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20/04/2009

Ethique et politique

Nous avons assisté hier, comme souvent, à un faux débat. Disons une table ronde, des monologues successifs et quelques “prises de parole” complètement déplacées, du genre d’Happart qui clot grossièrement le bec du journaliste par un “vous avez vos questions, j’ai mes réponses” sans appel. Sauf que, ses réponses ne sont pas celles aux questions posées. Dans ce cas, pourquoi ne pas couper la parole –ou le micro?


Faux débat, parce que les deux notions abordées n’ont pas été définies: ni l’éthique, ni la politique. Or, manifestement, les termes n’ont pas le même sens pour les interlocuteurs. L’éthique ce sont les règles du bien agir dans un métier, une profession donnée. Elle relève le plus souvent d’un code –tiens, comme le code de bonne gouvernance des entreprises, du cher Lippens. Il eut fallu savoir si les partis en présence ont déterminé une éthique? Une charte? Un code? Quand? Avec quel contenu? –ne riez-pas, paraît que le PS en a un. Ou alors, en gestation.

Il eût été utilie aussi de distinguer éthique et morale: la morale, c’est la conscience individuelle, universelle, d’un bien et d’un mal (et non du permis ou du défendu).Moralement je sais qu’il est mal d’arracher les ailes d’une mouche, éthiquement la recherche scientifique m’interdit de le faire pour, disons, me faire avec dix mille paires un joli éventail. Oui, je sais, ça vire encore à cours de philo, mais je me pose la question: un individu sans morale (sans norme interne) peut-il avoir une éthique? Je ne le crois pas.

Politique? Je n’ai pas entendu UNE SEULE FOIS parler de politique, au sens de projet sociétal,  au sens de “bien commun”. Pas même au sens dévoyé d’idéologie. MR, CDH, PS –avez-vous entendu, de votre côté, un accent propre, caractéristique? –avez-vous décelé une vision? Zero.

La découverte , pour ceux qui en doutait, est qu’Happart n’a jamais été socialiste. De quoi se glorifie ce piètre tribun? D’avoir tenu tête au TAK, d’avoir fait des voix, beaucoup de voix, plus de voix que tout le monde ici, de n’être pas une lavette... Happart se glorifie d’être un chef de faction, porté au pouvoir par le vote de milliers de wallons qui n’avaient pas voté pour une politique, mais pour un refus, une certaine image de la résistance, donc, une vague figure leur rendant fierté et dignité (croyaient-ils: maintenant, voyez). Que cet indigent personnage ait eu le succès que l’on sait (et son frère, et son neveu...), en dit long sur la maturité politique d’un électorat. Mais aussi sur l’opportunisme d’un meneur vendu au plus offrant, et qui a pendant une longue carrière fait largement payer par le contribuable son soutien à la cause socialiste. Happart, c’est le profitorat impudent, l’arrogance du parvenu et l’amoralité viscérale porté au pouvoir par les mêmes, sans doute, qui trustent sur Facebook l’inénarrable “Papa”...

Happart, Van Cau n’ont jamais été socialistes, ni parlementaires: ils ont utilisé des outils pour s’élever là où ils sont. Pire, -j’en aurais presque pitié du PS-, ils semblent préférer entraîner dans leur chute le parti qui les a grassement nourri, pour autant qu’il ensevelisse dans ses décombres celui qu’ils jugent “responsables” de tout le mal qui leur arrive. Et pareil, me semble-t-il, pour le parlement: car leur défense est de rejeter la boue sur l’ensemble des institutions, pour se dédouaner de leur propre odeur de purin.

Une seule réponse est possible pour l’électeur: au delà de l’indignation, de la colère, du dégoût devant ce triste personnage, prendre conscience de sa responsabilité. Nous sommes tous coupables, même si nous n’avons pas voté pour cet arriviste opportuniste. Nous n’avons pas été capable de définir un projet de société valable, un bien commun équitable, un idéal réalisable, nous n’avons pas été capable de donner de l’importance à la politique, nous n’avons pas favorisé l’éducation à celle-ci ni la participation citoyenne. Dans l’opulence (pour beaucoup relative) de la fin du siècle dernier, nous avons laissé la chose publique aux mains de tribuns et aussi d’incapables.

Il y a une solution. Elle s’appelle le vote responsable. Ne nous plaignons pas de la difficulté du choix, le 7 juin prochain. L’énergie que nous mettrons à trouver nos“ELUS”, prouvera la  conscience  et l’importance que revêt désormais pour nous le premier acte citoyen: voter en conscience.

Aux urnes citoyens!

Commentaires

"jai fait des scores que vous ne ferez jamais"
Ceci résume le problème...
Ceci résume le problème actuel de notre démocratie...

Etre élu et faire un score justifie tout.
"Je suis élu donc j'ai un mandat pour faire ce que je veux" semble être le leitmotiv de nos gouvernants. Je ne vise pas que les scandales comme le california gate mais toutes les attitudes des élus...

Genre, le CD&V qui ne se concentre que sur la partie "communautaire" de son programme et oublie tout le volet socio-économique.
Je vise les mandataires qui sont "blanchis" car élus.
Je vise un alcolo notoire qui dépense 50.000euro en 15 jours à Pékin (et trouve encore des souches dans son pantalon) mais qu'on ne dégomme pas parce que "tout le monde aime papa"Je vise les gens qui s'asseyent sur les résultats d'une consulatation populaire en s'estimant plus légitime que l'avis des citoyens parce qu'ils sont élus.
...
l'argument consistant à se justifier parce qu'on fait "des scores que vous ne ferez jamais" est une tromperie éhontée. Ce n'est pas une justification monsieur Happart... c'est une responsabilité!

...
responsabilité que le citoyen oublie notoirement d'exercer en revotant pour des crabes... ou peut etre en n'ayant pas le choix de voter pour lesdits crabes car trop bien positionné sur les listes?

Écrit par : Chaos Theory | 20/04/2009

jai fait des scores que vous ne ferez jamais"
Ceci résume le problème...
Ceci résume le problème actuel de notre démocratie

C'est bien ce que je dis, que le citoyen reste dans sa couleur de coeur,mais coupe l'herbe sous le pied de ces grandes g... Votons petit pour devenir grand , les crabes à la casserole

Écrit par : paturon | 20/04/2009

Bonjour,

Je vous lis régulièrement depuis quelques jours.
J'adhère à vos souhaits d'une autre politique, citoyenne et responsable.
Mais sincèrement, et ça ne me fait pas plaisir de l'écrire, au soir du 7 juin, nous constaterons tous que rien n'aura changé.
Peut-être y aura-t-il un peu plus de vert, un peu moins de rouge, etc... mais ce ne sont pas ces insignifiantes fluctuations qui changeront quoi que ce soit.
La cruelle réalité est que la majorité des gens n'appréhende pas l'importance d'un nécessaire changement, parce que ces gens n'ont pas l'intelligence nécessaire pour se sentir concerné par cet enjeu.
Je suppose que je choque certains d'entre vous en écrivant cela. Je ne me prends pas pour un type au-dessus de la moyenne, mais je suis certain de ce que je dis.
S'il en était autrement, je suis convaincu que nous n'en serions pas là...

Écrit par : gérard | 20/04/2009

@Gerard: bonjour, bienvenue :0) -nous ne pouvons pas nous permettre d'être pessimistes. C'est déjà quelque chose que de ne pas consentir, personnellement, au grand boxon général, et de faire le peu que nous pouvons faire pour tenter de l'ordonner. Rapport à l'intelligence des électeurs, il y a, de fait, des irrémédiables; mais aussi ceux qui n'ont jamais "appris" à voter, qui n'ont jamais eu conscience de l'importance de l'acte -parce que la particratie le prive de son pouvoir réel. je pense que sensibiliser les gens à revendiquer le plein exercice de leur droit, celui de CHOISIR des gens, des candidats, et non pas donner des voix à un parti, pourrait avoir une efficacité. ça rendrait de l'importance aux votes, que de montrer que les partis essayent de les confisquer. Il pourrait y avoir une saine réaction. Pour cela, il faut une éducation... et dans l'urgence actuelle, c'est la presse qui peut aider à la sensibilisation. Si elle accepte de "dégonfler" les listes en signalant les candidats-bidons, ce serait déjà un point...

Écrit par : pamina | 20/04/2009

Encore une fois, il faut changer le système: un vote à deux tours avec un parti unique au pouvoir et beaucoup de chose changerons de par l'alternance et une véritable opposition. BASTA DE LA MISE EN COUPE REGLEE DE L'ETAT. Politiciens, vous nous devez des comptes !!!

Écrit par : HUPEZ | 20/04/2009

Nos hommes politiques devraient suivre l'exemple de Cincinnatus. (je ne sais si Cincinnati était dans le programme de leur voyage :-) )

Dans la Rome antique, Lucius Quinctius Cincinnatus, issu d'une famille patricienne, fut, en 460 av. J.C., Consul de la jeune république romaine (créée en -509, elle durera 482 ans). Il fut également dictateur à deux reprises en - 458 et -439. av. J.C.
Sommé par la justice d'avoir à payer la forte caution engagée pour le jugement de son fils Céson Quinctius, jeune homme violent, qui s'était enfui avant sa comparution, Cincinnatus fut contraint de vendre tous ses biens familiaux..
Victime du premier exemple connu d'une caution de justice, il dut se retirer au-delà du Tibre, où il vivait dans une chaumière , à l'écart, au milieu d'un champ de quatre arpents.
Deux ans plus tard, Rome est menacée à l’Est par les Aequi et au Sud-Est par les Volsques qui tiennent encerclés, sur le mont Algide, l'armée romaine du consul Minucius. Les sénateurs, redoutant à la fois d'armer le peuple et les troubles qui s’emparent de la Cité, se résolvent à faire appel à Cincinnatus.
Ils le trouvent, alors qu’il se consacre à la culture de ses terres. Creusant un fossé et appuyé sur sa bêche, selon les uns, derrière sa charrue, selon d'autres. Ils le supplient d'accepter la dictature (le commandement suprême de la ville) et de revêtir la toge, symbole de l'autorité publique. Cincinnatus sait que son départ risque d'affamer sa famille, si en son absence les récoltes ne sont pas engrangées. Après avoir essuyé la poussière et la sueur de son front et revêtu la toge, apportée par sa femme, Racilia, il accepte néanmoins. Il se porte à la tête des légions, bat les Aequi et les Volsques, auxquels il impose de passer sous le joug. Il abdique au seizième jour de sa charge pourtant conférée pour six mois, et s'en retourne à sa charrue.
Ce dévouement à la "res publica", littéralement la chose publique, ce désintéressement face au prestige et aux avantages du pouvoir, cette abnégation manifestée envers ses propres intérêts privés pour servir le bien commun, sont devenus pour la postérité un exemple d'efficacité du commandement, de dévouement au bien public et de modestie. En un mot, de Virtù. La fameuse vertu.

http://vosprioritespolitiques.blogspot.com/

Écrit par : pierre fendregella | 20/04/2009

oui, la vertu, celle qui fait retrousser le nez des parvenus.... L'éducation politique devrait commencer par l'éducation des politiciens, histoire d'en faire peut-être des hommes politiques, et des hommes d'Etat (on peut rêver!).
Bienvenue sur ce blog. Je vois que nous travaillons en parallèle. Si nous fédérions les blogs citoyens, et nos initiatives?

Écrit par : pamina | 21/04/2009

Si nous fédérions les blogs citoyens, et nos initiatives? La réponse d'un vos lecteur est oui, c'est à réaliser et au plus vite

Écrit par : paturon | 21/04/2009

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