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12/01/2010

La fin du Bien commun

Non, je vous rassure d’emblée, ce titre percutant n’annonce pas la fermeture du blog. Ce serait, au vu de ses récentes statistiques –près de 43.000 pages lues rien qu’en décembre dernier! un pied de nez aux lecteurs et commentateurs fidèles. “Fin” est ici à entendre comme “but”, et le titre ne fait qu’annoncer la reprise de notre itinéraire philosophico-politique, dont les précédentes étapes, pour les nouveaux venus, restent accessibles dans la colonne de droite.

Rappelée à l’ordre dans de récents commentaires par Christian, je reprends donc mon bâton de pèlerine, histoire d’achever notre tour d’horizon: c’est un préalable incontournable avant l’invention du nôtre. Au programme de la semaine, Riccardo Petrella et Herman van Rompuy. Entre un des plus brillants tenant de l’altermondialisme et le premier président du conseil européen, il y a plus d’un élément de comparaison. Le point commun serait-il le personnalisme? La question me titille. Nous verrons cela ensemble...


Politologue et économiste italien, titulaire d'un doctorat en sciences politiques et sociales de l'université de Florence Riccardo Petrella a enseigné à l'Université Catholique de Louvain, dont il est à présent professeur émérite. Il s'inscrit dans une tradition qui fusionne le christianisme, le personnalisme et le solidarisme dans une pensée vigoureusement de gauche. Il a notamment fondé le groupe de Lisbonne, composé de membres universitaires, dirigeants d'entreprises, journalistes et responsables culturels, pour promouvoir les analyses critiques des formes actuelles de la mondialisation. Proche du groupe Attac, Petrella est aussi l’auteur d’un ouvrage qui nous concerne directement: Le Bien Commun – Eloge de la Solidarité, Labor, Bruxelles, 1996. Il est également le fondateur d’une Université du Bien commun, dont je connais trop peu pour en dire choses utiles.

Contre les idéologies libérales, garantes de la liberté mais fondées sur la compétitivité, Petrella défend une société solidaire où l’Etat travaille prioritairement à l’établissement d’une sécurité sociale, favorisant ainsi le bien être des l’ensemble des membres de la communauté. Son idéal est celui du Welfare, improprement traduit à mon sens par “Etat-Providence”. Cette locution évoque davantage la grace imméritée, le Win-for-Life, que le filet de sécurité envisage par Asa Briggs, dans « The welfare state in Historical Perspective », publié en 1969. Selon elle, un welfare state est un Etat au sein duquel le pouvoir organisé vise délibérément à modifier le jeu des forces du marché dans trois directions : premièrement en garantissant aux individus et aux familles un revenu minimal, quelle que soit la valeur de leur travail ou de leur patrimoine ; deuxièmement en réduisant l'insécurité en permettant aux individus et aux familles de faire face à certaines circonstances difficiles (comme la maladie, la vieillesse, le chômage) et troisièmement en s'assurant que tous les citoyens bénéficieront d'un certain nombre de services sociaux de qualité.

Petrella, ardent défenseur du Welfare insiste sur “l’inévitabilité d’être et de faire ensemble” à l’échelle universelle. Le Bien commun, représenté par l’existence de l’autre (il y a du Levinas là-dessous?) a pour objet la richesse commune définie comme

“l’ensemble des principes, des règles, des institutions et des moyens qui permettent de promouvoir et garantir l’existence de tous les membres d’une communauté humaine. Sur le plan immatériel l’un des éléments du bien commun est constitué par le triptyque reconnaissance-respect-tolérance dans les relations avec l’autre. Sur le plan materiel, le bien commun se structure autour du droit à l’accès juste pour tous à l’alimentation, au logement, à l’énergie, à l’éducation, à la santé, au transport, à l’information, à la démocratie et à l’expression artistique.”

Pour Petrella, le Bien commun n’a pas d’avenir national: il passe par un changement des mentalités au niveau mondial. D’où sa prise de position en faveur de la taxe Tobin, par exemple, ou encore le vibrant plaidoyer du Manifeste de l’Eau. Comment, en voyant l’emprise scandaleuse des multinationales sur les ressources et jusqu’au patrimoine génétique, ne pas le suivre et dénoncer ces dérives?

La pensée de Petrella m’a influencée, je l’avoue. Je partage nombre de ses analyses, sans sa radicalité néanmoins. La crise que nous connaissons ne démontre pas selon moi la perversité, mais la perversion du système libéral. Son apologie de l’’Etat du Welfare présente de son côté une faille d’importance: ce dernier repose sur un apport contributif, par conséquent c’est un modèle qui, faute d’articulation solide entre droits et devoirs, tend au suicide économique.

Et c’est là à mon sens le défi qu’a à affronter la société belge. La démagogisation d’un enseignement de moins en moins efficient en terme de formation, le consentement à une fatalité du non-emploi, l’allocation de chômage à vie, l’immigration incontrôlée (et l’insupportable exploitation de la misère qu’elle entraîne), les prépensions économiques, l’impéritie totale d’une caste particratique accrochée à ses privilèges minent le Welfare et font le jeu de la faillite terminale du modèle.

Celui-ci, je le répète, est un système contributif: les propos humanistes –honnêtes - sont permis, mais ne peuvent être déconnectés de cette plate réalité: quels devoirs remplira le réclamant de droits? En quoi, et comment participera-t-il de son côté à la société, au Bien commun? Si ce n’est maintenant, demain? Si ce n’est par la production de richesses matérielles, par quelle augmentation de TBB (taux de Bonheur Brut)? Car il est possible bien évidemment, et à mon sens souhaitable, de reviser cette jauge unique du PIB, qui quantifie de façon strictement économique la valeur sociétale. Mais il faut d’un autre côté se mettre en tête que le Welfare n’est pas qu’un guichet automatique: c’est une mutualisation des forces vives, au service d’un avenir. Il serait temps de sortir des slogans creux et de re-politiser le débat. Le Bien commun se construit en commun. Qui aura le courage politique d’oser le réaffirmer?

Commentaires

Je pense également que l'Etat a l'obligation de se réapproprier non seulement la gestion de certains services de base, mais également son rôle d'ordonnateur de la société qu'il a pour mission de gérer.

Écrit par : jo moreau | 12/01/2010

Que l'état aie un rôle d'ordonnateur ou de régulateur me parâit une évidence. Le tout est de voir de quelle ampleur nous voulons que soit la régulation. Nul ne contestera que l'état nous impose par le code de la route de circuler du côté droit de la chaussée. Mais faut-il limiter la vitesse ? ma liberté de rouler vite est elle soluble dans les statistiques de mortalité ? Pour moi, oui, mais je connais un tas de personnes qui estiment que non.

Ceci dit, l'état en théorie, la puissance publique sur le papier ce sont de belles choses. Mais la réalité c'est Daerden et consorts. D'où la question qui arrive à toute vitesse : vaut-il mieux confier des missions collectives à des privés motivés par le profit ou à des politiques motivés par ....on ne sait pas trop bien quoi.

J'avoue ne pas avoir de réponse tranchée à cette question, le fond de mon sentiment étant que les gens travaillent mieux quand ils sont motivés. Mais bon,je suis peu^t-être déformé.

Écrit par : hughes_capet | 12/01/2010

L'Etat régulateur, oui évidemment, mais "ordonnateur", au sens strict, non. Ce n'est pas à l'Etat d'organiser la société qui, selon moi, fait ça très bien toute seule, sous le contrôle de l'Etat pour le respect des règles de base qu'il détermine dans l'intérêt général. Je ne pense pas que l'Etat ait à "gérer la société", il doit simplement veiller à ce qu'elle développe de façon paisible et équitable, ce pourquoi il a entre les mains la puissance publique.
La question de Pamina est différente, me semble-t-il. Elle demande si chacun a un droit inconditionnel à ce que ses besoins essentiels soient satisfaits, comme semble l'affirmer Petrella.
C'est une question théorique intéressante. Philippe Van Parijs a ainsi préconisé le système de l'allocation universelle, idée reprise sans beaucoup de succès par le petit parti "Vivant"... aujourd'hui moribond.
Un tel sysytème ne peut fonctionner, me semble-t-il, que si suffisamment de richesses (de valeur) sont créées pour (a) satisfaire les besoins essentiels de tout le monde et (b) rémunérer ceux qui les créent de manière à les inciter à les produire. Sinon, il faut instituer les travaux forcés... :-)

Écrit par : charles | 12/01/2010

C'est là que vous allez me trouver détestable, Charles, mais je pense que, effectivement, les travaux d'utilité publique se justifient et sont même profondément dignes: ils instaurent une réciprocité entre des membres contributeurs à un Bien commun, où chacun devient partie prenante. Nul n'est assez "nul" pour n'avoir rien à donner. Nul n'est assez nul pour n'être amené qu'à recevoir.
Globalement je reste fidèle à la pensée de St-ex dans Citadelle: l'honneur d'être homme, c'est d'édifier quelque chose: rien n'est plus avilissant que le grain qu'on jette au poulailler. Seuls quelques coqs habitués au fumier persistent à cocoricoter...
On ne peut plus tolérer le déséquilibre actuel actifs/inactifs. Ceux qui le font, ceux qui l'aggravent -je pense à l'irresponsabilité en matière de gestion de l'immigration- font un travail de sape. Pour que le modèle subsiste, l'Etat a à inventer des solutions et justes, et équitables.
Je ne pense pas à un état régulateur, mais ordonnateur, oui. Chargé de proposer un ordre initial dans une société que l'individualisme rend entropique. Mais chargé aussi de veiller sur le rapport droits-devoirs. cela, c'est primordial.

Écrit par : pamina | 12/01/2010

Mais qu'est-ce que l'Etat ? Pour les uns, l'Etat c'est le peuple, pour d'autres, c'est une caractéristique émergente du peuple, pour d'autres encore c'est une structure qui se superpose au peuple. Suis-je un membre de l'Etat, un facteur de l'Etat ou un sujet de l'Etat ? On ne peut pas discuter du rôle de l'Etat tant qu'on ne sait pas précisément de quoi on parle.

Écrit par : Le Sanglier | 12/01/2010

Ce n'est pas parce que vous avez d'autres idées que les miennes que je vous jugerai "détestable", Pamina. C'est la diversité qui fait la richesse d'une société! Je manquerais d'ailleurs gravement à mes principes si je vous déniais le droit de penser autrement ou si seulement je vous jugeais détestable pour ça. Je suis philosophiquement libéral jusqu'au bout des ongles et si je me reconnais comme un animal social, je dénie formellement à la société le droit de décider pour moi ce que j'ai à faire. Je suis coopératif, mais sur base volontaire, le collectif a tendance à me révulser et quand l'Etat prétend devenir "ordonnateur", je lui dis: "bas les pattes", mêle-toi de tes oignons. Je suis radicalement contre les dimanches sans voiture, pas parce que je revendique le droit de polluer, mais parce que je dénie aux gouvernants celui de me dire que lorsqu'ils l'ont décidé, je dois aller faire du patin à roulettes dans les tunnels de la petite ceinture, comme tout le monde. Alors, ce jour-là, je sors de Bruxelles avec ma voiture, avant 9 heures, et j'y reviens après 19, quand on n'a plus besoin d'Ausweis pour y circuler à sa guise.
Je provoque un peu, là, c'est trop amusant...
Et pour l'immigration aussi, comme Stefan Zweig, j'ai la nostalgie du "monde d'hier", quand on pouvait franchir les frontières sans passeport; tout le monde devrait pouvoir s'établir où il l'entend, sans contraintes.
Enfin, voilà, cela nous promet de beaux débats!

Écrit par : charles | 12/01/2010

oups là on va repartir pour un tour de questions philosophiques. Perso, et pratiquement, je considererais l'Etat comme la puissance publique dont l'autorité émane du choix de l'électeur; ce qui impliquerait de fait de revoir le processus electoral et la main-mise des presidents de partis sur le système, qui est devenu non représentatif et non démocratique: nous ne choisissons plus des candidats, des représentants, et n'avons rien à dire non plus sur le choix des coalitions.
A l'Etat de garantir les conditions d'un vivre-ensemble, qui soient justes et équitables: mais pas égalitaires, car la vie ne l'est pas.

Écrit par : pamina | 12/01/2010

Oui, mais à liberté extrême, responsabilité totale; droit de rouler moto sans casque, mais obligation d'assumer alors, le jour où l'accident crée le handicap. Car revendiquer ma liberté, mais faire casquer (hem) le contribuable pour les conséquences de celle-ci, ça ne va plus, je trouve.
Disons que j'accepte de modérer ma liberté, quand elle m'offre une certaine sécurité en contre-partie. et j'accepte de la limiter aussi, si le Bien commun qu'on me présente me séduit assez . Mais je dois faire un gros gros effort humaniste et altruiste, parce que je suis plutôt nietzschéenne par nature lollllll.

Écrit par : pamina | 12/01/2010

D'un autre côté, je vois mal le politique se contenter d'être l'administrateur-délégué de l'Etat. L'administrateur administre, le politique rend des comptes à ses électeurs (en théorie) et pour se faire est supposé appliquer ou mettre en application son programme, base sur laquelle il a été élu.

Quand je lis Etat régulateur et non ordonnateur, je suis perplexe aussi, à partir de quand régule t-on et ou se situe la frontière de l'interventionnisme ?

Exemple : Contrôler 100 à 150 prix de produits de première nécessité (cf Di Rupo) Est-ce de la régulation ou de l'ordonnancement ? D'ailleurs sans trop digresser, Di Rupo propose du vent, il ne pourra jamais appliquer ce qu'il dit et en cela il ne fait que de la démagogie.

Sur un plan macro, quels sont encore les réels pouvoirs de l'Etat, confronté aux décisions Européenne, lorsque l'on sait que la grosse majorité des lois sont en réalités de simples transpositions nationales de ce qui a été décidé à l'Europe ?

Le libéralisme ? Belle théorie dont l'essence repose sur un principe simple (là je vais simplifier à l'extrême) : Le principe selon lequel la marée fait lever tous les bateaux, autrement dit la bonne fortune des uns garantira l'amélioration de la situation des autres. J'ai aussi un soucis avec ce concept, selon mon sentiment la croissance n'est pas élastique à l'infini, à un moment donné les équilibres ne peuvent que rompre, d'autant que cette fameuse marée, ne doit plus seulement faire lever le ruisseau voisin mais aussi le fleuve à des milliers de kilomètres.

Le communisme, comme tout le monde le sait, l'outil y devient public, en théorie sous contrôle de l'Etat mais en faveur du peuple, alors qu'en réalité, il ne s'agit dans la plupart des cas que d'un capitalisme d'Etat (ex :La Chine). Or nous ne pouvons plus raisonner en terme nationaux, ni -même européens ou occidentaux, la réalité tant politique, qu'économique ou sociale est mondialisée, comme le commerce.

Le plus beau résumé de la situation tient en un exemple que j'ai vécu fin décembre 2007 sur le plateau de Vrebos, lorsque j'ai interpellé certains de nos élus, à propos du gouvernement fédéral, de l'intérim post orange-bleue, un certain rudy Demotte me répondit à l'antenne que nous n'étions pas dans les Balkans, qu'ici ce n'était pas la guerre, ni Sarajevo. Tout était dit, ne nous plaignons pas, ici les Delhaize regorgent de nourriture, nos robinets débordent d'eau et nos pompes continuent à débiter des hectolitre de carburant.

Je ne suis probablement pas très clair, dans mon écrit vous y lirez certainement des tas de questions disctinctes qui en apparence n'ont rien à voir l'une avec l'autre, et pourtant...

La réalité c'est que nos Etats, tout comme nos ministres ou élus sont tout simplement devenus impuissants. Notre réalité dépend d'une dimension qui dépasse largement nos horizons de pouvoirs, de décisions.

Je vous donne un autre exemple d'impuissance, nos élus écolos promeuvent les économies d'énergie à tout va, avec comme crédo le réchauffement climatique comme épouvantail. l'EU décide d'imposer les ampoules à basse consommation.

Or l'europe impose une taxe Dumping de 50 % à l'importation de ces fameuses ampoules à basse consommation tout simplement parcequ'elle sont à 90% fabriquées en Chine (y compris pour les futurs éclairages à LED). Une grosse boite allemande à fait pression sur son gouvernement, pour que l'UE impose cette taxe, sous le prétexte de la concurrence, et désormais elle fait fabriquer en Chine par des ouvriers Chinois payés en bols de ris, des ampoules de sa marque sous licence européenne (indispensable pour avoir le label CE).

Des responsables écolos m'ont répondu : Ah ! c'est la faute à l'Europe....

Bref, vous l'aurez compris, on vous fait payer des ampoules en les surtaxant à +50% et elles sont fabriquées par des petits Chinois pendant que nos usines ferment... Si quelqu'un est capable de m'expliquer la logique, ca serait gentil...

On continue, ces ampoules sont chargées aux métaux lourds et extrêmement nocifs pour les nappes phréatiques, ou aboutissent-elles en fin de vie si ce n'est dans nos poubelles puis dans nos décharges ? Avez vous vu une seule campagne d'information comme pour les piles ? NON

Je n'ai cité qu'un exemple, mais au fond est-ce important ou symptomatique ? Si ce n'est de démontrer que finalement nous sommes entrés dans un monde de plus en plus incontrôlable...

Écrit par : olivier | 12/01/2010

On peut aussi parler de la fameuse crise, à l'heure ou les plus grosses banques américaines ne savent pas trop comment annoncer à l'opinion qu'elles vont distribuer des milliards de bonus à leurs employés et traders pour 2009 (on parle d'un goldman Sach qui va distribuer une moyenne de 600 000 $ par employé, de moyenne dis-je).

En Angleterre on a frappé fort, on taxe les bonus au maximum pour 2009 (payés en 2010), les banquiers ont tout simplement décidés de payer la taxe et de maintenir le niveau des bonus.

Alors, à votre avis, Jöelle, Didier, Elio et Jean-Michel, ils ont quoi à dire ? pas grand chose....

Écrit par : olivier | 12/01/2010

J'ajoute un dernier truc, dans la presse du jour Melchior Wathelet et Didier Reynders affirment, rassurants, que les recettes sur intérêts encaissés par l'Etat sont supérieures aux sommes engagées par l'Etat pour sauver le secteur bancaire.

Certes sur papier c'est magnifique, surtout si on omet de chiffrer les dommages collatéraux que l'économie et les citoyens encaissent suite à l'hérésie bancaire.

Une dette de l'Etat qui plonge dans le rouge de 20 milliards de plus rien que pour 2009..., cette note la qui va la payer ?

Écrit par : olivier | 12/01/2010

La manière dont vous parvenez à dévoyer la pensée de Petrella est saisissante. Je ne sais pas si c'est un travail d'orfèvre ou un degré de compréhension de sa pensée qui est proche du néant absolu.

Écrit par : Bidule | 12/01/2010

la nation, c'est un vouloir vivre en commun, c'est facile. Il a existé une nation allemande éparpillée entre les dizaines (centaines ?) d'états du Saint-Empire, l'Autriche, les cantons suisses, etc bien avant Bismarck.
L'état c'est une part des ressources affectée par les détenteurs du pouvoir à la gestion des intérêts généraux des personnes et de la zone sur laquelle ils exercent le pouvoir. Il y a eu par exemple au temps d'Henri II et de Richard Coeur de Lion un état Plantagenêt (Ecosse, Angleterre, une partie de l'Irlande, Normandie, Bretagne, Anjou, Guyenne et quelques confettis) mais jamais de nation plantagênet. Que s'effondre la dynastie et la structure étatique, non vivfiée par la nation s'amuit et meurt.
La Flandre est une nation en quête d'état (et qui va finir par l'acquérir),la Wallonie n'est rien et Bruxelles encore moins (ce n'est pas péjoratif, c'est un constat).

Écrit par : hughes_capet | 12/01/2010

@Bidule: ah oui? Je pense exposer fidèlement la pensée de Petrella. Ensuite, je marque ce qui PERSONNELLEMENT m'en distingue. Libre à vous de nommer cela un "dévoiement". Je n'ai même pas prétention que ce soit une interprétation: c'est une prise de distance, c'est tout.
Ma limite pétrelienne, je l'ai atteinte lorsque Riccardo a légitimé les voitures incendiées dans les banlieues. jamais, jamais au grand jamais je n'admettrai que telle violence serve de discours politique. Et si comme à Rosarno je la comprend (je parle de l'émeute première des immigrés exploités), jamais je ne lui accorderai de légitimité.
Il y a bien de l'humanisme et de la grandeur dans la pensée pétrellienne: dommage qu'il n'ait réussi à imprégner la gauche profitarienne qui nous gouverne. Dommage aussi qu'il n'existe plus d'alternative libérale sociale (parce que le Père Michel, c'est pas vraiment ça non plus, on s'entend?)

Écrit par : pamina | 13/01/2010

Selon moi, la dérive de Petrella est directement dérivée ses prémisses. Il est impossible d'envisager un bien commun universel sans d'un côté déresponsabiliser l'individu et sans créer pour chaque droit individuel à la subsistance une obligation équivalente dont on ne sait à qui elle doit s'appliquer. L'Etat est par nature incapable d'administrer un quelconque bien commun et rien ne justifie le monopole de l'autorité qu'il détient.

Je me revendique donc du libertarianisme, ce qui n'emêche que malgré ce désaccord théorique, je trouve la plupart des posts très pertinents et bien pensés ;-)

Écrit par : thegeekwhisperer | 17/01/2010

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