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03/03/2009

Qui nous informe? et de quoi? pourquoi?

J'ai suivi hier, en direct depuis les sites d'infos étrangers, le re-krach boursier attendu et prévu par nombre d'économistes. J'ai écouté et regardé hier la RTBF: au JT, c'est en fin de journal que nous avons eu droit à une info de 15 secondes (!) sur la chute des marchés boursiers et en particulier de Fortis. Elle n'a été ni développée, ni expliquée. Presse de ce matin: « Le trou noir de la finance » est le 6e titre de La Libre, ne figure pas en page d'accueil du Soir, et l'Echo trouve le moyen d'annoncer la chute boursière de hier en supputant le rebond de ce matin... 


Bon, ben, allons lire ailleurs… Notamment l’excellent édito publié ce matin sur Les Echos.fr, qui pense un peu plus loin qu’une campagne électorale régionale, et qui, au delà du populiste Aernoudt, pose des questions bien plus profondes :

 

LA CHRONIQUE DE FAVILLA

Où on va, papa ?

[ 03/03/09  ]

Quatre-vingt-dix mille chômeurs de plus en France en janvier, le double en Allemagne, le triple en Espagne. Les ministres en charge de l'économie reconnaissent que ces chiffres désastreux vont se répéter dans les mois qui viennent. Autrement dit, la crise sociale, conséquence de la crise financière, ne fait que commencer. A cet égard, le parallèle avec la crise de 1929 est instructif. Il s'était écoulé près de deux ans entre le krach du « Jeudi noir » et l'explosion du chômage en Europe, notamment en Allemagne. La fluidité des économies étant beaucoup plus grande aujourd'hui, les délais de répercussion sont plus courts. La gestion politique de la crise doit tenir le plus grand compte des diverses étapes de celle-ci.

Au cours des années 1930, la montée du fascisme en Europe avait été en partie nourrie par la défaillance du discours des autorités publiques. Les populations ouvrières s'étaient senties non seulement jetées à la rue mais abandonnées par les élites au pouvoir. Dans son maître ouvrage sur les origines du totalitarisme, Hannah Arendt explique que l'adhésion des masses populaires au fascisme ne s'est pas produite principalement par suite de leur appauvrissement mais du fait de leur déracinement : le sol se dérobait sous eux sans que la nation ne leur vienne en aide. La crise a donc eu une composante politique autonome par rapport à sa composante économique. Il faut en être bien conscient aujourd'hui.

On peut espérer que le G20, début avril à Londres, et l'ensemble des plans nationaux d'endiguement de la crise économique et financière produiront à terme leurs effets. Mais cela ne suffira pas à maîtriser, politiquement et socialement, l'année 2009. Les peuples d'Europe et d'Amérique auront besoin qu'on leur parle, qu'on leur explique quel chemin on emprunte, quel horizon se prépare et quelle solidarité on leur offre. C'est ce que vient de faire, avec le talent qui lui est propre le nouveau président des Etats-Unis. Dans de telles circonstances, si anxiogènes, les peuples sont comme des enfants dans la tempête ; ils ont besoin de croire qu'un adulte saura faire face. Le roman de Jean-Louis Fournier, qui a obtenu le prix Femina l'an dernier, était intitulé « Où on va, papa ? ». La question était posée par deux enfants handicapés. La crise qui commence va produire des millions d'handicapés sociaux. Personne ne peut prétendre la résoudre en claquant des doigts. Mais les gouvernants devront constamment nous dire où l'on va.

 

Voilà qui donne à réfléchir. Comme cette image RTBenne nous donnant hier à voir le ministre des finances et président du MR caressant des veaux dans le sens du poil. Image métaphorique de la campagne électorale, du politique rencontrant le citoyen ?

En tous les cas, les inquiétudes à l’étranger n’ont pas de raison d’être ici : si en pleine apocalypse internationale, alors que se règle à l’encan le sort de Fortis, que s’effondrent littéralement Dexia et KBC, pendant que court un déficit budgétaire accrut par le prêt à des banques qui avèrent leur évasion fiscale, notre ministre des Finances a le temps d’assumer sa présidence de parti en jouant de surcroît à « Martine à la ferme », c’est que tout ne va pas si mal, enfin…

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