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10/08/2009

Citoyenneté et Bien commun

Préparant une série de billets sur la notion de “Bien commun”, je tombe sur cette définition très intéressante de la citoyenneté, empruntée à Comte-Sponville

Citoyenneté: le propre du citoyen, et spécialement l’ensemble des droits dont il jouit et des devoirs qui lui incombent. Le premier devoir est d’obéir à la loi (accepter d’être citoyen, non souverain). Le premier droit, de participer à son élaboration ou aux rapports de forces qui y tendent (être citoyen, non sujet). Deux façons d’être libre, au sens politique du terme, et on ne peut l’être, dans une Cité, autrement.


La définition insiste sur le côté corrélatif des notions droits-devoirs. La question fondamentale à examiner,pour qui réclame un droit me semble donc: est-il en ordre, rapport à ses devoirs? Ceux-ci sont prioritairement définis par la loi (Constitution, code, usage), mais il en est de tacites et pourtant essentiels au bon fonctionnement de la Cité, de l’Etat.

La volonté de vivre ensemble se concrétise par la contribution de tous au Bien Commun. Si nous voulons favoriser la cohésion sociale dans ce pays disparate, en proie à bien des déchirures, il sera indispensable d’objectiver celle-ci. Quelle que soit sa nature, elle devra en tous les cas démontrer une volonté active et persistante de la part de l’ensemble des bénéficiaires de l’Etat-Providence, d’édifier notre prospérité commune. Celle-ci (relative) ne peut subsister que par l’effort de tous. Il faut donc trouver des solutions pour que tous contribuent à édifier la Cité.

Ce n’est, bien évidemment, pas qu’une question d’argent. Mais quand l’argent manque, il faut s’appliquer davantage encore à inventer d’autres solutions, d’autres dynamiques que celles existantes, plombées par des acquis mortifères. Si les politiques le taisent, les chiffres l’avèrent: nous fonçons droit dans le mur, et la guerre intestine qui dresse entre eux les citoyens flamands, wallons, actifs, sans-emplois, belges, allogènes accélerera la fin d’un pays proche de la faillite. Il n’y aura plus de “Welfare” quand il n’y aura plus d’Etat. Est-ce motif suffisant à travailler ensemble?

Pour ce faire, il nous faut agir en citoyens, et exercer notre droit à élaborer notre avenir, ce droit qu’insidieusement, mais de plus en plus manifestement au fil des derniers mois, nous confisquent les particrates impudents. La reconstitution d’une opinion publique, d’une opinion politique est un facteur essentiel de notre avenir.

Commentaires

bonjour

Par notre participation à ce forum et d'autres, je crois que nous ,nous agissons en citoyens responsables..mais est ce suffisant ! comme participer à un mouvement disons plus politique l'est il lui aussi ? faut il continuer à taper sur le clou avec un marteau ou employer une grosse masse, faut il continuer à mettre des commentaires sur des blogs ou forums ou écrire directement à nos dirigeants par une politique de harcèlement ? faut il descendre dans la rue en marche blanche pour stigmatiser l'opinion des scotchés à l'inertie? la façon dont nous nous sommes faits berner lors des dernières élections régionales , nous interdits de rester passifs..le fortisgate annonce un terrible tsunami sur le pouvoir judiciaire... après l'affaire dutroux & consort , nous revoilou (re)confrontés à nos vieux démons !!!

Écrit par : jacques legrand | 10/08/2009

je suis POUR l'intervention directe auprès des mandataires, et leur interpellation publique. Question 1: Les cabinets ministériels wallons comportent plus de 700 membres, les cabinets flamands, moins de 300. Explication? Justification? Coût? Différentiel du coût?
Le but avoué des cabinets étant l'interprétation "couleur parti" de la politique ministérielle dans le département, en quoi ces frais doivent ils être pris en compte par l'ensemble des contribuables?

Écrit par : pamina | 11/08/2009

vous ergotez Pamina, ;-)
Les partis (du moins ceux qui sont représentés dans l'un ou l'autre de nos nombreux parlements)disposent comme principale ressource d'un financement public calculé en fonction de leurs résultats électoraux. Alors faire prendre en charge les frais de cabinet par les partis, cela revient à les faire prendre en charge par les contribuables.
Donc, le système est verrouillé.

Écrit par : hughes_capet | 11/08/2009

Non, cher Hughes, je n'ergote point: verrouiller la dotation aux partis me semble la première des mesures à prendre, dans une réforme tendant à l'austérité. Lorsque l'on vise au Bien Commun, la partie doit se subordonner au tout. Le parti aussi. Ce fonctionnement particratique onéreux pour l'Etat doit être dénoncé sans relâche.
Avez-vous lu l'étude réalisée à l'ucl sur les cabinets?

Écrit par : pamina | 11/08/2009

je viens de le parcourir. Cela systématise en effet pas mal de réflexions que l'on peut se faire en observant notre poto-poto institutionnel. Pour moi, le modèle des cabinets est à rechercher dans la cour des princes et principicules de l'Ancien Régime. On y retrouve pêle-mêle des commis de l'état (même si l'état a la dimension de l'Anjou ou du Vermandois, il faut toujours un Bouteiller pour s'occuper de l'intendance et un Connétable pour la castagne), les fac-totum du principe (gestion du domaine privé, tenue des cours de justice, permanences sociales), la famille au sens large, (princes de sang, pur-sang, demi-sahg, sang-mêlé), et les intellectuels organiques chargés de justifier le tout (évêques à l'époque, "experts" de nos jours).
Tout ce petit monde vit joyeusement du labeur de la paysannerie et intercepte les recettes du commerce en faisant croire qu'il assure une fonction de protection (contre les Sarrazins, les Normands, les Patrons, les Flamands-qui-veulent-détricoter-la-sécurité-sociale, etc). Pour survivre la cour doit être en équilibre homéostatique. C'est-à)dire qu'elle doit se renouveler constamment sans quoi elle se sclérose et meurt. C'est l'équilibre de la chasse dans les wc. Dès que du liquide en sort, une arrivée d'eau ramène le flotteur au point d'équilibre. C'est la raison de l'appellation "cabinet".

Plus sérieusement, si vous aimez l'histoire du Moyen Age,je vous recommande l'ouvrage de Jean Favier sur Philippe le Bel (les pages sur les légistes et l'entourage royal) et surtout, même s'il est répétitif l'Empire des Plantagenets de Martin Aurell qui analyse cet extraordinaire et ephémère réunions de territoires allant de l'Ecosse aux Pyrénées par l'angle d'une étude approfondie de l'entourage royal.
Mais je m'égare, je m'égare...

Écrit par : hughes_capet | 11/08/2009

pas du tout, pas du tout! et votre prose est un régal, mon cher... le principe de la chasse du wc vaut son pesant d'or! -peut-on la nommer "la loi capet"?
Vous ravivez ma passion originelle (je suis historienne de formation et une grande fan de Georges Duby (bon, c'est un peu vieux, je sais, mais je ne rajeunis point...);

Écrit par : pamina | 11/08/2009

j'ai découvert le Moyen Age tardivement, engoncé que j'étais dans le parcours ternaire Antiquité- Renaissance-Epoque contemporaine qui sous-entendait que le Moyen Age était une période barbare et les temps modernes un bidule inclassable.
Pourtant il y a beaucoup à apprendre DES Moyen Ages car on ne peut pas , à peine d'être de mauvaise foi, mettre dans le même panier Justinien, Charlemagne, Frédéric II Hohenstaufen et Charles le Téméraire.

Écrit par : hughes_capet | 11/08/2009

je suis antiquiste-moderniste, spécialité histoire des mentalités :0)

Écrit par : pamina | 11/08/2009

En ce qui concerne les Biens communs et les Droits collectifs, je modère cette rubrique sur le site www.europe-maintenant.org. Vous pouvez aussi vous rendre sur le site du Forum permanent de la société civile : www.forum-civil-society.org. Vous y trouverez la Déclaration de Castellina à ce propos. Ce sujet fera l'objet d'un colloque "Think-tank" le 19 octobre au Comité économique et social européen à Bruxelles. Nous comptons poursuivre la réflexion durant les présidences suédoise, espagnole et belge à l'Union européenne et éventuellement tenir une grande conférence pour définir un nouveau pacte sociétal inter-générationnel qui jetterait les bases de gestion des Biens communs et définirait les Droits collectifs. Nous pensons que la société moderne a trop insisté sur les biens marchands et les Droits individuels. Il s'agit en quelque sorte de trouver un "sens" (dans l'optique "faire sens") post-moderne pour la citoyenneté européenne cosmopolite : construire une "éthique" pour le XXIème siècle.
Cordialement,
Daniel Spoel

Écrit par : SPOEL Daniel | 15/08/2009

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