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09/12/2009

C'est grave, Docteur?

Docteur, ça m'inquiète. J'ai de mauvaises lectures, je crois. Et j'y prends goût en plus.

Comment ne pas être stupéfait par la réaction que cette décision (rapport aux minarets suisses) a suscitée dans certains milieux médiatiques et politiques de notre propre pays ? Réactions excessives, parfois caricaturales, à l'égard du peuple suisse, dont la démocratie, plus ancienne que la nôtre, a ses règles et ses traditions, qui sont celles d'une démocratie directe où le peuple a l'habitude de prendre la parole et de décider par lui-même ? Derrière la violence de ces prises de position se cache en réalité une méfiance viscérale pour tout ce qui vient du peuple. La référence au peuple, c'est déjà, pour certains, le commencement du populisme. Mais c'est en devenant sourd aux cris du peuple, indifférent à ses difficultés, à ses sentiments, à ses aspirations, que l'on nourrit le populisme. Ce mépris du peuple, car c'est une forme de mépris, finit toujours mal.

Et en fait je suis globalement d’accord avec cette analyse (même si peu en phase avec le ton pontifiant de l’ensemble).


J’ai donc continué à lire :

Comprenons bien d'abord que ce qui s'est passé n'a rien à voir avec la liberté de culte ou la liberté de conscience. Nul, pas plus en Suisse qu'ailleurs, ne songe à remettre en cause ces libertés fondamentales. Les peuples d'Europe sont accueillants, sont tolérants, c'est dans leur nature et dans leur culture. Mais ils ne veulent pas que leur cadre de vie, leur mode de pensée et de relations sociales soient dénaturés. Et le sentiment de perdre son identité peut être une cause de profonde souffrance. La mondialisation contribue à aviver ce sentiment.

La mondialisation rend l'identité problématique parce que tout en elle concourt à l'ébranler, et elle en renforce en même temps le besoin parce que plus le monde est ouvert, plus la circulation et le brassage des idées, des hommes, des capitaux, des marchandises sont intenses, et plus on a besoin d'ancrage et de repères, plus on a besoin de sentir que l'on n'est pas seul au monde. Ce besoin d'appartenance, on peut y répondre par la tribu ou par la nation, par le communautarisme ou par la République.

A ceci aussi, j’adhère. Quoique n’étant pas française.

Le métissage c'est la volonté de vivre ensemble. Le communautarisme c'est le choix de vivre séparément. Mais le métissage ce n'est pas la négation des identités, c'est pour chacun, vis-à-vis de l'autre, la reconnaissance, la compréhension et le respect.

C'est de la part de celui qui accueille la reconnaissance de ce que l'autre peut lui apporter. C'est de la part de celui qui arrive le respect de ce qui était là avant lui. C'est de la part de celui qui accueille l'offre de partager son héritage, son histoire, sa civilisation, son art de vivre. C'est de la part de celui qui arrive la volonté de s'inscrire sans brutalité, comme naturellement, dans cette société qu'il va contribuer à transformer, dans cette histoire qu'il va désormais contribuer à écrire. La clé de cet enrichissement mutuel qu'est le métissage des idées, des pensées, des cultures, c'est une assimilation réussie.

Respecter ceux qui accueillent, c'est s'efforcer de ne pas les heurter, de ne pas les choquer, c'est en respecter les valeurs, les convictions, les lois, les traditions, et les faire – au moins en partie – siennes. C'est faire siennes l'égalité de l'homme et de la femme, la laïcité, la séparation du temporel et du spirituel.

Et enfin, je suis d’accord aussi avec la conclusion de cette tribune d’opinion:

Chrétien, juif ou musulman, homme de foi, quelle que soit sa foi, croyant, quelle que soit sa croyance, chacun doit savoir se garder de toute ostentation et de toute provocation et, conscient de la chance qu'il a de vivre sur une terre de liberté, doit pratiquer son culte avec l'humble discrétion qui témoigne non de la tiédeur de ses convictions mais du respect fraternel qu'il éprouve vis-à-vis de celui qui ne pense pas comme lui, avec lequel il veut vivre.

Docteur, est-ce grave ? Se découvrir Sarkoziste un matin de décembre, quant le cœur penche à gauche, qu’on se sait un pur produit de la culture humaniste et qu’on a de surcroît la main verte, ça fait un choc, quand même. Faudra-t-il prendre la mégalomanie, l’autocratisme, Jean-Jean, les yachts et la vulgarité du nouveau riche en prime pour conforter ce discours qui paraît simplement de bon sens ? Que ferons-nous par ailleurs chez nous, dans cette triste Belgique où nos Guignols sont multiples, mais récitent en chœur le même discours formaté, sans que la moindre modération de leurs ardeurs multiculturelles puisse échapper au reproche de populisme ou fascisme déguisé ?

Que pour des raisons électoralistes, des partis occultent des questions problématiques et urgentes, des questions foncièrement politiques, car elles touchent au vivre-ensemble, est proprement scandaleux. Ce qui l’est encore plus, c’est que le verrouillage du débat ne laisse comme alternative que de s'exprimer en votant pour des partis marginaux dont la question risque de devenir le fond de commerce unique. J’en prend pour exemple la nouvelle fermeture des commentaires sur le billet d’opinion, intelligent et mesuré, qu’a publié hier La Libre

Citoyennement, démocratiquement, je souhaite que mes « représentants » aient le courage de s’atteler à leur tâche, qui est politique avant d’être électorale. Est-ce possible en particratie ? J’en doute. L’omnipotence réaffirmée des Présidents, leur mise au pas d’éventuels éléments alternatifs, la veulerie des troupes alignées le doigt sur la couture du pantalon ne donnent guère d’espérance de changement. On prépare déjà 2011, et les quatre élections subséquentes qui s’échelonneront jusqu’en 2015. Gouverner ? Pas le temps, voyons. Il faut préparer les listes, guigner les portefeuilles, conforter les prébendes, les mandats d’administrateurs, les consultances, l’emprise sur les intercommunales…. Bref, « ETRE » au pouvoir. Sauf à quitter le navire comme des rats aux moment du naufrage. « Aux innocents les mains pleines », dit le proverbe. Aux coupables aussi, visiblement.

Quand donc dans ce pays prendra-t-on le temps et la peine de gouverner, donc de prévoir autre chose que des rustines, des emplâtres, des sparadraps sur un système qui, des examens du Sélor aux formations des dirigeants du Forem, des nominations particratiques aux divers C.A. au cumuls verticaux et horizontaux des parlementaires, des nominations de ministres d’Etat à celle des diplomates à Marseille, tend de plus en plus à l’usine à gaz : hier celui-ci était anesthésiant, aujourd’hui, il tend à devenir asphyxiant.

Voilà sans doute des propos poujadistes qui s'ajoutent aux opinions populistes. Et pourtant... Et pourtant si ces termes brandis  par l'a-pensée unique pour disqualifier tout questionnement, n'était en somme qu'un alibi commode: celui à laisser les choses en l'état? -en l'état, sans Etat. Libre champ en somme à cette  nouvelle féodalité où de Mons à Ans en passant par Molenbeek et Anvers, des Barons de tous types font la loi...

 

lien vers la tribune du Monde:

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/12/08/m-sarkozy-respecter-ceux-qui-arrivent-respecter-ceux-qui-accueillent_1277422_3232.html

Commentaires

Contrairement à vous, Pamina, je me reconnais de droite. J'ai envie de vous dire parceque l'air y est plus pur, vu qu'on s'y bouscule moins. Droite libérale, droite conservatrice, droite révolutionnaire, droite anarchiste, un peu de tout cela en fonction des moments, des situations, des interlocuteurs. Si Achille Chavée n'avait pas fait breveter l'expression, je me verrais bien en "vieux sioux refusant de marcher en file indienne".
Ceci dit, Sarko, derrière ses multiples défauts a quand même quelques qualités, dont celle du parler vrai.( à certains moments en tout cas). Quand, par exemple, quelques semaines avant le scrutin présidentiel, des jeunes boutent le feu à un autobus à Marseille et qu'un dame handicapée est gravement brûlée, faute d'avoir pu s'extraire du véhicule, Sarko fut le seul à qualifier les auteurs des faits comme il se doit : ce sont des crapules. Faire griller un handicapé ce n'est pas un signe de mal-être, d'inadaptation, un cri de révolte ou un acte politique. C'est une crapulerie. Point. Barre.
Je pense que la force du Petit Nicolas vient de cette capacité à dire les choses avec justesse et que les français lui en ont été reconnaissants.
Quant au peuple et au réferendum, il me revient cette phrase des dialogues entre de Gaulle et Malraux (dans les Chênes qu'on abat, je crois) : on ne va pas sur les bords du Rubicon pour y pêcher à la ligne. Si on dérange le peuple, il convient de suivre SA volonté.
Et cela c'est parfois très, très pénible.

Écrit par : hughes_capet | 09/12/2009

ce n'est pas pour défendre ou excuser Sarko (il est assez grand pour le faire seul) mais l'affaire de son fils parachuté à la tête de l'organe de gestion du quartier de la défense a provoqué en France une levée de boucliers ET Sarko a fait marche arrière.
En Belgique, de tels passe-droits sont tellement entrés dans les meours qu'ils ne provoquent plus guère qu'un haussement d'épaules et l'énoncé du banalissime "on a toujours fait comme ça".

Écrit par : hughes_capet | 09/12/2009

@Hughes
Quand je dis que j'ai la coeur à gauche, c'est parce que je suis une libérale à l'ancienne mode, je crois. Je suis du monde de Ruskin et Bentham: le refus absolu d'un capitalisme broyant les plus pauvres et les confortant dans une misère intellectuelle et morale; mais liberale quand même car ce qui importe c'est de donner la chance, l'occasion, le goût et l'envie d'autre chose, de mieux, de plus haut. Donner la chance, donner la liberté: et tant pis pour l'irréductible qui refuse et préfère végéter. Un liberalisme social, ce n'est ni Reynders ni Kubla qui pourront jamais en parler; et le suintant Louis Michel est fort peu crédible, aussi. Dans le pannel particratique, rien dont je puisse m'éprendre. Il manque un bleu turquoise, soucieux de la personne et de l'esprit d'entreprendre, idealiste et humaniste, mais vertébré. Sarko est une caricature, je trouve; mais il bénéficie aussi de la veulerie des intellos de tous bords, pour lesquels des questions demeurent sacrilèges. Et je suis bien d'accord avec vous -lorsqu'il parle de crapule ou de racaille, ses termes, dans ces cas précis, étaient bel et bien appropriés. Il n'en reste pas moins que me trouver d'accord avec ce guignol hyperkinétique et fan de pipolisation, brrrrrrrrrr ça me donne un frisson; ou de la fièvre.

Écrit par : pamina | 09/12/2009

Il manque beaucoup de choses au libéralisme belge depuis la mort de Jean Gol. Et cela fait maintenant 15 ans. Maintenant être d'accord sur un point avec un personnage ne fait pas de vous une aficionada.
Je parie qu'en tant que Liègeoise vous supportez le Standard. Leterme aussi. Ca ne fait pas de vous son clone.

Écrit par : hughes_capet | 09/12/2009

certes non lolllll

Écrit par : pamina | 09/12/2009

Sarkozy : toujours les mêmes fondamentaux !


Le plus extraordinaire avec ce personnage c'est qu'il arrive en permanence à relancer la polémique sur des thématiques dont il a pourtant déjà tout dit depuis longtemps. A chaque fois en exploitant tel ou tel évènement, mais toujours avec les mêmes fondamentaux, ceux qui lui ont permis de siphonner l'électorat du FN.

Sur ce thème des 'Valeurs', je recommande vivement de voir, surtout d'écouter, une excellente anthologie des mots et des idées qui construisent sa prise du pouvoir et ses deux premières années à l'Elysée: http://www.youtube.com/watch?v=Fm-TdlB8QNI

Quatre autres vidéos de la même série sont aussi sur YouTube, mots clés: Sarkozy Midterm

Pour qui veut se faire la version 'intégrale' de la série (les 5 volets à la suite, dans leur ordre chronologique), c'est sur MySpace : http://tinyurl.com/yguhsyv

Un petit bijou pédagogique, si l'on a 30 minutes devant soi et deux cachets d'aspirine de secours !

Écrit par : Orange | 09/12/2009

il n'empêche: quand les politiques "bien-pensants" (c'est ironique, bien sûr) comprendront-ils qu'à fuir un débat de peur de ne pas le maîtriser, ils laissent le champ libre à une certaine droite?

Écrit par : pamina | 09/12/2009

je crois que Orange a tout dit.

Mais je rajoute un petit truc. Il a aussi un talent incroyable à faire oublier ses méfaits. Tout va tellement vite avec lui que j'ai parfois du mal à me souvenir de ce que je lui reprochais et qui me paraissait comme un véritable scandale seulement une semaine auparavant.

Écrit par : Siko | 10/12/2009

@hughes_capet

Ben moi, je ressens exactement le contraire. Leterme a démissionné pour une broutille en comparaison des histoires dont Sarkozy fait la une toutes les semaines. Je m'en souviens bien puisque lors de cet épisode, j'avais fait remarquer genre une semaine après pour une histoire de Sarko dont je ne me souviens plus du tout sur RUE89 que pour bien moins notre premier était tombé. Et ils étaient tous d'accord.

Bon, j'avoue que c'est un peu vague, mais j'ai eu beau cherché pendant plus d'une heure dans mes innombrables posts et j'ai pas trouvé ce dont il s'agissait.... Pour la peine, je me permets de poster quelque chose de flou.

Écrit par : Siko | 10/12/2009

@sirko
En somme Sako a fait quelque chose de vraiment très moche mais vous avez oublié quoi!
Il s'agit peut-être d'une partie triangulaire avec Cala et Loulou junior ;-)))

Écrit par : isis | 10/12/2009

Carla Bruni-Sarkozy a certes des défauts mais imaginer qu'elle puisse être séduite par ce glaçon relationnel bouffi de suffisance qu'est Loulou junion me paraît invraisemblable. On est au pays du surréalisme, certes mais quand même.

Écrit par : hughes_capet | 10/12/2009

ouais, mais quand on regarde Sarko, quand même... je sais pas avec lequel des deux je préfèrerai "fauter"... brrrrrrrrr à vrai dire je pense que je préfererai entrer au cloître lollllll

Écrit par : pamina | 10/12/2009

Au cloître ? Il n'en est pas question. Ce serait une perte pour le patrimoine immatériel de l'humanité. Et il y a des lois contre ça.
On n'allume pas une lampe,Pamina, pour la mettre sous le boisseau.

Écrit par : hughes_capet | 10/12/2009

oh le vil flatteur... pourtant, je crois, sans l'homme de ma vie, je crois que c'est bien là que je finirai mes jours (si mes jours ne finissent pas tout seuls). Je vous enverrais alors des homélies virtuelles lolllllllllllllllll

Écrit par : pamina | 10/12/2009

@ pamina
Et pourquoi ne pas plutôt léguer votre corps à la science ? c'est du recyclage à 100%, ce sera du Pamina 2.vert !

Écrit par : dopey | 10/12/2009

@dopey: 2. vert contre les vers lolllllllllllll

Écrit par : pamina | 10/12/2009

ah.... bouffée d'air frais sur le Bien commun, où dialoguent des gens de bonne volonté; Papagena vient quant à elle de se prendre une bordée d'insultes sur la Belgosphère, en commentaire d'un billet sur l'exécutif des musulmans... Heurk; y'a des fois je me dis que j'ai aps envie de faire un Bien commun avec certains...

Écrit par : pamina | 10/12/2009

Ce que l'on constate, c'est à quel point, toutes tendances et toutes sympathies confondues, les gens en ont ras le bol de la particratie actuelle, qui n'a plus de démocrate que le nom.

Qui n'en a pas marre de:
se faire entuber à chaque élection?
voir la valse des millions dilapidés dans des trucs plus foireux les uns que les autres?
s'entendre dire qu'il 'y a pas d'argent pour tel ou tel autre problème urgent?
voir nos industries et entreprises bradées?
d'une mainmise quasi totale sur le paysage politique par une caste de parvenus qui érigent le devoir de gouverner en droit successoral au bénéfice exclusif de leur progéniture?
se faire traiter de raciste, de xénophobe ou d'extrémiste tout simplement parce qu'on n'est pas d'accord d'accueillir tous les immigrés de la planète?
se rendre compte que, de plus en plus, nos politicailleurs traditionnels nous imposent d'accepter sans réserve des us et coutumes dont nous n'avons rien à faire?
devoir attendre des années pour se faire rendre une parodie de justice qui privilégie, et de loin, le droit des criminels en "oubliant" celui, combien plus juste, des victimes?
devoir se battre des années avec des assureurs-racketteurs en vue d'obtenir, éventuellement, une indemnisation devenue indécente en fonction de l'augmentation du coût de la vie?
voir l'argent qu'on nous extorque sous couverts de textes iniques servir à faire le malin à Copenhague ou dans le Tiers-Monde quand tant de personnes sont sous le seuil de pauvreté chez nous?

Alors, oui, mille fois oui!

S'il y a de la place, chez nous, pour tant d'injustice, de magouilles, de prévarication, de particratie, d'immigration incontrôlée et de connerie à grande échelle, il y a certainement place pour de nouvelles idées, de nouveaux défis, une autre vision de la manière de pratiquer la politique, honnête et volontaire, et qui remette le citoyen au centre des préoccupations.

Qui n'en a pas assez d'être le cocu consentant d'une politique confisquée, rétrograde et obsolète, concoctée il y a près de deux siècles, par des gens qui se targuaient d'être des "éclairés", et figée depuis, dans une sclérose sans la moindre imagination, sans la moindre innovation, et sans le moindre intérêt pour l'avis, et surtout, les attentes du citoyen?

A faire des procès d'intention, à refuser, a priori, les idées nouvelles, on ne court qu'un risque: celui de rester éternellement dans notre jus nauséabond, sans espoir de voir les choses évoluer.

Merci à tant de générations passées qui, elles, ont cru, d'une manière ou l'autre, que de refuser un sort que certains pensent inéluctable, est le début d'une nouvelle société!

On célèbre Bastogne, où tant de ceux qui ont refusé un sort indigne, qui ont osé se dresser contre une supposée fatalité, sont tombés afin que leurs survivants soient épargnés de la tyrannie.

On ne demande plus, aujourd'hui, de sacrifier sa vie pour des idées et des principes, et c'est tant mieux!
A condition que cela dure.

Écrit par : HUPEZ | 26/12/2009

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