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07/04/2009

Du mépris du droit de vote

Il semble que certains hommes politiques se fassent une singulière idée de la motivation politique du Belge moyen. Ainsi, Monsieur Frederic, député ps, a-t-il expliqué avec pas mal de désinvolture que des retards administratifs empêcheraient des Belges de l'étranger de voter. Pas grave, de si loin sans doute ils ne sont pas concerné par les élections régionales... je me fais le plaisir de publier ici la lettre, demeurée sans réponse, de Gerard Mathar, belge du Québec

 

Merci Gerard!


Lettre adressée à Mr André Frédéric, député fédéral PS.
 
 
Monsieur Frédéric,
 
Je vis au Canada. Je regardais ce matin le journal de la rtbf sur TV5, lorsqu'un reportage m'a appris que pour d'obscures lenteurs politiciennes, il ne me serait pas possible de voter aux élections régionales de juin prochain, comme ce sera le cas pour tous les Belges vivant à l'extérieur de l'Union Européenne.
J'aurais pu trouver cela tout simplement désolant, et finalement assez peu surprenant de la part d'un État lourdement handicapé par une lenteur administrative omniprésente.
Par contre, je n'accepte pas les propos lamentables que vous avez tenus sur un ton nonchalant. En effet, à vous en croire, les problèmes régionaux ne nous intéressent pas puisque nous vivons loin de notre pays d'origine, donc si nous ne votons pas, ce n'est pas très grave...
Vous ne manquez pas d'air ! Vous foulez aux pieds la liberté d'expression de milliers de personnes, vous vous tapez complètement de notre droit de vote comme si ce droit n'avait pas plus d'importance pour vous que de la pisse de chat. Des citoyens de second ordre !
Votre intervention m'a révolté, pire dégoûté ! Croyez-le ou non, l'avenir et le bien-être de ma région me concerne bien plus que l'avenir du fédéral qui n'en a de toute façon aucun !
Ne nous revenez pas avec de sombres excuses d'horaires surchargés, de textes à soumettre et autres platitudes dont les hommes politiques de tous bords nous abreuvent si souvent.
Votre incurie va empêcher des milliers de personnes d'user d'un de leurs droits fondamentaux !
Une bévue de plus à ajouter à une longue liste qui, en Belgique, n'est pas prête de se terminer.
Je vais demander ma citoyenneté canadienne sans attendre.
 
Gérard Mathar
246, Riverside
Matapédia, Qc
G0J 1V0
CANADA
1 418 865-1310
par la même occasion, je vous invite à visiter son site... et qui sait, à aller manger ses champignons!

Commentaires

Oui, Pamina, je compatis... Mais je suis aujourd'hui adulte (quoique...) et je me dis plusieurs choses, car j'ai (malheureusement) arrêté d'être naïf :
- Des comme ça, il suffit de se pencher pour en ramasser. Selon la sensibilité de chacun, on réagira plus ou moins fort à telle ou telle absurdité que nos politiciens nous distillent. La tienne étant canadienne...
- Un des soucis majeurs est que les wallons étant tellement baignés dans ces conneries, et vu leur niveau scolaire actuel, ils ne réagissent plus : soit ils sont "clients", soit ils sont usés...
- Des idéalistes de touts bords passent leur temps à hurler contre ces inepties : les politicards s'en foutent, confortés dans les résultats des votes. Et c'est normal et logique : "je me fout de ta gueule depuis 40 ans, et tu continues à voter pour moi : pourquoi je ferais attention à un crétin qui hurle dans la rue ?!?"
- Donc, par voie de conséquence (mais je me répète, hélas), la seule manière de faire changer les choses n'est pas de caller des oeufs à Zaventem lors du retour des crétins (quoique ce n'est pas l'envie qui me manque), mais de les combattre sur le terrain démocratique : via un parti. Les manifestants anti-OTAN à Strasbourg ont peut-être tout cassé, ils ne seront jamais écouté, et pour cause : ils représentent quoi ? Rien... Ce n'est donc pas de la démocratie.
- Ceci étant dit, ce que tu cites démontre à suffisance le mépris de nos politicards à notre égard. Quoique... Le truc est tordu (tiens donc !) : les exilés sont majoritairement des universitaires, donc essentiellement des cadres ou indépendants. Donc qui votent plutôt MR (le seul parti un peu à droite, et encore). Donc, vous me suivez ?, si ils ne votent pas...

Christian

Écrit par : Christian Coppe | 07/04/2009

Bonjour Christian,

On peut dire que tu ne maches pas des mots, bien que fondamentalement, tu dois avoir raison en bien des points.
Permet moi juste de revenir sur une phrase : ''la seule manière de faire changer les choses n'est pas de caller des oeufs à Zaventem ''

Je comprend ce point de vue mais je t'expose ma lecture :

Le citoyen a vite fait d'exprimer son mécontentement dans des espaces strictements balisés (citoyen-citoyenne, belrtl soir, micro-trottoir, blogs, forums). Le seul moment ou le monde politique prête oreille, c'est lors du processus electoral.

Il y a longtemps, je suis passé devant le conseil provincial de la milice (c'était en 84), la décision de ce comité m'a été défavorable, et j'ai exprimé mon déssacord profond et ce que je ressentais pour injuste à l'époque, très sèchement un des commissaires me rétorqua : Monsieur ! vous votez aux élections, donc c'est à vous d'accepter les lois pour lesquelles vous avez voté !

La messe était dite, je vote, donc je n'ai plus qu'à fermer ma gueule...
Et bien depuis ce jour la, j'ai décidé de ne plus me contenter d'exprimer mon désaccord par le vote pour l'un ou pour l'autre, et de monter au créneau à chaque bonne raison de le faire, d'interpeller directement l'élu au besoin, y compris jusqu'aux ministres ou premier ministre.
J'estime donc, que si il est difficilement contestable que des mandataires politiques ont abusés de la largesse des frais d'une mission, nous avons aussi un devoir qui prolonge celui des médias, qui eux ne font que relayer l'info en théorie, manifester directement notre désaccord, un mandat ne vaut que lorsqu'il respecte des règles déontologiques et éthiques, ici nous nous en éloignons suffisamment que pour démontrer que cela ne passera pas.

Même si je dois y aller seul, j'irai, et pas question de jeter des oeufs, ni de vociférer, je compte juste les interpeller et demander le remboursement des frais indus ou leur démission. En espérant l'effet redondant des médias afin que cet acte pèse sur l'opinion publique, à partir de là, l'électeur votera en connaissance de cause en juin.

Pas question de jouer les Don Quichotte contre les moulins à vent, mais de faire entendre sa voix, la ou elle portera le plus loin, si possible en nombre suffisant pour que le message gagne en légitimité.

Pour l'autre combat, celui sur le terrain démocratique, je l'entend bien aussi, mais exprimer ses griefs n'est-il pas déjà un acte de démocratie participative ? Outre le principe de se jeter dans l'arène politique, qui au surplus ne m'intéresse pas tant que ca, dans la mesure ou ce microcosme socio-professionnel est déjà verouillé de l'intérieur (les cabinets étaient fermés de l'intérieur).

Je pense sincèrement que certains actes obligent le politique à se positionner par rapport à la revendication, c'est déjà un bonne raison d'agir, puisqu'après nul ne peut l'ignorer avec l'innocence d'un 'je ne savais pas'.

N'oubliez pas que nos armes sont aussi nos faiblesses, celle de partir perdant en estimant qu'ils s'en foutent en est une, et pourtant c'est une erreur, j'en suis convaincu.

bien à toi

Écrit par : olivier | 08/04/2009

@olivier et christian
en fait je suis d'accord avec tous les deux :0) (et ce n'est pas une position chevre-choux). je pense qu'il faut interpeller, empêcher le système de tourner en rond; et je pense aussi qu'il faut entrer dans le jeu politique, par un parti. j'ai freiné des 4 fers à l'idée de COMMENCER par un parti. on ne s'improvise pas à trois mois des élections, sinon, c'est purement et simplement de l'amateurisme. L'idée du mouvement précède pour moi celle d'un parti, défini clairement dans ses principes, mais souple quant aux sensibilités donc aux modalités d'application. Je vois bien un mouvement citoyen converti en parti, pour les prochaine élections. Et des citoyens exigeants, d'ici là, et au-delà.

Écrit par : pamina | 08/04/2009

@christian: ton analyse: "soit ils sont "clients", soit ils sont usés" me frappe particulièrement. Je la crois juste, hélas. Mais si le bois est bon, c'est juste la couche de vernis qui est entamée... ;0)

Écrit par : pamina | 08/04/2009

Nos politiciens se fichent pas mal de nos votes qui n'influencent que très peu le scrutin ! L'inégalité des citoyens est totale devant le vote : les uns ont droit aux subsides et à l'accès aux médias, les autres pas, alors que tous ils financent les partis par leurs impôts !
Certains hommes politiques osent se présenter à une élection alors qu'ils savent à l'avance qu'ils n'occuperont pas le poste en cas d'élection. Les suppléants sont "choisis" par les présidents de partis, alors qu'en bonne démocratie, devraient suppléer, ceux qui, après les "élus", ont obtenu, sur la même liste, le plus de voix de préférence...
J'en passe et des meilleures...

Écrit par : Léon-Pierre DAVID | 08/04/2009

vous soulevez un point essentiel, et c'est au citoyen de revendiquer le droit de ne pas être trompé par des candidatures fallacieuses. Je ne vois pas, si la question est posée de façon récurrente, et si les citoyens interpellent à ce sujet les chefs de partis, comment ceux-ci pourraient défendre la situation actuelle. Ce point a été évoqué dans une discussion sur ce blog, nous sommes tous d'accord pour en faire un point prioritaire

Écrit par : pamina | 08/04/2009

Je me demande dans quelle mesure cet "empêchement de vote" d'une catégorie de citoyens est conforme à la loi, ou même à la constitution.

Vous me direz qu'à l'heure actuelle, la constitution, tout le monde s'en fout...

Pour le reste, il est indispensable d'inventer une nouvelle forme de démocratie.

Voter une fois tous les quatre ans pour un pignouf qui ensuite fait tout et n'importe quoi en mon nom, pas d'accord.
Surtout qu'ensuite, on me prie fermement de fermer ma g...(désolé d'être grossier).

Sans que ce soit aucunement un remède miracle à lui tout seul, le vote uninominal à 2 tours pour les régions me semble tout de même déjà plus clair pour l'électeur dans le choix d'une orientation idéologique. (désolé d'insister grossièrement...).

Evidemment, ce n'est pas cela qui empêchera les voyages touristiques ou les chaudières à Carcassonne.

Écrit par : john rothschild | 08/04/2009

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