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18/02/2009

Lifting

Dans la foulée de mot mot de hier, concernant l'apparence, un petit développement sur le lifting appliqué à la politique. 


En mars 2008, la commission de discipline de l'Institut des réviseurs d'entreprises (IRE) pointait du doigt des "problèmes de déontologie" relatifs au cabinet révisoral DC&CO -cabinet fondé par Daerden Père, passé à Daerden fils en 2001, et dont ce dernier n'assume plus directement la direction, si ce n'est grâce à la connivence du Saint-Esprit et de sociétés satellites.

Comment ne pas être convaincu du sens politique de l'un et l'autre qui se trouvent à la fois administrateurs de sociétés publiques wallonnes, et chargés de les vérifier? La démocratie a établi des règles, pour empêcher que des rouages ne se grippent: par exemple, que la "chose publique" ne favorise les intérêts privés, ou qu'elle ne tende à favoriser le pouvoir de quelques-uns (individus, ou parti). 

prenons un cas UN SEUL CAS (présenté dans le soir du 4/4/2007):

"Parmi les dossiers gérés par la Société de Leasing et de Financement, levier financier liégeois, le nom de Daerden se retrouve sous une pléiade de casquettes. La construction du Country Hall, salle de spectacles érigée à Liège en 2005, en est un exemple. « Un de mes plus beaux projets », aime à répéter Michel Daerden. C'est effectivement à partir de l'idée émise par l'ASBL « Avenir du pays de Liège » (dont Daerden père est président) que la construction de la salle a été réalisée via 7,5 millions d'euros de subsides du cabinet Daerden et 22,5 millions d'euros de la SLF. Le budget initial était de 17,5 millions d'euros et, à l'heure où les premiers remboursements s'imposent, la salle rapporte bien moins qu'escompté et son plan financier pour les quatre prochaines années peine à se dessiner. Inutile de préciser que le mandat révisoral de la société de gestion de la salle a été attribué à DC & Co. Solution présentée le 30 mars 2007 par Michel Daerden : revendre la structure au prix de sa valeur réelle à la Communauté française. Le ministre du Budget de la Région wallonne, qui a subsidié la salle en tant que ministre des Infrastructures sportives, devra convaincre le ministre du Budget de la Communauté française de l'opportunité de cet achat pour sauver le projet du président de la SLF. La revente à prix réduit nécessite, pour la Région, de passer les 7,5 millions d'euros de subsides par pertes et profits. Mais la négociation ne s'annonce pas difficile : les trois ministres et le président sont incarnés par un seul homme, le quadricéphale Michel Daerden."

On se passera de commentaire sur les faits. Ce qui me sidère, c'est l'absence de réactions. Non seulement le troupeau broute, mais des moutons bêlent "bravo" -enfin, si je vois les scores de Daerden sur Facebook, ce qui lui sert d'argument justificatif et d'excuses: "mais voyons, les gens m'aiment, regardez mes amis sur Facebook". On comprend sa logique... S'il se sent aimé de ceux-là même qu'il floue, la faute n'est pas si grave d'aller claquer 48000 euros à Pékin, sur le compte du contribuable (48000 financés par le CGRI). Tiens, au fait, un de mes amis a eu recours à cet organisme, pour une mission scientifique tout à fait sérieuse, à retentissement international... le CGRI, hélas, ne finançait que la moitié de ses frais de déplacements. Splendeur et décadence, selon qu'on finance les uns ou les autres...

Revenons au cabinet Daerden. Frederic (le fils) compte présenter un projet de "limitation" et d"encadrement" du révisorat au cas où des liens apparaîtraient (même si on cherche à les cacher).

Il n'y a pas à limiter, mais simplement à interdire. On ne peut être à la fois juge et partie. La seule solution valable me paraîtrait le recours, pour les entreprises publiques, à des cabinets étrangers, moins susceptible d'obtenir des faveurs -offertes ou sollicitées. On ne transige pas avec l'éthique. Elle ne tolère pas de "lifting", car elle a à être, et non pas à paraître. Il faut revenir au fondement même de la règle, et l'appliquer sans compromis, parce que la règle garantit le fonctionnement de l'Etat.

Sinon, par ravalement de façade de-ci, delà,  la démocratie finit par ressembler à une vieille face grimaçante, figée dans un sourire épinglé sur de fausses dents, un visage pathétique au teint plâtré pour "faire plus blanc". J'évoque la ressemblance avec les liftings de Michael Jackson, bien sûr! Vous m'aviez bien compris?

 

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1502/Belgique/article/detail/661205/2009/02/02/Frederic-Daerden-contre-attaque.dhtml

http://archives.lesoir.be/daerden-doit-reviser-ailleurs_t-20070404-00A6WY.a.html?&v5=1

http://www.lesoir.be/actualite/belgique/les-daerden-reviseurs-2009-01-21-683580.shtml

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