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02/03/2009

Obama, la politique et l'idéal

Je rentre de New-York (oui, chanceuse que je suis), où la crise est très perceptible. Les Américains sont conscients, unis, et déjà farouchement au travail. C'est vrai qu'ils savent où aller: ils se sont choisi un leader (qui n'est pas un Fürer) qui leur montre à se battre pour un projet, un idéal. Très loin de la "politicaille", tout ça. 


La fin d'un monde... Un symptôme (sous forme de nouvelle "people"): Le "rainbow room", bar-restaurant au sommet du Rockfeller center (là où Cecilia ex-Sarkozy a épousé en xième noces Monsieur Attias), fermera ses portes à la fin de l'été prochain. Courrez-y vite donc, si vous voulez connaître ce lieu kitchissime et glamour qui depuis 50 ans  offre une vue inoubliable sur l'Empire State et la ville toute entière. A l'heure présente: plus de portier, de vestiaire, de cuisinier, de maître de salle: trois cacahuettes, un verre douteux, et le récit angoissé du serveur qui va rejoindre à l'automne la cohorte des employés de l'horeca et du tourisme licienciés. Des chiffres invraisemblables: selon lui, 70%. A vérifier, mais il est vrai qu'un "vide" se perçoit d'emblée. Le chiffrer? Impossible.

Un autre sympôme (toujours people) : la rédactrice en chef de Vogue, interviewée au sujet de la Fashion week à New York, entérine le style sobre, « exécutive » qui sera la nouvelle mode de l’automne prochain, et refuse de publier une photo d’une petite robe à 25,000$, car elle trouve cela indécent. Le style « bling-bling », le «Dubaï style », c’est fini.

Le wall street journal enfin publie un article sur la fin de la "ploutonomie", et célèbre le retour de mesures politiques, d'une vision d'avenir par delà l'effondrement actuel.

Les New Yorkais ne sont pas connus pour leur humeur particulièrement joviale, mais l’accueil du touriste a changé, est plus prévenant, plus soucieux de communication, d’échanges –peut-être parce que le rythme de travail change : il y a, de fait, bien moins de monde (si vous voulez visiter l’Empire State et la statue de la Liberté SANS LA MOINDRE FILE, c’est le moment)...

LE sujet de toutes les conversations, c’est LA crise. Elle n’est pas tabou, -le mot dépression non plus. Pas de propos lénifiants, pas de divertissement sur tel ou tel élément particulier (pas de focalisation du genre de l’affaire Fortis), ou d’antagonismes créés et entretenus à cette occasion: une vision globale, organique, COMMUNE des événements, et la conscience qu’il faut se mettre ici et maintenant au travail. C’est vrai qu’Obama est un homme d’Etat, il rassemble au lieu de diviser. Il a l’audace de présenter des plans ambitieux et en même temps constructifs,  visionnaires : l’éducation, les énergies vertes. Et face à cette mise en œuvre de moyens et d’énergie extraordinaires, il a le courage d’annoncer de façon churchillienne, du sang et des larmes. Il y a à cette heure 68% de ses concitoyens qui approuvent son action.

Retour à la Belgique. Dans l’Echo de ce matin : «Van Rompuy dénonce un catastrophisme exagéré ». Dans la Libre, les titres politiques sont : « Louis Michel : "On a diabolisé Rudy Aernoudt" » ; « Après Housiaux, Lizin désigne Dosogne comme bourgmestre » ; « Peu de chance pour Bert Anciaux » ; « Le débat et la gauche perdent Martou ». Mêmes thèmes dans Le Soir. Je vous dispense de la DH…

Sans commentaire –mais non sans réflexion. Si la politique, c’est ça, les amis, on n’est pas sorti de l’auberge…

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