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13/03/2009

Eloge de la méthode

Je suis (personne ne veut le croire sauf mon mari et les rares personnes qui entrent dans mon bureau), une personne de nature bordélique et de culture cartésienne. Ma vie se résume à un long combat contre l’entropie. L’entropie? La valeur qui correspond au désordre et qui tend à croître dans l'univers. Résultat ? Sur le plan pratique personnel, assez piètre (quelqu’un aurait vu le bidule qui sert à calculer la clé qui permet d’accéder à mon compte bancaire internet ?) ; sur le plan de l’image personnelle, on me considère d’habitude comme tellement structurée, architecturée que parfois mon anticonformisme ou goût de la fantaisie font l’effet d’une bombe atomique. Où veux-je en venir ? Satisfaire l’ego du blogger ? –Celle-là, Eric Bruckmann, franchement, elle a du mal à passer. Non… aujourd’hui, je veux faire l’éloge de la méthode…


On oppose souvent étude, méthode, travail, et créativité : l’œuvre vraiment originale naîtrait de la pulsion, de l’impulsion créatrice réinventant en son entier tout le processus artistique, la culture déboucherait strictement sur l’imitation, la répétition, le conformisme. Pour que vous compreniez bien, je vais essayer de mettre ci-dessous une photo d’un produit bassement culturel et un produit purement créatif, histoire que vous compreniez bien les « vraies valeurs » que défendent les théoriciens de l’art brut (quand je vous dis : entropie…. Je suis en train de glisser vers un cours de philo).

Qu’est-ce qui m’a sauvée de l’entropie (celle qui me faisait perdre mon hochet, ma cuillère à panade, mon cahier de rédaction, la tête devant une équation du 3e degré) ? Des idées et le goût d’entreprendre, de réaliser. La modestie de regarder ailleurs, autour de soi, comment d’autres ont fait. La patience de faire et de refaire (souvent aussi de défaire). L’humilité de reconnaître « c’est nul » ; « c’est naze » ; « c’est médiocre » ; « c’est pas mal » ; « je crois que c’est bon » ;  et l’orgueil de rêver que cela puisse un jour être excellent. Qu’est-ce qui m’a sauvé de l’entropie dans les projets qui me tenaient à cœur ? Une constante exigence, la méthode, et le travail.

Méthode : se documenter – accumuler des références – nouer des liens – s’informer auprès de personnes compétentes – oser solliciter de l’aide – s’arrêter pour penser – éviter les réunionites et… prévoir au cas où les défections, les traitrises, les bassesses à venir. Acheter de la valériane pour contrer les insomnies, et ne jamais oublier de regarder le soleil qui se lève comme le premier, ou le dernier, soleil à se lever. Ça rend un « je t’aime » à son amour plus important que n’importe quel projet, et c’est très bien ainsi.

Travail : travail – travail – travail. Ou alors travail – rigueur –intransigeance. Je m’en fous que ces mots aient mauvaise presse, connotent « facho », ce que je ne suis pas, ringard (ce que j’espère n’être pas) ou quoi que ce soit d’autre. C’est ce qui me permet de parfois m’asseoir, et d’être contente de moi. Pas parce que ce que j’ai fait, c’est le meilleur, mais parce que c’est ce que j’ai fait de mieux, en faisant tout ce que je peux.

J’ai fait récemment l’expérience d’un travail d’équipe, un travail dont j’étais responsable. Ces principes là, j’ai tenu à les appliquer et c’est vrai que beaucoup m’ont trouvée dure, exigeante -et pour tout dire pompante. Les mêmes qui aujourd’hui se demandent comment on a pu y arriver.

Sur le site de Lidé m’est venue une image rapport à l’organisation. Un mouvement peut être composé de différente parties et rythmes. On peut privilégier à tel ou tel moment tel ou tel pupitre (cymbales ou violons), donner la parole aux basses ou au sopranos, on peut faire un concerto ou une symphonie, mais en définitive si on veut éviter la cacophonie, il faut une idée générale, une ligne mélodique que tout le monde connaisse et reconnaisse avant de commencer à faire des variations. Il faut aussi une orchestration pour équilibrer tout ça, un garde-fou pour éviter que chacun ne s’improvise soliste…

Je n’ai pas parlé de chef d’orchestre, parce que l’idée d’un parti avec un grand orchestrateur, ça ne me plaît pas du tout. Par contre, j’aime assez l’idée d’un concert composite, où des chefs invités viennent présenter la musique qu’ils ont dans la tête, trouvent dans un réservoir de talents les musiciens et choristes qui ont envie de se laisser guider dans cette direction, et prêtent leur concours pour le plaisir de tous…

Oh… je crois que j’ai oublié une notion importante : celle de dévouement. Rien ne se fait sans dévouement. Dévoué à un rêve, dévoué à un idéal… l’étoile que chante Brel en Don Quichotte ;0)

Commentaires

Je suis d'accord et je reviens toujours avec le même leïtmotiv, c'est la course aux élections qui a fait perdre la tête à LiDé. La faute à qui?

Maintenant, il faut s'assoir et réflechir et repartir.... avec structure. Mais est-ce que LiDé peut le faire, avec son image de marque actuelle? Je n'en sais rien.
Ce que je sais, c'est que jamais je ne sacrifierai une partie de ma vie de famille ou de mon travail sur l'autel d'un projet que je pense ne pas pouvoir défendre s'il dérape.
Je pense qu'il faut des balises claires et précises et de là, on peut avancer. Ce n'est pas passé médiatiquement... La faute à qui?

Mais il est trop facile de tirer sur le chef d'orchestre quand le pianiste a laissé faire et a oublié de faire accorder son instrument.
On a tous raté une occasion. Mais ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts ;-)

Écrit par : Régis Warmont | 13/03/2009

nous sommes exactement sur la même longueur d'onde. y comrpis pour la citation de Nietszche ;0) ouach, ça fait extrême droite lollllll

Écrit par : pamina | 13/03/2009

100 % d'accord, la course aux élections est indubitablement une des causes des problèmes.

1- une orientation claire et précise + charte permettant à chacun de s'identifier ou non (sur les principes)

2 - l'élaboration d'une structure identifiée,publique et transparente

Qui ?, Quoi ? Comment ? Ou ?

3 - la (re) construction d'un programme développé et étayé (ce n'est pas la quantité qui compte mais la qualité du projet et de chacune de ses composantes, même s' il faut lui laisser un caractère évolutif), c'est probablement le plus difficile à élaborer sérieusement. Ne pas hésiter à le proposer à des avocats du diable afin de tester sa résistance et son objectivité, sinon les médias s'en chargeront et l'opinion tranchera.

4 - Développement d'une communication sans faille, rigoureuse et surtout sans fausse note !

5 - Et enfin la concrétisation d'un avenir politique sur le plan électoral (après le temps de maturitation du projet).

En gros, je pense avoir résumé mon avis.

Pamina, joli texte ;-)

Écrit par : olivier | 13/03/2009

Lollllll avec Régis, ça fait trois opinion très proches... on fonde une asbl lolllllll??? -je plaisante.

Écrit par : pamina | 13/03/2009

Quelle bouffée d'oxygène sur votre blog, Pamina.

J'ai aussi "découvert" Régis et sa vision des choses en visitant le sien (de blog ...), et je me suis aperçu qu'il était bien trop discret et effacé dans la défense de ses idées.

Je suis tout à fait d'accord avec Olivier : il faut abandonner cette course absurde aux élections, sans structures et sans programme solide, en ayant à l'esprit les objectifs fondateurs soit l'honnêteté et la sincérité en politique, et booster la Wallonie (et la Belgique, et l'Europe) dans son développement économique et son état d'esprit.

Écrit par : john roth | 13/03/2009

On peut envisager de fonder un club...

Savez-vous, chère Pamina, qu'un chef d'orchestre est rarement le compositeur de la musique qu'il fait jouer ? Il se "contente" d'organiser les musiciens qui, chacun dans son domaine, est plus talentueux que lui... Mais lui, grâce à son talent propre, permet la réunion de tous les sons produits par les musiciens pour produire une superbe harmonie !

Je ne suis donc pas d'accord avec vous sur l'absence d'un chef d'orchestre. C'est peut-être une conséquence de l'âge et de l'expérience. Récemment, j'ai activement participé à la mise sur pied d'une association d'indépendants belgo-français. Après 8 mois de discussions démocratiques et concensuelles, nous en étions au point zéro pointé. Oh, tout le monde avait donné son avis sur tout, assurément ! Nous étions donc en possession de 76 avis différents sur la table, et rien à l'horizon... C'est alors qu'un des participants m'a dit "je pense que je vais faire un petit peu de démocratie à la chinoise...". Il a mis une synthèse d'idées sur la table, a laissé aux 76 personnes 1/2 heures pour voter, sinon le projet tombait à l'eau ! 1/2 heure plus tard, le projet était adopté, et mon ami en est toujours le leader.

Même si ça heurte vos convictions profondes (et celles de Régis, je le sais), un (deux ?) chef d'orchestre est nécessaire, au risque de faire patiner un projet.

Je ne sais qui je verrai demain à Namur, mais il faudrait qu'on se retrouve tous devant un verre un jour...

Christian

Écrit par : Christian Coppe | 13/03/2009

Deux chefs d'orchestres qui doivent se consulter avant une décision (comme chez Ecolo ;-)), ça me va ! :)

Écrit par : Régis Warmont | 13/03/2009

je suis tout à fait d'accord avec l'analyse de christian à condition que le(s)chef(s) ne joue(nt) pas avec des boules quiesses dans l'oreille... il n'y a de pires sourds que ceux qui ne veulent entendre

Écrit par : jacques legrand | 13/03/2009

En tout cas je viens de consulter la dernière proposition du mouvement politique signé E.B. ET J.L.

je veux pas tirer sur l'ambulance mais j'ai rarement lu un truc aussi emprunt d'ignorance...

Bon ok il faut bien proposer un truc, mais parfois mieux vaut se taire...

halalalala

Écrit par : olivier | 13/03/2009

@Jacques : un chef d'orchestre sourd, vous savez, en dehors de Ludwig von Bethoven, c'est rare ! C'est pourquoi j'aime assez, précisément, l'image du chef d'orchestre : c'est également lui qui dira si quelqu'un joue faux (suivez mon regard...).

@Régis : c'est effectivement au schéma bicéphale d'Ecolo que je pensais : au début j'étais trè ssceptique, mais à l'usage, on remarque que ce n'est, finalement, pas trop bloquant ;-)

@Olivier : faut dire... Je présume que cette proposition DLU émane des cotisants, a longuement été débatue sur le forum et en diverses réunions avant d'être jeté en pâture aux médias et au bon peuple qui était avide de connaître le remède miracle de LiDé...

Avant d'aller s'allier au MR, on demandait notre avis, mais on s'en foutait. Aujourd'hui, on ne demande même plus notre avis. C'est ça, la démocratie !

Christian

Écrit par : Christian Coppe | 13/03/2009

Je sais pas d'ou ca sort Christian, j'ai vraiment pas envie d'entrer dans le détail mais ca ne tient pas la route ce truc de dlu sociale, pour des raisons constitutionnelles d'une part, pour des raisons économiques et par simple raisonnnement. enfin bref... on va encore dire que je suis négatif et que je détruit, laissons les s'enfoncer , ca me gave...

Écrit par : olivier | 13/03/2009

Une direction, sans doute bicéphale, me semble en effet indispensable.

Nous envions tous une démocratie totale et ouverte, qui permet l'adoption de mesures prônées par une majorité.

Mais nous savons aussi les dangers de ce type de démocratie totale, capable d'adopter le rétablissement de la peine de mort ou approuvant des mesures ouvertement racistes etc...souvent sous le coup d'évènements émotionnels ou ponctuels.

Là doit intervenir une direction "éclairée" pour filtrer ou bloquer les excès éventuels.

Écrit par : john roth | 13/03/2009

@Olivier:
Je n'y étais pas présent (mon truc, c'est l'enseignement) mais à mon avis, c'est une synthèse d'une des universités...
Bah, c'est pas moins réalisable que d'autres propositions de campagne d'autres partis au pouvoir depuis 50 ans et au moins, cela montre que les propositions peuvent être moins simplistes et pas d'extrême droite.

Écrit par : Régis Warmont | 13/03/2009

je préfère cela aux intérêts notionnels

Écrit par : jacques legrand | 13/03/2009

Un peu fatigué (0:17), mais louons en coeur, chers amis, le bonheur que notre amie Pamina nous offre en nous permettant, à nous, simples fouteurs de merde, de nous exprimer ici, dans son blog à elle...

Merci à toi donc, muse de nos pensées, dont les écrits décapants réussiront peut-être à suffisamment nous botter les fesses pour que nous bougions enfin notre popotin vers l'élaboration d'un monde meilleur !

En tous les cas vers un projet commun, ce serait déjà ça... Et, je ne sais pas pourquoi, sournoisement, à lire les comiques là-haut, je commence à y croire...

Vivons donc d'espoir !

Christian

Écrit par : Christian Coppe | 14/03/2009

@ Regis,

Bien si, c'est totalement irréalisable sur plusieurs points, mais outre cela, le principe d'une subsidiarité conditionnelle telle qu'énoncée au taux de 6% démontre que leurs auteurs n'ont pas compris la portée de tels taux pour les secteurs concernés.

En vrac :

- Tout contribuable doit être égal devant l'impôt, il est donc inconstitutionnel d'imaginer un seuil d'imposition IPP particulier à un secteur de travail particulier.

- La TVA à 6% dans des secteurs à haute main d'oeuvre à pour but de soutenir le secteur concerné et de décourager le noir (cf construction-rénovation)

- Un engagement contractuel d'engagement, de nouveaux emplois, ne tient pas la route, allez discuter avec un restaurateur, il engagera si il a plus de boulot.

- Ne pas oublier que la TVA est payée par l'utilisateur final, pas par l'entreprise, ces mesures ne visent donc qu'à doper ou soutenir les secteurs concernés.

Concernant la DLU sociale proprement dite, pourquoi voulez vous que quelqu'un se dénonce ? Au mieux il engagera officiellement sans plus.

- suppression des plans d'embauches dans les secteurs concernés, c'est ignorer que des règles européennes existent. On supprime tout ou rien (je rappelle que dans le cadre du plan de relance, les partenaires sociaux avaient retenu l'abandon des plans sociaux particuliers pour la remplacer par une baisse des charges patronales pour tous sans disticntions, la région flamande à fait capoter ce point.

- De plus dans le cadre d'Activa, les mesures de réductions patronales sont parfois plus avantageuses que les 15% proposés dans la proposition Lidé (dans les faits 1.000/trim de réduction) faites le calcul.

- Pour les déchets, des obligations légales sont déjà d'application, les entreprises chaque année doivent rentrer des déclarations sur la production des déchets par catégorie et payent des taxes en fonction.

double emploi ?


Désolé Régis, mais je pige pas, certes, c'est mignon et gentil de proposer mais il faudrait peut-être un peu réfléchir avant de vraiment passer pour des cons... :-)

Écrit par : olivier | 14/03/2009

A tous, MERCI de construire un débat plutôt qu'une polémique!
aaaaaaaahhhhhh ça fait du bien. Y'a d'l'espoir ;0)
Petit rectificatif: je ne suis pas contre un chef d'orchestre (loin de là!), relisez-moi! Je suis contre un grand manitou, -genre Karajan à vie au symphonique de Berlin ;0), c'est différent. Pour cela que je parlais de chefs invités, qui s'investissent totalement dans une partie d'un concert. Une fois qu'on s'est accordé sur celui-ci (le meilleur pour la pièce choisie) , une fois qu'on a trouvé les musiciens qui ont envie de jouer la partition, on range les états d'âme et on joue à l'unisson. On obéit à la baguette.
Le programme final ne répond pas à l'attente? On peut débriefer APRES. Mais au moins on discute d'un RESULTAT, ce qui permet de sortir de l'impressionnisme et de la démocratie bla-bla.

ps mon mari est chef de choeur ;0) -main de fer dans gant de velours, et un "brin de démocratie chinoise", -quand on ira se prendre un verre ensemble, je vous ferai écouter le résultat final lolllll !!! parce qu'arriver à faire turlutter en québécois une chorale de sexagénaires de Vielsalm, faut le faire!

Écrit par : pamina | 14/03/2009

"faire turlutter en québécois une chorale de sexagénaires de Vielsalm"...belle définition de la politique, Pamina !!!!

Écrit par : john roth | 14/03/2009

lolllll noooooon! c'était un exemple de ce qu'on arrive à faire, avec une volonté commune et un bon chef d'orchestre, choisi pour un projet temporaire lolllll.

Écrit par : pamina | 14/03/2009

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