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27/05/2009

Bridge et poker

Deux titres ce matin :

RTL info : Les électeurs francophones souhaitent un changement de majorité

Le Soir : Le PS reste en tête en Wallonie

Conclusion ? L’art du sondage est dans la question, on fait dire ce qu’on veut aux chiffres, ils peuvent justifier, selon leur interprétation, toutes les coalitions : et donc, qui garde en définitive toutes les cartes en main pour décider la coalition gouvernementale ? Les présidents de partis (lesquels ne sont pas élus au suffrage universel) qui selon leurs affinités (lesquels n’ont rien d’électives), décideront en ultime recours de la « bonne » interprétation à donner au « signal fort » de l’électeur. 


En l’état actuel, ce système électoral est une mascarade et un déni de démocratie. Je consens à me ranger à l’avis d’une majorité, même si elle est contraire à mes opinions ; mais non à ce qu’on se revendique de mon choix pour justifier des coalitions sur lesquelles non seulement je ne suis pas appelée à me prononcer, mais qu’on me refuse d’avérer, avant que je donne ma voix. C’est un total déni de démocratie.

Tous les partis s’accordent, avec une belle hypocrisie, sur cet état (ou plutôt cette voie) de fait. Je regardais hier encore la mielleuse « confrontation » entre Cdh et MR, illustrant à merveille le concept de « langue de sucre » destinée à mieux engluer les électeurs. J’ai vu des compères, des complices, des comparses : des gens qui sont à la politique ce que les sophistes sont à la philosophie, et qui, quelle que soit la vigueur de la réaction citoyenne qui tend à se dessiner, persiste et signe dans un système –le système particratique.

Il faut changer le mode de scrutin, que le citoyen sache clairement, avant de voter, pour qui et pour quoi il vote. Dans l’état actuel, ces élections récurrentes ne sont en rien décisives : elles servent d’alibi à un jeu dont nous ne détenons pas les cartes maîtresses, mais dont l’enjeu pourtant est notre avenir. De surcroît, c’est le contribuable qui met la mise.

Particrates, rendez-nous la main. Bridge et poker n'ont pas leur place en politique.

 

Liens vers les deux sondages

http://www.rtlinfo.be/rtl/news/article/244540/les-lecteur...

http://www.lesoir.be/dossiers/elections_2009/article_7086...

 

Commentaires

Ne soyez pas trop dure avec les sophistes, Pamina. Il n'y avait pas que du mauvais chez eux. ;-)
Pour le reste, ben oui, nous distribuons les cartes (et encore) et eux jouent la partie.

Écrit par : hughes_capet | 27/05/2009

En parcourant d'autres sondages, je constate avec plaisir qu'une majorité de sondés se déclare en faveur du scrutin uninominal à deux tours pour la région.

Écrit par : jo moreau | 27/05/2009

EVIDEMMENT. Il faut que nous puissions manifester un choix clair, sur des coalitions claires. Sinon le système électoral n'est plus qu'une mascarade, où tous les citoyens se trouvent Grosjean comme devant. De quel droit interprete-t-on mon vote? Arrêtons de nous bassiner avec la "culture du compromis" à la belge, elle a surtout nourri toutes les compromissions...

Écrit par : pamina | 27/05/2009

le paradoxe est qu'il faut qu'une majorité élue par le système proportionnel vote une réforme qui permette de passer au système majoritaire. Et que cela équivaut pour une bonne partie de la classe politique à se tirer une balle dans le pied.
Il faut une crise profonde pour en arriver là (du style mani pulite) ou alors un personnage charismatique qui impose la réforme.

Écrit par : hughes_capet | 27/05/2009

ou alors des électeurs casse-pieds qui n'en démordent pas et harcèlent les partis jusqu'à l'obtenir; je note en tous les cas un écho dans la presse, et auprès d'intellectuels. Van Rompuy a évoqué la chose, également.

Écrit par : pamina | 27/05/2009

Perso je verrai plutôt unn système à deux tours :

premier tour le vote classique
second tour le vote autour de projets et programme de coalitions issu du premier tour, (le premier l'emporte)

Écrit par : olivier | 27/05/2009

c'est l'ideal si on veut garder l'esprit de la proportionnelle, mais clarifier le jeu démocratique

Écrit par : pamina | 27/05/2009

les systèmes ne manquent pas. Allons voir un pays fédéral qui marche, l'Allemagne. ILs ont un système +/- proportionnel mais pondéré par le système du deuxième bulletin.

Écrit par : hughes_capet | 27/05/2009

J'ai comme un mauvais pressentiment, et je me dis qu'il y a loin du sondage à l'isoloir.

Je crains que devant le bulletin de vote, d'anciens réflexes reviennent à la surface, et que le PS ne dégringolera pas autant que prévu...

Enfin, nous verrons bien.

Écrit par : jo moreau | 27/05/2009

Remarquable observation, encore et toujours d'actualité, qu'on dénonce régulièrement chez nous depuis des décénnies.

Mais Pamina l'exprime ici remarquablement.
Une très jolie plume, pour ce sujet peu ragoutant.
Bravo!

Écrit par : Pierre | 28/05/2009

@ Jo

Elio Di Rupo, hier sur huit clos a eu un coup de génie, un véritable grand stratège qui vient de couper l'herbe sous le pied du MR.

Je développais le fait que pour le PS ce n'est pas un coup de théatre comme le titre LE Soir de ce matin, en réalité Di Rupo anticipe, sachant qu'ECOLO ne vrentrera JAMAIS dans une majorité avec PS et MR réunit, mais que d'une part Ecolo sera plus que probablement inévitable comme partenaire de premier ordre (vu les sondages) et de plus que l'ascension d'ECOLO provient très largement d'un vote sanction anti-PS (les déçus).

Stratégiquement, je n'aurai pas fait autrement, que de symboliser cette grande fracture droite-gauche, et les médias plongent dedans avec une innocence déconcertante.

Maintenant, il est probable que le PS jugule la fuite des voix vers Ecolo, et je pense aussi qu'il y aura une correction des sondages le jour venu avec un PS moins perdant, un Ecolo moins fort et un MR moins fier, quand au CDH je pense à un status quo.

on verra bien...

Écrit par : olivier | 28/05/2009

J'ai reçu ce lien :
http://www.la-convergence-ethique.org
qui me parait un travail considérable.

Je lui reproche son côté trop "fouillé", qui pourrait paralyser certaines initiatives, à force de vouloir prévoir toutes les situations, on permet aux plus malins de contourner le texte.

Aussi l'oubli dans certains articles, des mots "sciemment" ou "volontairement".

Les problèmes sont communs de part et d'autre de la frontière !!

Quant à moi, plutôt qu'un code éthique, je privilégie une loi répressive du genre "abus de position politique".

(Olivier, te sachant de retour sur ce blog, je ne t'envois pas le lien)

Écrit par : jo moreau | 28/05/2009

Ahh les sondages... Quel écart avec la réalité en général !

Écrit par : Seqret Code | 28/05/2009

je ne partage pas du tout l'avis d'Olivier. Gouverner la Wallonie et Bruxelles sans les libéraux c'est ce que le PS fait depuis 2004. L'annoncer à grande pompe comme un scoop me paraît surfait. De même que se présenter comme une alternative alors qu'on est présent au pouvoir depuis 21 ans sans interruption, c'est fort de café.
J'ai de plus en plus l'impression que Di Rupo est seul, lâché par le CDH (qui reprend le jeu de balancier de son ancètre PSC), et haï par Ecolo qui n'a pas oublié la manière dont "les convergences de gauche" lui ont été quasi fatales.
Je crois surtout que l'homme Di Rupo est coupé de la base et de la population. Il évolue au milieu de sa garde rapprochée, séïdes et augustans, les yeux braqués sur des rapports et le...Financial Times. A la limite ca ne m'étonnerait pas qu'il nomme sa voiture ministre comme Caligula a nommé son cheval consul.
D'ailleurs ni le chanoine Demotte ni Laurette Onkendael ne se bousculent pour venir le soutenir. Simplement, ils aiguisent leurs longs couteaux sur les bords des trottoirs.

Écrit par : hughes_capet | 28/05/2009

hughes, tu n'as pas lu mon analyse complètement, je dis explicitement que l'annonce de Di Rupo est un faux scoop, mais bien une anticipation de l'inéluctable qui devance le MR.

Stratégiquement c'est très fûté...

Concernant Ecolo, leur base militante est très à gauche, ils n'auraient aucune peine à entrer dans une majorité progressiste, dès le moment ou leur poids serait proéminent, ce qui sera moins évident à faire avaler à un Didier Reynders, le CDH lui suivra docilement l'attelage proposer, il en va de la survie politique de Milquet (très à gauche aussi).

Reynders vient de faire une autre gaffe, celle de lier le sort de la coalition fédérale à celui du scrutin régional, autrement dit si le MR passe virage à droite toute tant au fédéral qu'au régional, assez pour faire peur aux citoyens lambda dans un contexte de crise.

Je précise, j'analyse, de manière neutre, mes convictions personnelles je me les réserves.

Allez lire aussi l'article du Pan, d'après ce dernier, le plébiscite des députés penche largement pour un Olivier à Bruxelles et plus modérément en Wallonie.

Écrit par : olivier | 28/05/2009

Je suis, et non je serais, plus proche de l'avis de huhhes_capet.
Ma première conclusion a été de dire que si je ne voulais pas voter socialiste, mon unique solution était maintenant de voter MR.
Elio vient donc de m'indiquer sans ambiguité la voie à suivre le 7juin.
Pour une stratégie, c'est celle de la torpille qui se retourne vers l'expéditeur.
Elio Di Rupo en mentionnant volontairement le qualificatif 'progressiste' qui signifie suivant le Larousse :
"Qui a des idées politiques, sociales avancées"
place une fois de plus le MR dans le rang des capitalistes.
Ce discours qu'il traîne depuis le debut du 20e siecle, continue à ignorer une grande partie de la population qui fait l'effort chaque jour d'aller travailler, d'épargner pour acquérir un logement en se privant de vacances et qui essaye de s'assurer une poire pour la soif.
Ceux là, ne sont bons qu'a cracher au bassinet, même quand ils sont pensionnés au même tarif que ses 'plus démunis'.
C'est vrai qu'il est plus facile de solliciter à vie un logement social, de rouler en grosse bagnole et d'aller deux fois par an en vacances.
Mais il faut la bonne carte. 'Notre action profite à tous' ceux qui ont la carte bien entendu !

Progressiste Mr Di Rupo, visiblement certains de chez vous en profitent bien dans les mandats en tout genre dans les organismes publiques au service du citoyen.

Au service ? ... de qui ...?

En un mot, vous m'écoeurez vous et vos pareils.

Aux urnes..., je n'oserai dire plus !

Yvan.

Écrit par : Yvan | 28/05/2009

Ne confondez pas analyse et rêves secrets, le propre d'une analyse c'est d'être capable de décoder un message politique sans se positionner soi-même.

Yvan tu mentionnes à juste titre la sémantique du PS, contre le libéralisme et donc la crise libéral, associée erronément à un débordement capitaliste, né lui-même d'un interventionnisme soit-disant social (les subprimes) aux E.U. (voir mes billets s'y référant).

As tu regardé les 3 séquences vidéos proposées, celle ou di rupo se faisait remonter les brettelles par un Italien ultra gauche lors d'un meeting passé ? Les codes sont les mêmes, mais avec les termes 'ultras' placés devant capitalisme et/ou libéralisme.

X années plus tard et au rebond d'une crise économico-financière, le slogan supprime simplement ces termes 'ultra'.

Lorsque des petites formations émergentes, de type écolo, prenne suffisament d'ampleur que pour faire affluer 10 % du vote socialiste, il estdonc normal que Di Rupo choissise en dernier recours à dualiser le débat dans lignée de la très ancienne et connue lutte droite-gauche.

Pour des raisons que vous comprendrez, je ne ferai pas l'apologie de mes choix politiques personnels, tout au plus je remarque que dans tous les cas la particratie à encore de beaux jours devant elle, et sur ce point, tant Reynders que Di Rupo ont gagné la manche, vos réactions en sont la preuve, vous voilà contraint de vous positionner contre ou avec eux..., mais sur le fond on a rien abordé du tout, ni projet de coalition, ni vision claire sur les programmes, et pire aucune vision sur le redressement des déficits abyssaux en matière de budget fédéraux et régionaux.

Dans 2 ou 3 ans, progressistes comme libéraux devront pourtant nous faire cracher au bassinet, ou alors ... ?

;-)

Écrit par : olivier | 28/05/2009

@ Olivier, oui j'ai vu la vidéo qui montre qu'il existe des extrêmes à gauche, même si souvent on se contente ou réserve de ne remarquer que ceux de droite.
Ma position n'est pas de me situer à gauche ou à droite mais celle de revendiquer une reconnaissance de l'effort, de l'investissement personnel, du sacrifice et du droit au juste retour des fruits de son travail.
Il apparaît clairement, j'ai lu les programmes des 'progressistes', que la catégorie des courageux, de ceux qui veulent s'en sortir, n'est pas prise en compte ou si peu considérée.

Pour en revenir à l'analyse, il est clair que le citoyen est manipulé.
Il s'agit d'appeler au sens de la solidarité, de la défense des droits des travailleurs, au sens de l'humain, des solutions durables,...
Mais en fin de compte le problème de chacun d'entre nous n'est jamais évoqué.
La crise financière et économique, beaucoup d'entre en sont déjà les victimes et demain il faudra encore en supporter les conséquences.
En attendant certains personnages qui se disent proches du citoyen, n'auront pas ces problèmes. Ils leur suffira d'augmenter leurs émoluments ou de les multiplier auprès des différentes infrastructures publiques.

C'est la vérité cachée.

Yvan.

Écrit par : Yvan | 28/05/2009

Un oubli.
Le Soir Mercredi 27 mai : économie : Silicon Valley, nous voila !
Que nenni, pas question de la bande de joyeux fêtads du Parlement Wallon.
Des jeunes, en DEHORS DES CIRCUITS CLASSIQUES D'AIDE A L'EXPORTATION...

Prenez-en de la graine les bronzés de Californie !

Yvan.

Écrit par : Yvan | 28/05/2009

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