Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

30/12/2009

Tweet tweet tweet hourrah

Je vous l’ai annoncé avant hier, je me suis lancée sur twitter. Une journée d’écolage intensif, des cours accélérés de vocabulaire –j’hashtage sans probleme, je surveille les bots et envisage aussi d’écrire des billets weirth, j’use et j’abuse des techniques de pointe, comme de RT à la chaîne. Bon, un couac quand même: mes followers ont bénéficié des mots doux que j’envoyais à mon chéri, vu que dans TweetDeck j’ai zappé la colonne DM. Mais des bisous câlins, ça fait de mal à personne en particulier à cette période. Bilan positif, et l’occasion de vous dire un tout tout grand merci, les gars, pour l’accueil chaleureux et les recommandations. Y’avait une ou l’autre garce aussi. Lolllll @Kattebel non pas toi.

Puisque Le Soir glose dans son Edito sur les blogs et reseaux sociaux, qu’Olivier Baum dans On vote pour eux répond à Ph.Laloux, et que par ailleurs la page de Charles Bricman fait place à des débats sur la pertinence des forums, je vais me cantonner à une petite analyse perso-perso, à partir d’un cas unique, Môaaaaaaa, confirmant ainsi l’assertion vesperale: “2009 est l’année égotique”.


Wawwwwwww -ça c’est ma réaction première en voyant la grrrrrrrrande flèche bleue transperçant mes statistiques, le jour ou @sucregandhi a retwitté mon billet sur Benoît XVI et Brigitte Bardot. Re-wawwwww avant hier quand j’ai tweeté ma première url de billet sur Maystadt, Platon et les baudruches. Un gros quart de lecteurs en plus. Et des lecteurs de marque: ça, c’est l’atout d’un “bon” réseau.

C’est quoi un bon réseau? Des gens qui cliquent? Si on vit du revenu publicitaire, oui. Si on est un blogueur type Versac alias Meilcourt (j’adore), on s’en fout un peu. On préfère des gens qui lisent. Parce que quant ils lisent, ils ont envie de discuter, de continuer le débat, et ensemble, ils passent ainsi de l’échange d’idées à la fondation d’une opinion. Les blogs qui jouent le jeu restaurent ainsi une forme de dialectique. Aïe. Un grand mot. Chassez le philosophe il revient au galop... Je wikipède la définition, pour me faire pardonner

La dialectique désigne un mouvement de la pensée, qui se produit de manière discontinue, par l'opposition, la confrontation ou la multiplicité de ce qui est en mouvement, et qui permet d'atteindre un terme supérieur, comme une définition ou une vérité. (En clair, on cause ensemble et de l’échange naît une vue plus claire, mieux argumentée. On passe de l’idée brouillonne à l’opinion fondée).

La dialectique se distingue de la rhétorique, laquelle se rapporte plutôt aux formes du discours, à la façon dont on habille le raisonnement ou la parole pour le faire paraître convainquant. Voici où je veux en venir : la politique belge est devenue strictement rhétorique. Pas un seul débat lors de la dernière campagne, des slogans creux, soutenus pas des clips publicitaires. Comment voulez-vous qu’ils défendent des idées ? Ces gens n’ont plus de convictions, ils n’ont plus que des intérêts. Et la presse emboîte le pas, adopte le travers du bla-bla-orné : elle fait figure de simple relai, de mégaphone redondant. N’y a-t-il plus d’analystes ? de critiques ? de gens qui aient à la fois des neurones, de l’indépendance et une plume ? Bref, des journalistes ?

La presse, les medias, loupent le train du numérique parce qu’ils refusent la chance de s’ouvrir à la dialectique, au débat. Ils en ont peur (cfr discussion sur le blog de Ch.Bricman). L’internet prend le relai, mais ne réussira le challenge que si les réseaux ne se transforment pas en tribus, en clans fermés, voire obtus ; que si des esprits curieux et critiques vont butiner d’autres champs que les leurs. Ce qui demandera de dépasser l’enthousiasme enfantin que suscite l’emploi de toute nouvelle technologie. Assez de wawwww primaires, comme ceux que j’ai poussé voici quelques paragraphes.

Je reviens à Môa, Mon blog et Mes statistiques. La flèche bleue montre que grâce à Twitter, 25% d'internautes supplémentaires sont passés sur mon billet du jour. Le nombre de pages lues n’a pas, quant à lui, augmenté de façon aussi significative. D’ordinaire, je compte plus de lecteurs que de visiteurs (ce qui veut dire qu’un « passant » lit d’ordinaire de deux à dix fois plus de pages). Ce détail est frappant si je compare avec une autre flèche bleue, celle du billet relatif au Plagiat réalisé par nos « Californiantrippers », en mai dernier. Le buzz avait triplé et les visiteurs, et le nombre de pages lues de façon parfaitement synchrone.

A l’analyse, Tweeter génère du trafic, mais à vrai dire ce qui m’importe c’est : combien de ces passant d’un jour reviendront discuter ici, parce qu’ils auront pris goût à l’échange, à la discussion, à la dialectique, combien continueront le débat ailleurs, sous d’autres formes (j’ai suivi les tweets de @Chaos_Theory_Be @Phineas_Barnum sur l’identité nationale en 140 caractère, un vrai défi neuronal et digital! lolllll), -combien enfin vont s’enfermer dans une autre rhétorique (murs de facebook, sms, tweets façon je-vous-dis-que-je-fais-pipi) ?

Le  Bien commun ? C’est ça, je crois. La capacité de recréer sur internet un espace de débat –libre et ouvert- où l’échange nous permette de progresser vers un mieux vivre-ensemble. En ce sens, l'Internet est politique.

Commentaires

"Y’avait une ou l’autre garce aussi"

Des @noms ?

Écrit par : himself | 30/12/2009

L'avantage de Tweeter, ce n'est pas tant ces mini-dialogues de 140 caractères façon bulles de BD, mais aussi la possibilité d'entrer en contact avec pas mal de personnes. Exemple faire un follow sur un Didier Reynders, lui envoyer un tweet privé, soit sûre qu'il sera lu par ton interlocuteur.

C'est aussi un excellent moyen de se disperser quelques minutes, mais ses défauts sont ses qualités, peu d'espace disponible, limitation du dialogue à sa plus simple expression.

On aura aussi remarqué, ces politiques, bien présents avant le 07 juin 2009 et leur compte Twitter déserté depuis, ils reviendront habiter les lieux en 2011 je présume...

Ou encore les comptes que certains utilisent en pur produit de propagande , mes photos avec X, ma réunion avec Strophe, pas question d'interactivité mais bien de diffuser son agenda officiel. Bien que certains jouent le jeu et réagissent dès qu'un twit leur est adressé.

Twitter ne remplace rien, il propose un espace ludique et a aussi permis aux Iraniens d'exprimer au travers des frontières le drame humain qui se noue la bas.

;-)

Écrit par : olivier | 30/12/2009

"Le Net est un espace infini et nous n'aurons malheureusement jamais assez de temps pour y lire "les idées compliquées, subtiles, méritant de la place et du temps" qu'y diffusent au quotidien des milliers et des milliers de gens, anonymes ou pas."
retwitté de Guy Birenbaum

Écrit par : pamina | 30/12/2009

Les commentaires sont fermés.