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26/02/2009

Aernoudt, Reynders, Dutronc: je retourne ma veste

Vous rappelez-vous la chanson de Dutronc, "l'opportuniste"? 

Il y en a qui contestent/ Qui revendiquent et qui protestent/Moi je ne fais qu'un seul geste/Je retourne ma veste, je retourne ma veste/Toujours du bon côté / Je n'ai pas peur des profiteurs/Ni même des agitateurs/Je fais confiance aux électeurs/Et j'en profite pour faire mon beurre / Il y en a qui contestent/ Qui revendiquent et qui protestent/Moi je ne fais qu'un seul geste/Je retourne ma veste, je retourne ma veste/Toujours du bon côté...

Alors? A chanter en Solo par Aernoudt? Duo avec Reynders? grand chorus et concert de Lidé-MR? On nous sert de part et d'autre de laborieuses explications, on nous parle de traîtrise, de revirements, de magouilles... Vous appelez ça faire de la politique, vous? -Dites-moi, dans toute cette histoire, où sont les enjeux? Obtenir des voix? Mais non voyons, obtenir des SIEGES. Occuper le terrain. Le jeu qu'on va y jouer est secondaire: l'important, c'est d'être dans le bac à sable. Avec les copains.


J'étais loin, bien loin d'ici -dans un pays qui a un homme politique pour Président, quelqu'un qui cherche à unifier, quelqu'un qui a un rêve pour un pays et qui fait en sorte de partager son idéal (de sorte que les yeux haut fixés les gens oublient les barrières, les enjambent ou les renversent). Laissez-moi vous dire que jeter un oeil sur la presse belge du haut de l'Empire State Buiding ou de la tribune du Congrès où discourt Obama, parcourir les éditos du week-end et du début de semaine, ça fait un peu "chroniques des nains de jardin". On hésite à rire ou à pleurer, tant c'est pathétique: et puis, finalement, c'est une vague colère qui monte, parce qu'en tant que citoyenne, j'élis et je paye des gens pour gouverner, pas des guignols impudents occupés à négocier des sièges, des places, l'exercice d'un pouvoir que je ne leur ai pas encore délégué.

Aernoudt d'abord:

Lisez le forum Lidé, et la consultation sur le rapprochement avec le MR. Y'a pas photo sur l'avis très négatifs des sympathisants. Néanmoins, Rudy discute. Pas avec ses militants, avec le MR. Les fidèles expliquent qu'une alliance donnerait du poids, qu'on pourrait appliquer le programme de l'intérieur, aller plus vite... Et puis, bingo, on nous annonce triomphalement la troisième place de Rudy Aernoudt sur les listes du MR, pour les européennes. Est-ce qu'on peut m'expliquer en quoi un flamand sur les listes européennes va pouvoir imposer les lignes directrices pour la rénovation de la Wallonie? Et le co-fondateur du parti de se fendre d'un mailing expliquant la conversion du MR au programme Lidé, sauf deux points (tiens on m'avait asséné qu'il n'y aurait alliance que si les 10 points passaient, et d'ailleurs on m'avait certifié que je n'avais pas à m'inquiéter d'un éventuel rapprochement, JAMAIS Rudy ne laisserait tomber un point, et JAMAIS aucun parti n'aurait le cran de prendre les dix, en pack).

Je me marre; le petit flamand frisé dénonciateur de la particratie fonde un parti rénovateur et se catapulte illico presto dans une sinécure européenne -côté Berlusconi? Et il a le culot de se féliciter de ce grand jour pour Lidé? Il faut saluer il est vrai son côté libéral (il a eu beaucoup, beaucoup d'esprit d'entreprise); démocrate, par contre, là, je m'interroge. C'est quoi la Démocratie, pour vous, Monsieur Aernoudt? Moi je pensais que c'était établir un dialogue avec des gens,  en définissant avec eux un programme, des priorités, une ligne de conduite et des moyens, en sollicitant leur confiance et enfin, seulement, leur voix. Je n'ai pas vu cette dynamique chez Lidé, mais un appel à soutenir Rudy, un homme qui sait ce qu'il fait...

Ce qui m'a fait crouler de rire? Votre protestation indignée "Nous aussi, nous nous sommes fait avoir par les politiques". Ah ah ah. Vous avez pris votre décision comme un grand, épaulé d'un vague cénacle (quel est sa légitimité en fait?); Bref, vous avez recruté sur le thème de l'alternative et du changement, mais vous avez emprunté la voie royale du particrate: faire des voix, peut-être, mais avoir un siège, assurément. Donc, parler avec les barons du MR, copiner, quoi... Et voilà qu'on vous frustre! Vous voudriez qu'à présent, nous vous donnions nos voix pour quand même vous offrir un strapontin, sur lequel haut perché vous prendrez d'autres sages décisions? De qui vous moquez-vous? 

Quant à Reynders? A force d'entendre louer son intelligence, il s'en est convaincu au delà de toute prudence: cela a fait de lui un fat, et un arrogant. Il faut être fat, pour croire détenir la vérité incontestable; et arrogant, pour le faire savoir de façon aussi méprisante. Quitte à se prendre un camouflet de première sur l'affaire Fortis. Un homme réellement intelligent aurait tremblé plutôt que d'afficher cette souveraine intransigeance qui fut la cause de tous les maux... Reynders a perdu des plumes avec Fortis; sa hantise: que les actionnaires qui ont juré sa perte, et haïssent le MR au travers de sa personne, n'aillent voter ailleurs; chez qui donc cet électorat de droite émigrerait-il? Chez Aernoudt, pardi! Donc, récupérons Aernoudt. On se connait, on se comprend, on travaille de la même façon. Décidons, le parti entérinera... sauf que... ô surprise, il y a des réactions... Le FDF veut faire sécession, Deprez se drape dans son orgueil bafoué et pourrait devenir orange de colère (mais bon, il a de l'expérience, non?) Et voilà Didier appelé à se dédire. Dur dur sur l'orgueil, ça! Sans compter que ça va laisser des traces, ce mini putsch avorté. Au fait, ils sont où, les représentant du libéralisme social?

Toutefois, les cartes sont abattues, et le jeu apparaît un peu plus clair 

LiDé, libéral oui, démocrate, bof, de toute façon à droite, toute! (le rouge et l'orange et le vert, c'est pour faire joli, Lidé est bleu foncé, tendance bleu nuit). MR, la réforme, oui, à droite, toute -quitte à intégrer amplifier l'accent un peu berlusconien d'Aernoudt.

C'est un choix... stratégique, qu'ils disaient? Tiens, moi, j'aurais aimé un choix politique. Un truc un peu simpliste, vous voyez, du genre:

Il y a un problème, il est grave, mondial, et va durer. Quelles sont, indépendamment des idéologies, les possibles solutions? Quels gens, qualifiés et compétents, sont à mêmes d'envisager celles-ci de façon créative, et de les mettre en oeuvre de façon rationnelle? Peu, parmi les nains de jardin occupés à s'agiter sur le pourtour du bac à sable. C'est que la couleur du bonnet donne droit à un fauteuil plus ou moins "prisé" -et que plutôt que de céder celui-ci à un bonnet adverse, on y collera un incompétent. Multipliez les couleurs, vous multiplierez les problèmes.

Au fond, c'est un scrutin majoritaire qui permettrait de sortir de la particratie. Et par conséquent de nos crises à répétition. ça laisserait du temps pour faire de la politique? je veux dire, faire fonctionner notre société malade?

 

 

 

 

 

 

Commentaires

Mais enfin la politique, ce n'est pas la soumission à la voix des militants qui hurlent le plus fort. Dans tout parti, il est certes important d'entendre la voix des militants mais il est plus important encore de ne pas toujours y céder, car le but de la politique ce n'est pas de défendre les intérêts particuliers d'un groupe qui a des intérêts en commun...comme un avocat peut défendre les intérêts de certains petits actionnaires, ou comme une association professionnelle ou un lobby peut le faire mais de défendre l'intérêt général, qui dépasse évidemment la somme des intérêts particuliers.

Écrit par : Philip Hermann | 26/02/2009

Où voyez-vous des militants qui hurlent? Je parle de gens qui discutent, qui dialoguent, qui construisent ensemble. Des gens qui définissent précisément un bien commun, donc, dans le compromis sensé. Très peu de Gourou, pour moi, de Guide ou de Duce qui me montrent la voie -surtout en empruntant une déjà passablement éculée. Allez voir le forum de Lidé: c'est pathétique. Aujourd'hui, c'est "tous derrière Rudy". Aucune dynamique de discussion, un discours complètement idéologique et "calimériste"

Écrit par : pamina | 26/02/2009

Mis à la porte en Flandre pour des fautes graves, RA a essayé d'abord à "romantiser" sa démission. Pourtant, le Tribunal a jugé clairement au sujet de cette démission. Je dirai "ordinairement". Après, il a "vulgairement" utilisé l' idé(alisme) de quelques biens-pensants en augmentant son fonds de commerce pour séduire MR. Après l'échec, il construit "vainement" son image de "philosophe mal-compris" pour effacer ses tromperies politiques. Pour les semaines à venir, comme "chef de parti" RA aura accès aux studios, aux scènes, aux panels où le sentiment de son appartenance au grand monde est alimentée.

Écrit par : Lokombo | 26/02/2009

Il n'est pas simplement opportuniste, il est aussi sacrément populiste démago notre cher Rudy, un condensé d'arrivisme carriériste doté d'un sens aigu du discours simplifié à l'extrême.

Bientôt de nouvelles infos sur Lidé, sur ses mensonges programmatiques tant les postulats sont erronés et sur ces personnages de l'ombre qui l'accompagnent.

Malheureusemen nombre d'aigris de la politique au sens large, ou du MR au sens propre feront allégeance à la petite troupe Lidé, totalement aveuglés par les affirmations fausses véhiculées au gré des joutes oratoire du petit Rudy qui rêvait d'être Ministre.

Rudy est doublement coupable, il a voulu jouer sur la corde sensible des citoyens désabusés, les privant aujourd'hui de ce secret espoir de changement, au seul profit de son ambition politicienne.

Écrit par : olivier | 26/02/2009

Je veux croire que les premiers tentés d'un "lidéalisme" sincère, ne seront pas désabusés et auront encore le goût d'entreprendre un vrai projet politique. Pour moi, celui-ci ne doit pas partir d'un parti, mais d'un mouvement. En fait, un parti, c'est d'abord pour quelqu'un qui cherche à se trouver une place... Si l'on opte pour un mouvement, on fédère plutôt qu'on ne structure. En définitive, je trouve qu'Ecolo, avec bien des naïvetés et des maladresses, n'a pas mal réussi son pari, de son côté.

Écrit par : pamina | 26/02/2009

voici un billet faisant partie du futur dossier : Lidé(e) d'Aernoudt, le populisme ?


(Les liens hypertextes en bleu sont soulignés et vous mènent aux documents reprenant les sources de données utilisées)

Non content d’avoir bien fait parler de lui grâce à son buzz médiatique, Rudy Aernoudt l’éminent économiste KUL et ex divorcé du MR élude le débat.

Interpellant de constater son obstination, toute populiste, d’avoir, comme les chats, plusieurs vies et l’art de retomber sur ses pattes, l’homme de Belgie Anders, fondateur du parti Lidé nous abreuvant d’un discours tout cuit sur ce qui est bon et mauvais pour le pays.

Aernoudt déclare que les syndicats sont vassalisés par le parti socialiste et rongent l’économie du pays, et incrimine les recettes encaissées par les syndicats dans le cadre de leur rôle d’encadrement de paiement des allocations de chômage.

Ce qu’il oublie de dire, c’est que le rôle des syndicats ne se résume pas à servir de caisse de paiement pour les chômeurs, les syndicats étant principalement chargés de défendre les intérêts de leurs membres.

De plus, la comptabilité des syndicats est clairement compartimentée, les frais inhérents au paiement des allocations étant séparé des recettes de fonctionnement, qui elles sont financées essentiellement par les cotisations des membres.

Un document sénatorial détaillant les frais d’administration versés par l’ONEM aux organismes de paiement précise que la FGTB et la CSC présentent un coût respectif de 93.33 % et 96.33 % du coût moyen par dossier chômeur, la CAPAC, caisse auxiliaire dépendant du SPF emploi et travail, présente un coût de 119 % par rapport au même coût moyen.

Finalement les syndicats présentent des coûts d’administration moins élevés pour l’ONEM que la CAPAC, Rudy Aernoudt , tout économiste de bon sens qu’il se prétende, ne semble pas percevoir cette réalité.

Il oublie aussi, que les syndicats, assurent tout une série de services annexes à ses membres (aide juridique par exemple), ceci semble un bon compromis démocratique entre le citoyen d’un côté et l’Etat de l’autre. Aernoudt souhaite t’il réduire cette démocratie ?

Lidé a pour priorité de réduire la durée de l’assurance chômage à 3 ans, déplorant le chômage à vie, stigmatisant des wallons supposés vivre au noir tout en percevant des allocations ad vitam, Aernoudt allant même jusqu’à déclarer : « Depuis 25 ans, le nombre de demandeurs d’emploi en Wallonie n’a pas beaucoup évolué : il tourne toujours autour de 250 000 personnes (247 000 selon les dernières statistiques du Forem). Un enfant sur sept n’a jamais vu travailler son père ou sa mère, voire ses grands-parents. Ce chiffre parle de lui-même. Il renvoie à un phénomène que les sociologues nomment la « sous culture »’

Vous remarquerez la démagogie, sachant qu’en Belgique en 2008 il y avait 10.666.866 habitants dont 2.452.770 entre 0 et 19 ans, les chiffres avancés par Aernoudt laissent perplexe. Il a peut être une explication pour justifier ce chiffre, moi je ne comprends pas.

Lorsque j’interroge Mr Eric Bruckmann, co-fondateur Lidé, sur le fait que les chômeurs flamands pourraient tout autant prendre les emplois à pourvoir tant vantés en Flandre, soulignant qu’il ne sont pas ‘génétiquement’ différents des Wallons ce dernier me répond « Parce quand l’emploi est pléthorique, on ne s’emmerde pas à se battre pour travailler la nuit et les week-end ».

Autre vérité éludée par Mr Aernoudt dans son discours, il préconise de ne plus indemniser les jeunes demandeurs d’emploi après étude, hors cette catégorie est nettement plus importante en Wallonie et à Bruxelles qu’en Flandre 18.889 en Flandre contre 16.195 à Bruxelles et 65.870 en Wallonie.

Il évite soigneusement de parler des chômeurs indemnisés ‘dispensés’ de rechercher un emploi (pourtant il considère qu’un chômeur doit obligatoirement chercher un emploi pour être considéré comme tel), évidemment pour cette catégorie la tendance s’inverse largement avec 137.659 en Flandre, 69.071 en Wallonie et 15.340 à Bruxelles.

Les bonnes idées d’Aernoudt coûtent donc cher à la Wallonie, étonnant pour un homme du Nord ? Justifiant le billet de D. Ducarme sur lidé le Lidl de la politique Wallonne ?

Faut-il en croire en un homme qui vend de la démocratie du bon sens et de l'éthique, alors que lui-même semble en avoir fait cruellement défaut en ne remplissant par exemple pas une simple obligation légale de déclaration de mandat, toujours prompt à invectiver les autres, mais si peu regardant sur ses propres devoirs ?

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Écrit par : olivier | 26/02/2009

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