Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

12/08/2009

Cabinet: on tire la chasse?

Pardonnez-moi de revenir sur le sujet d’hier (et d’avant-avant-hier) qui peut vous paraître réchauffé, mais la juxtaposition de titres de presse “réactifs” a à mon sens un effet pervers. Ils suscitent notre indignation, alimentent les forums (et notre présence assidue intéresse assurément les annonceurs publicitaires) mais nous divertissent de l’essentiel. L’essentiel n’est pas la réaction, mais l’action: ce qui demande un peu plus d’application et d’implication. 


La question des cabinets a fait hier le plein d’articles de presse et de commentaires acerbes sur les forums. La séquence du JT de la RTBF, présentant les explications alambiquées de J.M.Nollet m’a semblé vouloir mettre un point final à de vaines discussions. Voire! Je ne suis, pour ma part, nullement convaincue par l’argumentation d’une externalisation des tâches flamandes, qui ferait à ce point baisser le chiffre des effectifs: rappelons en effet que le gouvernement Peters a tenu son pari d’une réduction de 40%, ce qui rend bien piètre l’effort –à 15%- des Ecolos (même si ce dernier est d’autant plus louable qu’ils ne sont pas aussi “rodés” que leurs collègues PS et CDH, dont la machine est bien huilée -sans jeu de mot).

Bref, j’ai le sentiment qu’en évacuant ainsi la question, on me prends pour une franche demeurée. Car soyons clairs, il n’y a pas que la question de coût: il y a celle de l’efficience, et j’irais même plus loin, celle de la justification de telles instances, qui confortent la particratie (voir notamment l’étude citée dan mon billet d’hier).

Alors, tirerons-nous la chasse sur ce problème de cabinet (et payerons-nous la note?), ou remettrons-nous inlassablement sur le métier la question du pourquoi et du comment d’une telle différence, en terme de gouvernance? Peut-on avoir des chiffres précis, des explications précises? Un mandataire est tenu à rendre des comptes. Avant l’échéance électorale, tout au long de la législature, car notre vote n’est pas un blanc-seing jusqu’à la prochaine élection. Il va falloir que les politiques en (re-)prennent conscience: ils n’exercent un pouvoir que parce que nous le leur conférons –même si l’habitude et l’usage leur ont donné l’illusion qu’ils possédaient ce dernier, même si notre défaut de vigilance les a laissé parfois en mésuser, dans la plus totale indifférence.

Il est sain que la presse dévoile la déliquescence de l’Etat, si ce spectacle affligeant nous amène, au delà de la rage, du désespoir et du défouloir des forums, à la conscience citoyenne et à la réaction civique. Soyons obstinément politiques. Demandons compte de l’exercice d’un pouvoir que nous avons simplement délégué, à des fins précises. Ne jetons pas une question sans réponse aux oubliettes: surtout celle des cabinets, car ceux-ci, je le répète, sont un des instruments-clés de la particratie.

Or c’est celle-ci qui mine notre Etat, et grippe le processus démocratique. Réagissons en chaque lieu où elle affirme son emprise, impudemment, et aux frais du citoyens.

 

nb: le billet d'hier reste en libre usage.

Commentaires

Pamina,

Je suis assez irrité de ces "petites collaborations" que l'on retrouve abondamment via les cabinets ministériels...
Même si je reste persuadé qu'il s'agissait de provocation, la proposition de "petite collaboration" Daerden-Donfut (après le détournement de Laloux fonctionnaire hativement nommé à la taxe radio (supprimée par Daerden)pour être aussitôt engagé au cabinet Daerden) n'en est que le dernier exemple en date...

En recherchant un peu plus loin, je suis tombé -notamment- sur les pratiques du cabinet de Fientje Moermans à une certaine époque.

En effet, il m'apparait que certains cabinets "restreints" font en réalité appel à multe collaborations externes. C'est le cas principalement en Flandre où la manipulation des chiffres semble devenue un sport régional.
Dans une logique libérale (rappelons qu'un tiers des ministres flamands viennent du privé, de lijn, Unizo, voka,) on externalise certaines tâches "à géométrie variable" pour ne garder qu'une équipe de pilotage...
Soit, mais alors à quoi sert administration ?

Il en va de même du point de vue budgétaire : en débudgétisant nombre de postes, la Flandre n'a plus de dette... mais les flamands oui.
Les wallons aussi, méthode Daerden oblige !

Petit exercice : à combien s'élève le montant des rémunérations en personnel pour la province du Hainaut ? (en compta "classique, ce serait un poste 62...)
Et bien bonne chance à qui trouve l'info et peut certifier que cette info est correcte...

En conclusion, il est des pays où il n'y a pas de cabinet... et cela marche bien!!!
Les notres sont à géométrie très variable, et ce serait faire oeuvre citoyenne que de tenter d'y voir clair!!!

J'avais le projet de faire un billet documenté sur la chose pour la rentrée, mais il semble difficile de sortir de la bouteille à encre... volontaire ou non.

Enfin, après une dizaine de jours de vacances, je me remettrai à la tâche. Si quelqu'un a des infos (et leur source), elle seront les bien venues...

bonne soirée

PP

Écrit par : PourquoiPas | 13/08/2009

si nous voulons autre chose que commérer sur des forums (ce qui a un aspect défoulatoire et donc salutaire pour l'hygiène mentale en ce surréaliste pays), si nous croyons qu'autre chose est possible, il faut pointer au delà des dysfonctionnements les possibles facteurs de ceux-ci. La particratie en est un, et si pas l'unique, du moins, un des majeurs. C'est ce système qu'il faut dénoncer, exposer, saper, déboulonner. La presse a un rôle essentiel à jouer, mais nous avons à faire pression, en tant qu'opinion publique, réaffirmer notre force et notre exigence de bonne gouvernance, interpeller nos mandataires. Une bonne référence sur le principe des cabinets:
http://www.solvay.edu/EN/Research/Bernheim/documents/wp08038.pdf
Van rompuy a lancé quelques pavés contre le populisme particratique: aura-t-il le courage d'y porter le fer? si les opinions le soutiennent, peut-être.
Seconde question: se trouvera-t-il des parlementaires, à tous les niveaux de pouvoir, pour oser contester les présidents de partis? Je souhaiterai très machiavéliquement que les aigreurs refassent surface, pour saper de l'intérieur ces structures profondément anti-démocratiques. En des temps d'opulence, ils étaient nombreux à pouvoir se repaître; on peut espérer que dans des temps de pénurie, il n'y ait plus d'os à ronger pour les "réprouvés", et que ceux-ci contestent par eux-même le principe d'un "prince dispensateur". Après tout, il est peut-être parmi eux de vrais hommes et femmes politiques, désireux d'une légitimité démocratique? -des gens capables, confiants en leurs capacités, et qui n'auraient pas besoin d'être "poussés", "soutenus", "placés" comme des pions serviles sur l'échiquier confisqué par quelques éminences auto-proclamées.

Écrit par : pamina | 13/08/2009

Les commentaires sont fermés.