcours universitaires et travaillant sans avoir jamais connu le chômage grâce, notamment, à ma capacité de communication et à ma maîtrise des codes langagiers qui font fonctionner notre société depuis le 19ème siècle...

Écrit par : Bryaxis | 05/02/2010

Sans doute avez-vous "LTI - Lingua Tertii Imperii : Notizbuch eines Philologen" de Victor Klemperer ou comment la propagande nazie modifie la langue allemande pour soutenir l'idéologie nationale-socialiste.

« Quel fut le moyen de propagande le plus puissant de l'hitlérisme ? Étaient-ce les discours isolés de Hitler et de Goebbels, leurs déclarations à tel ou tel sujet, leurs propos haineux sur le judaïsme, sur le bolchevisme? Non, incontestablement, car beaucoup de choses demeuraient incomprises par la masse ou l'ennuyaient, du fait de leur éternelle répétition.[...] Non, l'effet le plus puissant ne fut pas produit par des discours isolés, ni par des articles ou des tracts, ni par des affiches ou des drapeaux, il ne fut obtenu par rien de ce qu'on était forcé d'enregistrer par la pensée ou la perception. Le nazisme s'insinua dans la chair et le sang du grand nombre à travers des expressions isolées, des tournures, des formes syntaxiques qui s'imposaient à des millions d'exemplaires et qui furent adoptées de façon mécanique et inconsciente. »

— Victor Klemperer, LTI, la langue du IIIe Reich, pp 39-40, Pocket Agora, 1996, Albin Michel.

Il me semble qu'on se rapproche de plus en plus de ce modèle...

Écrit par : Ø | 05/02/2010

Pas lu, mais la référence me donne envie de lire...
Mon propos n'est pas de justifier l'injustifiable (Frêche: vous êtes des sous-hommes), mais de dénoncer une bien-pensance qui trouve discrimination derrière les mots, car elle en préjuge. Musulman n'est pas plus discriminant que Catho, et roumain que français. La polémique sur le briefing afghan est du dernier ridicule, et le procès de Boussereau, malhonnête intellectuellement. nous rentrons dans l'ère du tabou et de la restriction mentale. Je m'y oppose catégoriquement. Et respectueusement.

Écrit par : pamina | 05/02/2010

moi j'ai lu. Un peu rebutant pour le non-germaniste mais fort intéressant.
Et puis il a 1984 et la canelangue ou novlangue d'Orwell.
Désolé je dois faire court, je serai plus disert tout à l'heure.

Écrit par : hughes_capet | 05/02/2010

Chez Pamina, l'accroche du titre de ses billets vaut de l'or. "Pamina toute nue", "Le kamasutra de Pamina" et maintenant "Le sperme de Mahomet". Si les deux premiers ne peuvent exciter que certains esprits lubriques, le dernier encourt une fatwa de mise à mort. Quand on parle de correction langagière et si on peut se permettre une comparaison visuelle, nous sommes proches des caricatures danoises. Une chance pour toi l'islam sunnite n'a pas de clergé. C'est donc Mgr Léonard qui est chargé de prononcer la sentence. Ce n'est pas nécessairement une bonne affaire pour toi.
Ceci dit, et plus sérieusement, je suis d'accord avec Bryaxis. Combien de personnes peuvent se targuer de comprendre certains mots ? Mais la linguistique est évolutive, elle n'est pas "la" science du langage ! Je relis le billet et j'ajoute à sa liste : représailles, stigmatisant, irascible, lapsus... je peux ainsi continuer longtemps. Est-ce dire que ton billet est incompréhensible ? Non, bien sûr !
Il fut un temps où je donnais des cours de "français langue étrangère". Nous avions une base de quelques centaines de mots nécessaires à une communication primaire. Lors des tests, tous mes étrangers y arrivaient. Je serais curieux de faire passer ce test à nos étudiants qui entrent dans le secondaire.Ça doit être édifiant !
Deux petites parenthèses pour terminer. Quand on évoque le mot "harki", je ne peux m'empêcher de penser à ces fameux accords d'Evian où ils sont désarmés et laissés aux mains du FLN. Vive la France. Je n'ai aucun smiley suffisant de dégoût pour l'écrire !
La deuxième parenthèse relève d'un commentaire de hughes_capet sur le billet précédent qui disait : "Si je devais comparer notre époque à une autre, ce serait à la Rome de la charnière entre le II et le Ier siècle avant Jésus-Christ". Mon épouse et moi avons voulu voir pourquoi il disait cela et avons passé deux heures de lecture à comprendre ce qu'était Rome à l'époque. Gardez un esprit de curiosité, cela manque à beaucoup de jeunes !
Pamina, au fond, je viens enfin de vraiment comprendre la bien-pensance, c'est de l'hypocrisie !

Écrit par : Sucre Gandhi | 05/02/2010

le sens des mots évolue, parce qu'une langue c'est un peu comme un organisme vivant. Elle naît se développe, fait des emprunts à d'autres , se nourrit, cède, échange et puis disparaît.Sinon, nous parlerions encore tous latin. Quand dans sa chanson de geste Roland dit qu'il se sent "à mort navré", cela ne signifie pas qu'il est très triste mais qu'il est blessé à mort.
Et la valeur sentimentale des mots change elle aussi. J'ai côtoyé un certain nombre de poitiques dans ma vie et également des gens qui travaillent avec eux et pour eux. Récemment, je me fais aborder par un jeunet tout juste sorti de l'école et qui se présente comme le factotum d'une parlementaire : "en tant que collaborateur de MMe XY" me dit-il. Je regarde sa carte de visite "collaborateur". Jamais au grand jamais quelqu'un de ma génération ne se targuerait de ce titre. Kollabo c'est encore pire qu'harki. Et pourtant ce terme est démonétisé aujourd'hui.

Écrit par : hughes_capet | 05/02/2010

@sucregandhi. oupsss, ai-je l'irascibilité facile, venant de toi, ou bien tes mots se prêtent-ils, définitivement, à une perception offensante? Je m'interroge. Pour ce qui est du "sperme de Mahomet", je suppose que tu as remarqué que l'expression est directement empruntée à l'article de LLB? Et pour ne rien te cacher, j'ai laissé le titre en attente pendant plus d'une heure, craintive des réactions. Et c'est en méditant cette appréhension -que nul n'éprouverait par exemple en parlant des nichons de Khali, n'est-ce pas- que je me suis décidée à le conserver. Car mon malaise est signe que la prohibition des mots, et derrière ceux-ci de la libre-pensée, commence à avoir une portée concrète.
Je sais que mes billets sont parfois difficiles ou par la forme, ou par le contenu. Je les espère assez "séduisants" pour donner l'envie de faire l'effort de les comprendre, d'embrayer dans le jeu de la langue et de l'esprit. C'est ma façon et ma manière, celle qui, parfois, connaît des réussites pédagogiques -la lettre de mon étudiante, publiée ici, en fait foi. Celle qui parfois se fracasse devant une réalité à peine envisageable, celle d'étudiants illettrés abordant le supérieur totalement démunis. "Aristot a pu connettre baucou de chause de son Mettre Platont" -veux-tu voir un scan de la copie? car j'imagine que l'on ne me croira pas.
La langue est belle, les mots sont beaux. Je ne "racolerai" pas autant avec ceux que j'emploie, qu'en parlant de fessess ou de ménopause, c'est vrai. Quoique le billet sur Leonard ou sur Bentham -de la pure philo- ont fait plus de lecteurs que "Pamina toute nue", je le précise. Et qu'au fil du temps, les lecteurs n'ont cessé de s'étoffer, lisant, et c'est bon signe, plusieurs pages par visiteur.
Bloguer est un plaisir, écrire, une soupape de sécurité. Une façon plus soft d'imploser l'hypocrisie, que l'emploi du bazouka. Ou de la kalachnikov décidément plus à la mode. Plus ma colère est grande, plus mes mots sont choisis. C'est ma seule façon de rester "non-violente". Etant tout à fait consciente que je suis loin encore de l'idéal du Mahatma...

Il est une chose qui me peine: c'est qu'un beau mot vous range d'emblée parmi l'élite, donc forcément des penseurs et acteurs de droite. Ce que je récuse totalement. Je suis et libérale, et démocrate. Ce qui veut dire humaniste de gauche, mais croyant profondément en la liberté et capacité humaine. A la façon de John Ruskin, par exemple. -Ruskin, cette vieille baderne, qui fut le maître à penser de Gandhi -encore lui ;0)

Bien sûr, la bien-pensance, c'est de l'hypocrisie. L'inertie intellectuelle la sert, la curiosité la "dégoupille".

Écrit par : pamina | 06/02/2010

Pamina, il y a tant de choses (j'ose à peine écrire ce mot ici ;-) à dire suite à votre billet et aux commentaires des lecteurs. En vous lisant tous, je savoure, je jubile, je soupire aussi... La langue est bien une arme, une grenade ou une kalachnikov. Mais de moins en moins de personnes peuvent s'en servir. Alors, quand une "personnalité" sort UN mot qu'on n'a jamais entendu, alors, on se souvient qu'il existe un dictionnaire et on se focalise en effet sur ce mot qui fait oublier tout le reste de l'argument.
Moi aussi je repense à 1984 d'Orwell. Je pense aussi à mes élèves qui ne savent pas donner leur avis mais qui abusent de SMS qui raccourcissent la langue... et leur pensée!
J'aurais aimé écrire aussi bien que vous et trouver les mots à mettre sur les maux de notre société. Une autre fois peut-être. Au détour d'un autre excellent billet.

P.S. je pense qu'aucun commentateur n'avait été offensé par vos propos. Mais ceux-ci éveillent en nous de fortes réactions, je crois...

Écrit par : Poisson_Dory | 06/02/2010

Je pense que nombre de professeurs sont inquiets de cette perte de la langue qui est telle qu'elle entrave la réflexion; j'écoutais une prof de sciences du supérieur, expliquant que les 3/4 des échecs sont dû à une incompréhension de la question, elle-même dûe à une méconnaissance du français courant -je dirais même élémentaire. Dans les copies que j'ai corrigées ce mois dernier, un tiers des étudiants n'a pas compris le mot "postérité" -l'an dernier, c'était "médiéval". Je parle d'étudiant de première et deuxième bac... et bien sûr, les mots, je les explique au cours. A ceux qui daignent les suivre, évidemment.
Allons plus loin que la restitution d'un cours, la vie ne tient pas après tout à la connaissance d'Hegel ou de Platon. mais comment des adultes si démunis de leur langue exprimeront-ils leur vécu, leur sentiment, leurs attentes, leur désappointement à leur conjoint? Combien de portes claquées pour une incapacité de formuler un désarroi, une colère?

Écrit par : pamina | 06/02/2010

Vous connaissez Miguel de Unamuno ? celui qui a rivé le clou aux franquistes qui envahissaient l'université de Salamanque au cri de "viva la muert" en tenant tête au reître Milan Astray (vous vaincrez mais vous ne convaincrez pas).
Il est l'auteur d'une des plus belles maximes qui soient : "ma langue c'est le sang de mon esprit".
voilà pourquoi, "ils" essayent de nous en priver.

PS (si j'ose écrire): venez donc à droite avec moi, Pamina. L'air y est plus pur. Pas parce que nous sommes meilleurs mais tellement moins nombreux.

Écrit par : hughes_capet | 06/02/2010

de droite, de gauche, quel sens cela a-t-il encore? Je suis pour la liberté, et pour une égalité des chances qui garantisse les conditions d'exercice de celle-ci. L'égalité des chances n'est rien sans insuffler le goût de l'effort, l'amour du dépassement. Je suis non pour la compétition, mais pour l'émulation; je suis pour l'exigence de l'excellence, non conçue comme critère d'exclusion, mais étoile à l'horizon, et qui fait marcher, en dépit des cloches aux pieds.

Et franchement je ne vois rien dans le paysage politique qui ressemble à cela. J'aimerai croire à la politique. Obama me fait encore rêver.

C'est Nietszche non, qui disait: montez plus haut, l'air y est plus pur? J'ai arrêté de le lire à 15 ans, il me séduisait, donc je le devinait dangereux.

Écrit par : pamina | 06/02/2010

Nicolas Boileau nous disait : "Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement". Je vous passe la suite. Oui, mais ! Si on oublie nos petits étudiants en incapacité de comprendre le sens premier d'un mot, la réception d'un message est sujette à pas mal d'interférences. La connotation ! Dans le sens singulier que prend un mot en plus de son sens ordinaire, particulièrement quand il accroche une résonance affective. Et voilà pourquoi beaucoup de portes claquent ! Le malentendu, la méprise au niveau de la perception.
Peut-être ai-je mal écrit les choses quand j'ai dit : "l'accroche des titres des billets de Pamina, ça vaut de l'or". Mais Bon Dieu, ce n'était que du positif de la part de l'émetteur du message ! Tout bon blogueur se doit d'intéresser ses lecteurs. C'est quand même pour être lu que vous écrivez. Je suis scié d'une dérive potentielle de mes propos !
Peut-être ai-je aussi mal écrit quand je compare la correction langagière et les caricatures de Mahomet au Danemark. Cette fatwa m'a touché au plus profond de mes tripes d'humaniste occidental. Et tu le prends mal ! C'est vrai ce que tu dis à propos de la prohibition des mots. Je me disais, en voilà une qui ose casser les tabous. Dans un amalgame extraordinaire et que je déteste, je ne peux plus supporter les propos hypocrites du monde musulman. À quand les modérés dans les rues pour combattre le fondamentalisme ? Aie, ce coup-ci, j'ai le Marx sur le dos ! (Tu censures les commentaires comme dans "La Libre Belgique" ?)
Tout cela nous éloigne, je ne peux décidément pas tenir des propos sans faire des digressions épouvantables. Les tabous linguistiques ? J'ai biberonné avec "Fluide Glacial" et "Charlie Hebdo". "Umour" comme dit "Fluide".
Terminons en disant que ce blog élitiste n'accepte pas cette forme d'humour ;-) . Combien de smiley pour que le récepteur comprenne que l'émetteur est de son côté ?

Écrit par : Sucre Gandhi | 06/02/2010

Rompons-là, @sucregandhi, je fais mon mea culpa.
Je suis une grande complexée, à fleur de peau. Deux choses me font monter au creneau: le qualificatif d'intello, dont j'ai été généreusement gratifiée à la deuxième semaine d'existence de ce blog. Je ne suis pas intello. Pas du tout pas du tout. Je suis une jouissive pure et dure: et c'est parce que j'ai l'extase facile, celle des beaux mots et des belles pensées, que j'aime à les partager. Pas de masturbation intellectuelle donc. Il reste que je paranoïse un peu, et des fois je perçois le compliment comme une critique, un soupçon: va-t-on encore une fois me renvoyer l'image de la nécessairement élitiste-pedante-arrogante-m'a-tu-vu-snobinarde que j'exècre et abomine (et toc, encore deux mots peu courants, la démonstration est faite).
La seconde chose qui me fait monter au créneau (non, la deuxième, parce qu'il y en a des tas d'autres), c'est l'hypocrisie. L'hypocrisie, ça me saoûle; je trouve ça personnellement déshonorant, ça affecte mon être profond, c'est un défaut de cohérence ;0))) et j'ai du mal à la comprendre, pire encore, à la concevoir. C'est un véritable handicap social, je sais :0) -mais soupçonner qu'on me soupçonne d'hypocrisie, ça me rend réactive :0) -et je te relis, et je confesse, rien de tout cela n'apparaît dans tes mots. J'étais mal levée, mal lunée, j'avais ce matin là un petit bobo cicatriciel, et je t'ai mal lu. voilà. Bis répétita, mea culpa.

-mais je précise sur ta réponse à ma réponse que les commentaires ne sont pas censuré. Jamais. Et le jour où je serai tenue de le faire, je le dirai.

Écrit par : pamina | 07/02/2010

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