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30/05/2009

Pourquoi je suis désespérée

J’ai tenté ça et là de vous remonter le moral, quand vous aviez un petit coup de blues. Là, c’est à mon tour d’y céder. Pourquoi? ... J’ai suivi et participé avant-hier au chat sur La Libre avec Reynders. Même si j’ai trouvé que les journalistes n’ont pas fait de cadeau, au vu des questions qui sont passées (et en dépit de la grogne et médisance de certains), la langue de bois prévaut sur la langue de sucre. Je n’ai pas eu de réponse à mes questions. Enfin oui: des phrases, et des mots, pas de contenu. Et comble du comble, je me suis même fait traiter de cabinettarde payée par le contribuable pour faire la campagne de Reynders par un certain “Bonsens” dont le pseudo ne me paraît pas trop bien choisi.... Ouach, l’insulte! Ça vous sape le moral.Ne parlons pas du chat de di Rupo hier: une caricature de débat, filtré, infiltré, et d’une vacuité superlative: un prétendu dialogue transformé en tribune électorale aussi objective et convaincante que la pub que le PS nous inflige sous forme de clip. 


Au fond, Reynders, di Rupo, même combat: s’auto-congratuler, s’auto-encenser, rassembler les moutons, leur montrer la belle pâture, et comme le bétail est malheureux chez le voisin. Marketing primaire qui montre la haute idée que ces messieurs  se font de notre niveau intellectuel. C’est vrai que quand on n’est pas convaincu de la qualité de son produit, ne reste plus qu’à soigner la qualité de l’emballage, et espérer qu’un publicitaire de génie vende cette m... en boîte à quelques demeurés séduits par l’étiquette. Quitte à faire des spots ponctuels, pour maintenir leur conviction que les Aïki noddles sont aussi gastronomique que le sabayon du “Comme chez soi” (j’allais immodestement écrire: que mes scampis flambés au pastis, mais bon...).

La bipolarisation du débat électoral sur des clichés, des caricatures contribue à la particratisation des opinions; et la particratie des opinions sert le pouvoir des aprticrates, au premier rang desquels les présidents de partis. Suivez l’étendard, la vérité est d’un bord ou de l’autre, droite ou gauche. Mais... ni l’un ni l’autre Messieurs, car les deux systèmes dont vous vous revendiquez viennent de manifester leurs limites. Et leur faillite n’est pas que régionale, elle est nationale, européenne et mondiale. Que Reynders puisse pérorer sur le libéralisme, alors que ce sont les Etats (donc les contribuables) qui tentent de sauver des banques privées avec les deniers publics; que di Rupo parle du progressisme de la gauche, alors que celle-ci est au pouvoir depuis des décennies, et que partout l’usure l’affecte de la même façon au niveau européen, avec les mêmes scandales, et la même politisation des administrations, favorisant un profitariat institutionnalisé... Quel paradoxe! Et quelle malhonnêteté intellectuelle!

Il n’y a pas là de vérité; il n’y a pas là de solution unique; libéralisme et socialisme sont des idéologies du XIXe siècle, rappelons-le. Alors, vivrons-nous la phase terminale d’un monde devenu sénile, en quasi décomposition, habillé ultime de vieux oripeaux par des politiques bornés? Ou la crise est-elle occasion de repenser nos objectifs, nos vies, loin des vérités établies qui viennent de voler en éclat? Ni socialisme ni libéralisme ne proposent de vision neuve, constructive, alternative. Ecolo, oui. Se dotera-t-il des moyens de la réaliser? Je ne parle pas que des moyens financiers, ceux-là même qui font peur sous le nom de “taxes”; je parle de la restructuration de tout ce qui apparaît comme déstructuré, hypertrophié, dénaturé, abusif. Ecolo est-il à même de mettre le fer dans les plaies, toutes les plaies, ou biens sa gauche va-t-elle décréter l’intangibilité d’une faune profitarienne et délinquante agrégée au conglomérat des plus faibles, des exclus, des marginalisés? (non, mon vocabulaire n’est pas fascisant, je hais aussi cette langue de sucre-là, qui n’ose pas crier crapule à la crapule, ni sanctionner celle-ci de peur de représailles). J’ai trouvé admirable la phrase de Javaux: vous voulez assister les gens, nous voulons les émanciper, et à cette phrase, j’applaudis. Mais dans les faits? Comment? Par seules campagnes de prévention, de stimulation, d’accompagnement, et bla-bla bien pensant genre homélie du Cdh, ou en ayant le courage aussi d’encadrer par des règles, et d’utiliser, à côté de cet arsenal positif, de nécessaires sanctions en cas d’infraction?  Cela n’est pas clair. En fait, plus Ecolo a le vent en poupe, plus il semble hésitant, timoré, flou sur les sujets qui fâchent, et oscillant sur le thèmes des coalitions à venir, sous le prétexte fallacieux de suivre l’avis de l’électeur. Moi, j’aimerais savoir comment Ecolo va interpréter ma voix, si je la lui donne...

Alors que dire? Que faire? Voter selon mes convictions que le monde est à changer, et qu’il n’existe qu’un véritable modèle alternatif et créatif aux idéologies éculées, au risque de me voir imposer une coalition que j’exècre? Sans compter d’autres points qui me laissent très dubitative (je n’aime pas qu’on oublie les devoirs lorsqu’on me parle de droits, par exemple, la mixité culturelle n’est pas pour moi un dogme, mais une proposition, le travail ne m'est pas toujours une chance, mais souvent une charge, et j'accepte de le partager plutôt que mes seuls revenus...). Ou dois-je réalistement voter pour un parti à même de créer la rupture avec la wallonie PS, qui ose parler d’excellence, d’effort et de mérite (sans qu'au vu de ses mandataires, je ne le croie forcément)... alors que je honnis globalement son modèle de développement irresponsable, qui foule au pied l’intérêt commun et ne produit plus depuis longtemps d’enrichessement collectif? Qui plus est je ne crois absolument pas à la possibilité de révolutionner la culture politique avec des personnalités comme Reynders ou les Michel. Il m’importe peu de changer de système particratique, mais bien de sortir de particratie.... et les déclarations pontifiantes de Reynders vis-à-vis d’Ecolo auquel il fait par ailleurs du pied laissent mal augurer d’un climat constructif, proprement politique, c’est à dire soucieux d’un bien commun.

Vert turquoise? Bleu turquoise? A la droite d’Ecolo, à la gauche du MR? Quelle place trouvent avec moi les libéraux-sociaux-environnementaux, qui veulent entreprendre de façon respectueuse, être soutenus dans leur créativité, voir encouragées, défendues leur liberté  mais aussi leur identité, et qui veulent sortir de cette culture qui célèbre la médiocrité, qui conçoit l’excellence comme une offense à l’égalité? Où vont ceux qui osent dire le mot effort, le mot mérite, et qui refusent le détournement qu’en fait le libéralisme classique, irresponsable socialement et environnementalement, viscéralement an-éthique? Où vont ceux qui rêvent une re-définition d’un Bien commun, une société égalitaire en droit ouverte aux réussites individuelles, une société pro-motrice, donc qui met en mouvement, qui impulse, une société où l’assistanat est considéré comme indigne, et se convertit en participation au projet sociétal, où ceux qui souffrent sont vraiment pris en charge, plus et mieux qu’aujourd’hui, où la qualité de vie devient critère autant que le sacro-saint pouvoir d’achat, où la sécurité est garantie, où le mot respect et fierté reprennent leur sens? Où vont ceux qui pensent que tout cela n’est possible qu’avec des gens honnêtes, intègres, motivés, travailleurs,  avec un bouleversement des mentalités qui passe par un rappel de ce qu’est le contrat démocratique et politique, avec un bouleversement des pratiques qui passe par le rappel des objectifs, des normes, des règles et leur application?

Je n’en sais rien, je désespère. Olivier (on-vote-pour-eux) vient, suite au débat des présidents de partis, présenté hier soir, de jeter le gant. Je le comprends, je le regrette. De mon côté, j’ai jugé plus utile, pour former mon opinion politique, de regarder les Gremlins. Les Greemlins, ce sont ces peluches sympas et souriantes qui se multiplient faute de vigilance, crient miam-miam, vident marmites et frigos, réserves et magasins, se transforment enfin en monstres dévastateurs d’une région entière. Ce que j’en retiens? C’est qu’il faut pour détruire ces particrates gloutons de la lumière. Fiat lux, donc.

-ce que La Libre fait de plus en plus et de mieux en mieux semble-t-il: voir l'article Tsunami de ce matin.

http://www.lalibre.be/actu/belgique/article/506154/tsunami-la-gifle-de-la-cour-des-comptes.html 

Commentaires

Bon courage...

Écrit par : gérard | 30/05/2009

il ne faut pas céder au désespoir Pamina, celui-ci ne tient jamais ses promesses.
Videz vous la tête, faites une brocante, allez courir, prenez une tamponne, je ne sais pas moi, mais évacuez cette tension, ce trop plein d'émotions et de question qui vous obsède.
Et, croyez-moi, après ce petit exercice salutaire, vous verrez plus clair dans vos choix.

Écrit par : hughes_capet | 30/05/2009

@ Pamina, c'est l'énergie du désespoir et c'est remarquable.
Une véritable mine de questions et d'interrogations que nos journalistes
devraient soumettre aux présidents.

Espérons et surtout ne pas jeter l'éponge avant le dernier round.

Yvan.

Écrit par : Yvan | 30/05/2009

@hugues
j'opte pour la tamponne :0)

Écrit par : pamina | 30/05/2009

Je n'ai pas les mots comme vous tous et je ne fais que vous suivre dans vos réflexions si prenantes mais il ne faut pas désespérer... c'est justement parce que ça va trop mal que ça ira mieux.
Tout le monde en a marre et vous verrez les choses vont changer.
Demain il fera encore beau Pamina, alors organisez-vous une belle sortie, familiale ou individuelle mais sortez !!

Écrit par : quidam | 30/05/2009

Jeholet Pierre-Yves
Chambre des Représentants Représentant Rémunéré
Parlement de la Communauté franc¸aise Député Rémunéré
Parlement Wallon Député Rémunéré
Herve (ville de) Conseiller communal Rémunéré
SLF - Finances Administrateur Rémunéré
SPI+ Administrateur Rémunéré
SPI+ Membre du comité de direction Rémunéré
Zone de police PAYS DE HERVE Membre du conseil de police Rémunéré
GAL asbl Administrateur Non rémunéré
Bel’zik festival asbl Président Non rémunéré
La Besace asbl Président Non rémunéré
GRE asbl Administrateur Non rémunéré
ILAV sa Administrateur - délégué Non rémunéré
SWDE succursale Vesdre Vice-Président Rémunéré


Je crois que c'est sans espoir, Pamina ! Et il faut voter...

Écrit par : Diane | 30/05/2009

Et bien non, ce n'est pas sans espoir.
La question suivante est ; How much ?
ET qui va y aller de sa poche ?
Les mêmes questions aux présidents , les différents points de vos programmes : How much ?
De la poche de qui ?

Etre proche du citoyen c'est n'est pas être généreux avec les uns et être le pickpocket de l'autre .
Je ne vise personne, suivez mon regard.

En attendant Diane, tous ces personnages sont rétribués avec de l'argent publique et je ne vois pas malice à ce qu'ils rendent des comptes à ceux qui les rétribuent, de gauche, du centre et de droite.

Chevalier blanc ? ( édito du soir). Vous faites erreur, Mr Propre .
Et si ce n'est pas suffisant .... bang bang .

Yvan.

Écrit par : Yvan | 30/05/2009

Moi aussi, je voudrais qu'ils rendent des comptes..; Mais ils sont intouchables..

Écrit par : Diane | 30/05/2009

Chère Pamina,

Je partage votre questionnement. Intégralement. Sauf pour une chose. L'esprit d'entreprise et de l'excellence n'est pas l'apanage du mouvement réformateur. Une des raisons pour laquelle je suis (des verbes "être" et "suivre") Ecolo est qu'ils veulent (re) faire de la Belgique un modèle d'innovation. Ils ont simplement cherché et réfléchi, en puisant l'inspiration là où ce qu'ils proposent a été réalisé et a fonctionné (ex: les habitats groupés mixtes, les fonds de pension durables, les projets de sortie de la dépendance au pétrole, etc...).Fin de l'année dernière, le secteur de la construction a lancé un appel pour relancer son secteur. Ils demandaient qu'on exige que tout nouveau bâtiment soit passif. Qui les a écouté? Ça pourrait être un pôle d'excellence. Laurent Minguet (evs) investit dans des logements sociaux passifs et soutient des maraîchers bio au Sénégal...Bref, l'argent peut être aussi un moyen d'améliorer la vie de tous et non pas une fin en soi...C'est cet esprit d'entreprise-là que soutient Ecolo... Un patron de PME qui s'angoisse de ne pas pouvoir payer ses salariés à son corps défendant, est plus "éthique" que L'Oréal qui s'offre Body Shop...On ne peut pas promettre la lune ici au détriment des gens de là-bas... C'est une politique et elle demande aux citoyens que nous sommes de penser différemment. Vous le faites, je le fais...Mais les Ecolos ne peuvent pas promettre de résoudre les problèmes de tous sans un investissement individuel... Moi, je pense qu'ils devraient s'allier au MR pour vraiment représenter tous les pôles de notre société où gauche et droite mes semblent des concepts éventés. Mais je doute de l'honnêteté intellectuelle du MR. Ils sont avides de pouvoir, à mon sens. Mais peut-être me trompé-je.

Écrit par : @nne | 31/05/2009

@ @nne (joli pseudo)
Bien sûr que je ne crois pas que l'esprit d'entreprendre soit spécifiquement MR, certainement pas. Ma hantise est celle-ci: chez ecolo, si j'ose parler d'ambition (au sens positif, celui d'idéal à atteindre, de désir qui motive), de mérite, d'excellence, de rigueur, de devoirs face au droit, vais-je me faire comme si souvent déjà cataloguer parmi les fascisants, alors qu'essentiellement, fondamentalement et viscéralement, je suis sociale-démocrate, et que rien ne me paraît davantage anti-démocratique que la résignation à la médiocrité? Nous manquons de rêve, nous manquons de la fierté de nous dépasser jusqu'au rêve, et au delà de notre rêve. Il est temps de nous donner d'autres horizons que le win for life ou la tribune de star ac'. Il est temps de booster un peu nos objectifs, car être devant l'Albanie au niveau de l'enseignement ou 62e mondial au foot, n'en déplaise aux gargarismes des démagogues, c'est tristement minable. En fait, être là où nous en sommes nous garantit, en cas de redressement, une longue euphorie: difficile de faire pire, comme disait Laurette. Donc faisons mieux :0) -oui, mais avec qui?

Écrit par : pamina | 31/05/2009

@pamina : fascisante parce que vous parlez d'ambition au sens propre du terme? Selon moi, non, bien sûr... :) A ce sujet, j'ai d'ailleurs une remarque sur l'enseignement... Il y a un hyatus entre les programmes scolaires et ce qu'on attend des jeunes dans la société. On attend d'eux de la performance, ce qui n'est pas la même chose que l'excellence. L'excellence, pour moi, se travaille en profondeur et n' d'autre moteur que le plaisir de savoir, de chercher, de comprendre, etc... Elle met toute la mécanique individuelle en marche. Et elle existe dans tous les domaines (intellectuels, artistiques, techniques,etc). Je pense à mon fils, dyslexique, daltonien et trouble de l'attention. Le paradoxe vivant d'un cerveau ultra rapide, qui saisit instantanément et qui flanche au bout d'un quart d'heure, complètement épuisé sauf si il peut faire autre chose en même temps. Ex: il s'ennuie des répétitions du prof et il décroche. Il devrait pouvoir prendre son devoir de math et le faire, tout en suivant le cours. Impossible de faire entendre ça à la directrice. Conclusion, il se faisait virer des cours parce qu'il chahutait pour se dégourdir les jambes et il a arrêté l'école, dégoûté. A côté de ça, il entrait dans des discussions très métaphysiques sur l'art avec sa prof d'histoire de l'art et tous les autres élèves étaient largués. Pourquoi n'existe-t-il pas un enseignement différencié pour ce genre de phénomènes? Pourquoi n'existe-il pas un enseignement différencié pour les gamins dont les parents ne parlent pas le français, etc... au seins d'une même école, dont le seul objectif serait l'excellence, qui n'est pas réservée à une élite quelconque? Tout au long du parcours de mon fils, j'ai rencontré des profs merveilleux, investis mais qui n'avaient pas le temps...On ne forme plus des personnes, on forme des machines à gagner des sous... Du coup, des parents manifestent pour que leurs enfants "restent entre eux", alors qu'on devrait manifester pour que tous les élèves aient la même "chance"...C'est dans les écoles que tout commence et c'est aussi là qu'il faut mettre son énergie pour faire une génération de vrais citoyens. Et à la question de faire mieux avec qui; je pense qu'il ne faut pas attendre tout de la politique et se mettre en route entre gens de bonne volonté!

Écrit par : @nne | 01/06/2009

@nne, votre témoignage est très intéressant, mais vous ne définissez pas le terme performance.
Pour ce que je connais de la performance, elle vise des résultats dont la qualité par rapport à l'investissement, qu'il soit matériel, intellectuel, sentimental, ou autre est supérieur à ce que l'on trouve en moyenne.
La performance, m'apparait donc comme un rapport sans dimension, ce que l'on nomme un coéfficient. Le rapport de la quantité produite à la quantité investie est le rendement. Si ce rendement est au niveau de son maximun , on parle alors de performance.
L'excellence vise, suivant ma vision, la qualité produite sans aucun rapport avec la quantité investie. Exemple une solution de génie à un problème qui n'aurait demandé qu'une fraction de seconde de réflexion, rentre dans le crirère d'exellence. Elle suppose à ce moment une connaissance parfaite et une hyper sensibilité du domaine.

L'école peut-elle viser l'excellence ?
Si elle arrive déjà à donner aux jeunes un niveau de performance moyen, elle aura, me semble-t-il atteint son objectif.
L'excellence devient un objectif individuel, avec en premier lieu une motivation et un investissement individuel qui dépasse le niveau moyen que l'école est en mesure d'assurer.

Le problème de votre fils n'est ne concerne pas plus la performance que l'exellence, mais il demande un enseignement ou un accompagnement différent et adapté comme vous le soulignez.

Yvan.

Écrit par : Yvan | 01/06/2009

j'ai les neurones trop ensoleillés, j'ai du te relire deux fois lollllllll. Mais à la seconde lecture, je ne peux qu'adhérer à ta vision des choses. L'école à mon sens ne doit pas "viser" l'excellence, elle doit la susciter... et cela n'est possible qu'en donnant à rêver haut, en donnant une forme d'ambition autre que matérielle, pécuniaire; le goût de "la belle ouvrage", du "chef d'oeuvre" qui est à l'origine production du compagnon, par exemple. Je suis écoeurée de voir un peu partout de l'à-peu-près, du bâclé, du salopé... qui témoigne d'un dégoût profond du travail. Il faudra réintégrer la notion de fierté et de plaisir...
pour@nne: pas de déprime, j'ai dirigé voici deux ans le mémoire d'une dyslexique profonde, qui a décroché au final une distinction. c'est une de mes grandes fiertés ;0)

Écrit par : pamina | 01/06/2009

@Pamina: merci... L'intelligence va parfois se cacher si loin...
@Yvan: tout à fait d'accord avec vos définitions, très brillantes, je trouve...Je trouve néanmoins dommage qu'on attache plus d'importance à la notion de performance qu'à celle d'excellence. C'est ce qui justifie sans nul doute un certain culte du résultat et qui mène entre autres au phénomène des délocalisation. Prenons un produit courant: le pain. Personnellement, je le fais ou je l'achète bio ou chez le boulanger du village qui est un fou furieux: il est à la retraite d'une boulangerie industrielle et il s'est remis à faire du pain pour son plaisir et le notre (en noir). Parce que pour moi le pain doit être un aliment de qualité. Comment voulez-vous qu'un boulanger soit compétitif - performant - en face d'une usine à pain chimique? La seule chose qui lui reste, c'est l'excellence. Et l'excellence, comme vous le dite, elle découle d'une connaissance profonde et d'un goût de la belle ouvrage (pour citer Pamina). Donc, de temps. Donc, ce n'est pas performant. Donc, buiten. Mon idéal à moi, c'est qu'on vive dans une société où se côtoient performance et excellence. Les deux se justifient, en fonction de la situation. Pardonnez ma naïveté, mais j'y crois. Ainsi qu'à mon fils, d'ailleurs :-)

Écrit par : @nne | 01/06/2009

@ Pamina, si c'était un peu trouble, c'est qu'il est vrai que je sortais de quelques exercices de calcul opérationnel où je ne cherche ni la performance ni l'excellence.
Celà m'amuse tout simplement.
@nne, votre analyse entre performance et excellence me convient parfaitement. La notion de performance n'est plus actuellement liée qu'à une notion de rentabilté ou de fric. Donc être performant actuellement est : 'Ramasser un maximum de fric en un minimum de temps avec un minumum d'investissement'
L'exemple de votre boulanger, (vous en avez de la chance!) et le 'chef d'oeuvre' de Pamina montre que le niveau d'énergie n'est pas le même.
Mais ces deux niveaux existent, spécialement celui de votre boulanger, pour votre plus grand bonheur.

Yvan.

Écrit par : Yvan | 01/06/2009

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